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Cinq ans après la réforme, le rectorat de Paris renonce à plusieurs points litigieux d’Affelnet

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La réforme du logiciel d’affectation des collégiens parisiens vers les lycées publics est controversée depuis sa mise en place. Le comité de suivi de la réforme a acté un certain nombre de changements majeurs pour la rentrée 2026.

Le rectorat de Paris corrige sa copie. En 2021, la plateforme Affelnet (pour «affectation des élèves par le net»), qui répartit les élèves de 3e vers le lycée, avait fait l’objet d’une réforme controversée dans l’académie de Paris. Depuis la rentrée 2022, le logiciel répartit les collégiens du public en combinant leurs résultats scolaires, la proximité géographique avec les établissements demandés et le niveau social (on parle de «bonus IPS»). Réuni ce mercredi 25 mars au matin sous la présidence de la rectrice Julie Benetti, le comité de suivi de la réforme a acté plusieurs changements importants.

Dans un communiqué transmis à la presse, l’académie de Paris évoque «une volonté de stabilité» et de «continuité» et précise que «les principes restent inchangés». «Les ajustements opérés cette année ne remettent en cause aucun de ces critères (résultats, proximité géographique et le niveau social, NDLR), ni leur poids respectif», peut-on lire. «C’est un ajustement et pas un retour en arrière», insiste encore une source proche du dossier côté rectorat. En réalité, comme annoncé par Le Figaro en février, l’académie de Paris a bel et bien décidé de renoncer à certains des aspects les plus litigieux du logiciel.

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Le premier concerne le fameux «bonus IPS», qui a suscité contre lui une véritable croisade des parents d’élèves de plusieurs bons lycées. Pour mettre fin aux «lycées de niveau» (comprendre, les établissements élitistes), selon le souhait exprimé par l’ancien recteur de l’académie de Paris et chef d’orchestre de la réforme Christophe Kerrero, la réforme voulait davantage brasser, au sein des lycées, des élèves de milieux et de niveaux académiques variés. Pour ce faire, les collèges ont été classés en trois catégories, selon leur composition sociale : favorisé, intermédiaire et défavorisé.

Exit le 15=20 et le socle de compétences

Chaque collégien recevait ensuite un «bonus IPS» favorisant sa candidature s’il venait d’un lycée défavorisé : zéro points pour un collège favorisé ; 600 points pour un collège intermédiaire ; 1200 points pour un collège défavorisé. Cette réforme a suscité une levée de boucliers chez les parents d’élèves des beaux quartiers, qui considèrent que leurs enfants sont traités injustement : faute de «bonus IPS», ils ne parviennent plus à intégrer les meilleurs lycées, même avec d’excellents résultats scolaires. À la rentrée prochaine, le système ne disparaît pas mais se complexifie : les collèges ne seront plus répartis dans trois mais dans quatre catégories avec des bonus IPS de zéro, 400, 800 ou 1200 points.

Le deuxième changement concerne la prise en compte des résultats scolaires. C’était l’aspect de la réforme qui concentrait le plus de critiques : jusqu’alors, dans chaque discipline et pour chaque trimestre, les notes étaient tranchées par paliers de 5. Autrement dit, un 10 de moyenne rapportait le même nombre de points qu’un 14 et un 15 de moyenne valait autant qu’un 20. Une règle qui n’aura plus cours à la rentrée prochaine. «C’est désormais la moyenne annuelle de chaque discipline qui est retenue», souligne le rectorat dans son communiqué. Ainsi, «une moyenne annuelle de 18,67 en Maths vaut 18,67 points».

Enfin, le socle de compétences, pointé du doigt pour son côté arbitraire, ne sera plus pris en compte. Ce socle regroupait huit intitulés comme «méthodes et outils pour apprendre», ou encore «comprendre, s’exprimer en utilisant les langages des arts et du corps». Les élèves de 3e recevaient une note pour chacune de ces compétences, notes qui étaient ensuite prises en compte dans les dossiers individuels par Affelnet. Ce ne sera plus le cas à partir de la rentrée prochaine. Désormais, «seules les notes (dans les matières classiques, NDLR) de la classe de 3ème comptent», écrit le rectorat. Ce n’est pas la première fois que l’académie de Paris modifie l’algorithme : le comité de suivi de la réforme, qui se réunit chaque année, a déjà acté des changements par le passé. Toutefois, jamais le rectorat n’avait touché à des dispositifs aussi centraux de la plateforme.

Le rectorat pointe de «nouveaux progrès»

Dans son communiqué, le comité de suivi dresse par ailleurs le bilan de l’année écoulée et pointe «de nouveaux progrès». 99,11% des élèves ont ainsi été affectés dans un lycée dès le premier tour en juin 2025, contre 91,60% en 2020. Par ailleurs, le comité de suivi relève un taux de satisfaction des familles allant de 78,4% dans le Ve arrondissement à 96,3% dans le XIVe arrondissement. Des chiffres là encore en nette progression par rapport à 2024. Le rectorat, chiffres à l’appui, met aussi en avant la «plus grande mixité scolaire» au sein des lycées publics.

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«Ces progrès n’ont emporté ni évitement des lycées publics, ni baisse des résultats de nos élèves», affirme le rectorat. «On relève au contraire un flux positif d’élèves issus des collèges privés vers les lycées publics et une performance scolaire équivalente sinon meilleure qu’à la session précédente.» Le communiqué pointe ainsi un IPS moyen, un taux de réussite au baccalauréat et un taux de mentions en hausse dans les lycées publics parisiens après la réforme.

Dans une précédente enquête, Le Figaro soulignait en revanche que la réforme avait nivelé le niveau des lycées publics parisiens : l’examen attentif des mentions «très bien» et «félicitations du jury» montre en effet que le niveau scolaire a baissé dans plusieurs des meilleurs lycées parisiens (à l’exception d’Henri-IV et Louis-le-Grand, qui bénéficient d’un traitement de faveur) et a au contraire progressé dans des établissements de moins bonne réputation.

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