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Les syndicats demandent davantage de moyens et un recentrage de leurs missions, alors que de premières mesures doivent leur être annoncées par le gouvernement ce mardi.
Par Timothée Barnaud avec AFP

CARINE SCHMITT / Hans Lucas via AFP
Les pompiers sont appelés à une mobilisation de plus de six semaines à compter de ce 8 septembre 2026, dénonçant un manque de moyens financiers, matériels et humains.
La colère monte encore d’un cran. En première ligne depuis juin face aux feux d’une virulence inédite, tout en assurant au quotidien les secours à la personne, les pompiers sont appelés à une mobilisation de plus de six semaines à compter de ce mardi 8 septembre.
Les neuf syndicats représentatifs, dont huit réunis en intersyndicale, tentent d’arracher des moyens financiers, matériels et humains ainsi qu’un recentrage de leurs missions.
Ils appellent pour cela à faire à la grève à partir de mardi, alors que doivent leur être présentés à 11 heures au ministère de l’Intérieur les premiers chapitres d’un projet de loi dite de modernisation de la sécurité civile.
Leur préavis court jusqu’au 20 octobre, date du début de l’examen du projet de loi de finances censé contenir d’autres mesures les concernant, avec comme point d’orgue une manifestation à Paris le 29 septembre.
Des attentes très fortes
Même si le mouvement n’aura pas d’impact sur les secours car des réquisitions sont possibles, les attentes sont très fortes et les pompiers professionnels comptent déployer banderoles et messages sur les camions pour les signifier.
La Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPF), association qui revendique 290 000 adhérents, estime qu’« une loi de modernisation ne peut pas se contenter de moderniser les mots. Elle doit changer la réalité ».
Plus de 20 ans après la dernière loi de modernisation, « on attend beaucoup du texte » né du Beauvau, cette concertation entamée en 2024 mêlant pompiers, Samu, financeurs et autres acteurs d’un système jugé à bout de souffle, commente Christophe Sansou (FO).
« On ne s’attend pas à ce que le gouvernement sorte un lapin du chapeau », relativise toutefois Sébastien Delavoux (CGT), car selon lui, cette loi ne comprendrait pas de mesures structurelles, notamment le financement des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS).
Sur les plus de six milliards d’euros de budget des SDIS, plus de cinq milliards sont financés par les collectivités territoriales, dont 59 % par les départements, ce qui crée de grandes disparités selon les territoires.
La reconnaissance d’un « métier dangereux »
La santé est également une revendication majeure des syndicats. « Ce qui nous met en colère aussi, c’est qu’on ne soit pas reconnu métier dangereux », résume Xavier Boy, du syndicat FA SPP-PATS et porte-parole de l’intersyndicale.
Plusieurs soldats du feu sont morts en intervention cette année, et des dizaines d’autres ont été blessés, en particulier lors des mégafeux du Sud-Ouest.
Autre point de colère : le recrutement. L’intersyndicale réclame l’embauche de 21 000 professionnels, un nombre calculé sur la base d’un rapport de l’Inspection générale de l’administration (IGA) de 2025, autant de postes aujourd’hui occupés par des pompiers volontaires, explique Xavier Boy.
Ne plus « différer encore les décisions »
D’autres représentants de la profession ont rejoint le concert de revendications, dont l’association nationale des directeurs départementaux des SDIS (Andsis) qui note que « le changement climatique modifie profondément la nature, l’intensité et la géographie des risques ».
« Dans le même temps, les SDIS continuent d’assurer, sans rupture, leurs missions quotidiennes de secours d’urgence aux personnes, dont le volume ne cesse de progresser sous l’effet des évolutions démographiques, sociales et sanitaires encore accentué par les difficultés des acteurs de la santé », relève l’Andsis.
Depuis 2002, le nombre d’interventions a progressé de plus de 30 %, et la part du secours d’urgence aux personnes est passée de 59 % à 87 % des missions. « Cette situation ne permet plus de différer encore les décisions attendues depuis plusieurs années », juge l’Andsis.
Selon l’AFP, le projet de loi pourrait réintroduire l’idée d’un contrat territorial de secours d’urgence, laissant la main au préfet pour fluidifier la régulation des urgences et le transport des malades. D’autres mesures sont en attente de validation interministérielles, selon plusieurs sources proches du dossier.


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