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Favori en vue des prochaines élections, le Parti québécois (PQ) se dit « prêt » à renégocier l'entente de principe sur l'hydroélectricité du Labrador si le gouvernement du premier ministre Tony Wakeham insiste. Mais il prévient que les pourparlers devront reprendre sur de nouvelles bases... qui ne seront pas nécessairement à l'avantage de Saint-Jean.
Il n'y a plus d'entente, a répété mercredi le porte-parole péquiste en matière d'énergie, Pascal Paradis, en référence à la nouvelle approche de M. Wakeham, qui souhaiterait renégocier certaines dispositions de l'accord pour s'assurer que celui-ci serve davantage les intérêts de sa province.
Nous, on est prêts à négocier, a indiqué M. Paradis en point de presse à l'Assemblée nationale. Mais il faut négocier avec la bonne approche.
Cette sortie du PQ fait suite à la publication mardi du rapport d'un comité mandaté par le gouvernement progressiste-conservateur de Tony Wakeham pour étudier l'entente de principe conclue par l'ancien premier ministre Andrew Furey, un libéral.
Sans surprise, les membres dudit comité en sont arrivés à la conclusion que l'accord comportait plusieurs lacunes devant être comblées, sans pour autant recommander à la province de revenir à la case départ.
Tony Wakeham exige maintenant des modifications importantes. Autant dire, dans le contexte, que l'entente de principe ne tient plus, a insisté Pascal Paradis mercredi, estimant que le gouvernement de Terre-Neuve-et-Labrador l'avait tout simplement torpillée.
Le PQ reproche également au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) d'avoir amorcé des pourparlers avec Saint-Jean en concédant d'entrée de jeu que l'accord conclu en 1969 concernant la construction et l'opération du complexe de Churchill Falls était injuste.
Se présenter en position de faiblesse, admettre que l'entente actuelle est inéquitable pour Terre-Neuve et se précipiter pour négocier alors qu'il y a une entente qui est valide jusqu'en 2041, ce n'était pas la bonne approche, a fait valoir M. Paradis.
Selon nos calculs, c'est 17 milliards de dollars qu'on met sur la table. Et ensuite on prend les risques pour le développement des nouvelles phases à Churchill Falls et à Gull Island, pour des facilités qui n'appartiendront pas aux Québécois.
M. Paradis ne conteste pas que l'accord en vigueur permet actuellement au Québec un approvisionnement énergétique à bon prix. Mais c'est nous – en prenant nos taxes et nos impôts – qui avons construit [...] les installations de Churchill Falls, a-t-il plaidé, mercredi. C'était un risque énorme à l'époque.
Le Québec, en outre, n'a jamais accepté la décision rendue par le Conseil privé en 1927 concernant l'appartenance du Labrador à Terre-Neuve, a rappelé le député, mercredi. Faire fi de ce contentieux, encore là, n'était pas la bonne approche, a-t-il répété.
On ne va pas signer à n'importe quel prix, certifie Drainville
Conclu à la fin de 2024 entre le gouvernement de François Legault et celui d'Andrew Furey, l'accord qui fait débat ces jours-ci prévoit notamment de construire deux nouvelles centrales au Labrador, à Churchill Falls et à Gull Island, tout en augmentant immédiatement le prix de l'électricité déboursé par le Québec.
L'entente de principe devait en théorie être entérinée au plus tard le 30 avril 2026, mais les deux parties avaient en cours de route accepté de repousser cette échéance.
Christine Fréchette, qui a succédé à M. Legault le mois dernier, a réagi mardi au rapport présenté par son homologue de Terre-Neuve-et-Labrador en affirmant qu'il fallait avoir une entente gagnant-gagnant et conclure cette négociation-là à brève échéance.
Hydro-Québec, plus sévère, a promis pour sa part qu'il n’y aura pas d’entente à des conditions inférieures à celles initialement convenues.
Enfin, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et de l'Énergie, Bernard Drainville, a déclaré qu'il fallait que l'entente finale avec Terre-Neuve-et-Labrador soit dans l'intérêt du Québec. On ne va pas signer à n'importe quel prix, a-t-il certifié, en entrevue à l'émission Midi info, mercredi.


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