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Cher Donald Trump, le Groenland est-il vraiment la priorité ?

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Il n’est pas question ici de sombrer dans la rage délirante anti-Trump, dont un spécimen gauchiste – se prétendant historien et journaliste – vient encore d’étaler, mercredi matin dans la Matinale de France Info, toute la logorrhée habituelle : un certain Thomas Snégaroff, dont l’« obsession, c’est de raconter des choses », dit-il, et surtout des conneries. Car, de ce que l’on sait, et malgré les bouffées délirantes de reductio ad Hitlerum proférées par l’intéressé à l’encontre du président américain, Donald Trump n’a pas l’intention d’envahir la Pologne au son de la Siegfrieds Trauermarsch de Wagner !

Pour autant, et même si le Groenland constitue un enjeu stratégique à la fois militaire et économique – étant donné les importantes ressources de son sous-sol –, le président américain doit tempérer ses ardeurs invasives et surtout : ne pas se tromper d’ennemi. Car en se proposant d’occuper en toute illégitimité une terre qui ne met pas directement les États-Unis en danger, le Groenland, il risque de provoquer une réaction en chaîne dont on ignore les conséquences, sauf bien entendu ceux qui savent tout par avance et vous expliquent ensuite pourquoi ils ont eu raison de se tromper.

Ainsi, en juin 1914, nul ne pouvait se douter que l’assassinat à Sarajevo de l’archiduc héritier du trône d’Autriche-Hongrie et son épouse provoquerait dans les mois suivants une déflagration mondiale dont on supporte encore aujourd’hui les conséquences, c’est-à-dire plus de 110 ans après.

Certes, il convient de sécuriser le Groenland, qui aiguise tous les appétits, mais il s’agit de le faire via une coalition internationale si nécessaire. Quant à l’exploitation de son sous-sol, le choix en revient aux habitants de ce territoire autonome faisant partie du Danemark. Et il ne faudrait pas non plus s’exagérer la quantité de terres rares qui y sont exploitables. En effet, d’après les chiffres, elles sont moins importantes qu’en Chine, par exemple : « Avec des ressources de terres rares évaluées à 36,1 millions de tonnes (Mt) par le Service national de géologie du Danemark et du Groenland (GEUS), l’île possède un stock significatif de ces 17 métaux convoités par l’industrie de demain […] Mais les réserves, qui correspondent aux ressources économiquement et techniquement récupérables sont, elles, de l’ordre de 1,5 million de tonnes, selon le dernier rapport de l’Institut géologique américain (USGS). Un chiffre modeste comparé aux réserves de la Chine (44 Mt) ou du Brésil (21 Mt). »

https://www.connaissancedesenergies.org/afp/minerais-et-hydrocarbures-au-groenland-des-ressources-strategiques-mais-limitees-250305

Reste le danger militaire, réel il est vrai. Eh bien, nous pouvons raisonnablement penser que les États-Unis – forts d’un arsenal que certains se plaisent à minimiser mais qui, s’il était complètement employé, ferait trembler la planète entière – sont en mesure de le prévenir par une surveillance dans les eaux internationales, les airs et l’espace, notamment avec leurs grandes oreilles de la NSA et autres organismes d’État capables de savoir beaucoup de choses, ainsi qu’ils l’ont démontré par le passé. Et l’on peut, toujours aussi raisonnablement, douter que la Russie ou la Chine entrent en guerre contre les États-Unis pour la possession du Groenland, car elle y perdrait beaucoup de plumes économiques pour ne parler que de cela. Une Chine qui, en voyant l’invasion de cette île gigantesque par les forces armées américaines, se sentirait pousser des ailes – non déplumées cette fois ! – pour envahir Taïwan et déséquilibrer un peu plus le monde déjà bien entamé en la matière.

Par ailleurs, le danger n’est pour l’heure pas dans le Grand Nord mais plutôt à Téhéran ou dans les autres « paradis » islamiques qui, eux, nous veulent du mal et s’y emploient avec une méticulosité qui force le respect ! Laissez donc les Inuits en paix, monsieur le président, et occupez-vous plutôt d’éradiquer les mollahs iraniens pour rendre sa liberté à un peuple martyr de la charia. Surtout, monsieur le président, ne réitérez pas les abominations perpétrées par vos lointains prédécesseurs contre la nation indienne. Souvenez-vous enfin de la phrase de Pierre Corneille : « À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire. »

Des accords économiques peuvent être trouvés sans qu’il soit besoin d’envahir des pays amis. Parce que des conflits nous attendent, qui décideront de l’avenir de l’Occident, ne perdons pas notre temps avec de vaines querelles, accordons-nous plutôt à vivre ensemble entre nous, envers et contre tous ceux qui veulent notre mort, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur de nos frontières.

Le choix vous appartient donc, monsieur le président Trump, de persévérer dans vos intentions au sujet du Groenland, comme vous venez de le faire à Davos, ou de vous concentrer sur les véritables dangers qui menacent notre civilisation…

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