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France 07/10/2026 09:48 Actualisé le 07/10/2026 09:54
Le principal syndicat de chefs d’établissement annonce qu’il « n’organisera pas le temps de démocratie interne », du moins dans l’immédiat.
Par Clément Giuliano avec AFP

PAULINE TOURNIER / Hans Lucas via AFP
Sébastien Lecornu a annoncé l’organisation d’un temps d’échange dans les lycées d’ici à la fin de la semaine, une initiative mal reçue par les enseignants et proviseurs (photo d’illustration à Paris mardi 6 octobre).
Suspendre les cours durant une demi-journée dans les prochains jours pour organiser « un temps de démocratie interne » dans les lycées ? L’annonce de Sébastien Lecornu au cours de la journée nationale de mobilisation lycéenne ne passe pas du tout chez les personnels de l’éducation. À commencer par ceux qui sont censés les organiser concrètement, à savoir les proviseurs.
Pour Nicolas Bonnet, secrétaire national du Syndicat national des personnels de direction de l’Éducation nationale (SNPDEN-Unsa), ces derniers vont « avoir beaucoup de mal à mettre en œuvre ce qui a été annoncé maladroitement par le Premier ministre ». « Dans l’éducation nationale, il ne suffit pas d’appuyer sur un bouton pour que cela fonctionne ! », a fustigé le responsable du premier syndicat de chefs d’établissement sur l’antenne de franceinfo ce mercredi 7 octobre, soulignant qu’un tel moment demande « de la préparation ».
Son syndicat « ne va pas organiser ces temps de démocratie interne ni aujourd’hui, ni demain, ni après-demain, mais quand les conditions de sécurité seront réunies ». « Chaque collègue, en fonction de la situation de son établissement, décidera à quel moment il l’organise. Il faut le faire dans un climat serein pour pouvoir débattre et écouter les jeunes », a ajouté Nicolas Bonnet.
Et le proviseur du lycée Henri-Brulle à Libourne de cingler : « La démocratie scolaire, on la fait vivre tous les jours, donc on n’a pas besoin que le Premier ministre vienne nous dire quand et comment l’organiser ! »
« Hors sol »
« C’est assez hors sol », a pour sa part réagi Agnès Andersen, secrétaire générale du syndicat de chefs établissements Indépendance et direction (ID-FO). Les proviseurs « sont épuisés, ont été exposés, ont subi de graves violences ces derniers jours. Quand est-ce que les collègues vont préparer cela ? », s’est-elle interrogée auprès de l’AFP.
« Tout ça n’est pas à la hauteur de la crise que nous traversons et irrespectueux de notre profession », a-t-elle poursuivi, jugeant que « le gouvernement est en train de pousser tout le monde à bout ».
Du côté des professeurs, la demande du gouvernement faite « dans le plus grand désordre » passe aussi particulièrement mal, à en juger la réaction du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU). « Les personnels n’ont pas à endosser la responsabilité du gouvernement qui se refuse de répondre aux revendications de la jeunesse », écrit-il dans un communiqué.
« Les élèves ont fait le choix depuis maintenant plus d’une semaine d’initier un mouvement dont l’ampleur est aujourd’hui inégalée. Ils et elles prouvent ainsi leur capacité à s’engager, à s’organiser, à exprimer des revendications mais n’ont reçu comme réponses du gouvernement que de la répression policière », fustige le premier syndicat de professeurs de collège et lycée, qui appelle ces derniers « à ne pas participer à ces réunions ou à les transformer en AG ».
« Reprise des enseignements »
Dans un courrier adressé mardi aux recteurs, le ministre de l’Éducation nationale détaille l’annonce de Sébastien Lecornu appelle à organiser dans les prochains jours « une reprise des enseignements dans les meilleures conditions, tout en offrant aux élèves un espace pour exprimer leurs préoccupations » et leurs « attentes ».
Dans les établissements les plus perturbés, Édouard Geffray demande de privilégier une reprise « progressive » des cours, « en commençant par les classes de terminale ». « La première demi-journée pourra être banalisée, en adaptant son organisation aux configurations et aux contraintes locales, notamment en matière de transport scolaire ou d’internat », écrit-il.
Le ministre propose une reprise en « deux temps » : un premier « destiné aux équipes de direction et aux personnels, afin de leur permettre de se retrouver » et « préparer collectivement » la suite, et un second consacré à « l’échange avec les élèves ».
Le ministère veut ainsi « réaffirmer auprès des élèves l’importance de la représentation démocratique », les inviter « à porter leurs propositions dans les espaces de dialogue du lycée » et « à participer à la consultation nationale » ouverte en ligne jusqu’au 23 octobre.
Selon des chiffres provisoires du ministère de l’Éducation nationale ce mercredi 7 octobre, 86 % des établissements ont ouvert leurs portes au lendemain de la journée de mobilisation dans l’Hexagone. Les cours sont en revanche totalement ou partiellement suspendus dans 528 lycées, soit une baisse de 41 % par rapport à mardi.


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