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Charles Page complète sa conquête des plus hauts sommets du monde

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Le Drummondvillois Charles Page a réécrit l’histoire il y a deux semaines en complétant deux ans d’épreuves extrêmes qui ont poussé son corps à la limite. Il devient le premier Canadien de l’histoire à gravir les cinq plus hautes montagnes du monde.

Charles Page a amorcé cette couronne de sommets avec le mont Everest le 21 mai 2024, il complète son cinquième sommet parmi les plus élevés, le Kangchenjunga, le 23 mai 2026. Il aura également, à temps perdu, conquis deux autres sommes parmi les 10 plus hauts. 

Il est maintenant de retour au Québec, pour un repos bien mérité après la difficile montée qu’a été le Kangchenjunga. 

Ligne du temps de la conquête des sommets de Charles Page :

  • Manaslu (8e montagne la plus haute), 20 septembre 2023, 8163 m
  • Everest (Montagne la plus haute), 21 mai 2024, 8849 m
  • Lhotse (4e montagne), 22 mai 2024, 8516 m
  • Makalu (5e montagne), 10 mai 2025, 8485 m
  • K2 (2e montagne), 11 août 2025, 8611 m
  • Annapurna (10e montagne), 18 avril 2026, 8091 m
  • Kangchenjunga (3e montagne), 23 mai 2026, 8586 m

C'est une montagne qui est dans un endroit reculé du monde. On est coupé de tout, et puis la météo est extrêmement difficile à prévoir sur cette montagne-là. Donc on a fait une première tentative d'ascension, on visait le sommet le 18 mai. Finalement, les vents y étaient trop élevés et puis on n'avait pas assez de cordes pour fixer sur la montagne. Donc, on a fait demi-tour. On est redescendu tout en bas au camp de base, raconte-t-il en entrevue à l’émission Fin PM

Après ce revers difficile, lui et son sherpa Rinji ont retroussé leurs manches pour tenter à nouveau leur chance.

Les planètes se sont alignées, et puis on a réussi. C'était ma Coupe Stanley à moi d'atteindre ce sommet-là. C'est la montagne qui me tenait le plus à cœur. Je savais que, si j'atteignais le sommet, j'écrirais mon nom dans l’histoire pour toujours, ajoute-t-il. 

Charles Page rend hommage au travail de son sherpa Rinji, sans qui il n’aurait jamais pu réussir sa série d’exploits.

On marche dans les pas l'un de l'autre. Puis le sherpa, généralement, il va porter plus de poids. Donc, lui, Rinji, on se partage quand même le poids assez bien, mais il va porter, par exemple, la tente, il va porter la nourriture. Puis, la journée qu'on accède au sommet, là, on traîne des bouteilles d'oxygène, donc il va porter mes bouteilles d'oxygène. J'ai utilisé deux bouteilles d'oxygène pour faire le Kangchenjunga, donc, moi, j'en avais une dans mon sac, puis, lui, il en avait une pour moi, en plus des siennes, explique-t-il. 

Il ajoute que leur présence est irremplaçable.

Quand on pense à cinq livres, ça peut sembler banal dans la vie de tous les jours, mais dans un sac à dos sur une montagne en altitude, ça fait toute la différence. Donc c'est pour ça qu'on dit que ce sont eux les héros, puis, au final, ils mettent leur vie en danger pour protéger la mienne, dit-il.

Le grimpeur le plus prolifique du Québec

Avec ce sommet, Charles Page devient également le québécois qui a gravi le plus de montagnes. Il se réjouit d’avoir eu cette opportunité, lui qui a commencé ce sport sur le tard. 

C'est une immense fierté considérant d'où je suis parti. J'ai commencé à faire de l'alpinisme, la première fois que j'ai mis des crampons dans mes pieds, c'était il y a trois ans et demi seulement. Je suis la preuve vivante qu'il y a des rêves qui peuvent arriver tard dans la vie, et puis que tout est possible, et puis qu'on peut les réaliser, indique-t-il. 

Il se retrouve maintenant chez lui, fier, mais conscient des moments difficiles qui ont jalonné les deux dernières années, notamment l'ascension du K2.

Un homme au sommet d'une montagne enneigée, tenant le drapeau québécois.

Charles Page a pu brandir le drapeau du Québec au sommet du mont K2. (Photo d'archives)

Photo : Facebook (Charles Page)

C'est une montagne extrêmement abrupte. Il n'y a pas beaucoup d'endroits où se reposer. C'est une montagne qui fait peur, chaque moment où tu es dans la montagne. Donc, il n'y a pas de répit mental possible. L'an dernier, ça a été éprouvant parce qu'on a fait le sommet en août. Normalement, le sommet se fait en juillet, et puis il n'y avait pas beaucoup de neige sur la montagne, donc les roches étaient à découvert et puis il y avait beaucoup, beaucoup de chutes de roches. J'ai été témoin de tragédies, donc ça a été difficile autant physiquement que mentalement, dit-il.

Après son exploit, il souhaite continuer à s’impliquer dans sa communauté.

D'après une entrevue à l'émission Fin PM

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