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Les témoignages d'entrepreneurs, qui affirment avoir été victime de fraude ou de tentative de fraude, ont continué vendredi au procès de Daniel Bard à Moncton. L'homme de 61 ans est soupçonné d'avoir soutiré des centaines de milliers de dollars à des gens d’affaires entre 2016 et 2020.
Donald Gauvin, propriétaire de Lamtrac Global Inc. à Tracadie, une entreprise spécialisée en équipement forestier, aurait perdu 200 000 dollars dans une transaction financière avec Daniel Bard en 2019. Une dette qu’il dit être encore en train de rembourser. Il avoue que cette situation a été éprouvante pour lui et sa famille. Ce n’est pas agréable quand des huissiers cognent à ta porte.
Daniel Bard est venu attaquer ma famille, ma compagnie, mon intégrité et ça, ça ne s'oublie jamais!

Donald Gauvin a témoigné jeudi et vendredi au procès de Daniel Bard. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue
Olivier Bertrand, un autre plaignant, a témoigné avec émotion de sa relation d’affaires avec Daniel Bard. Dans ce dossier, l'accusé est poursuivi pour tentative de fraude.
Cette situation m’a causé beaucoup d’anxiété, j’ai eu des problèmes à dormir par la suite et ça crée beaucoup de tensions entre moi et mes partenaires, a-t-il expliqué.
En 2018, Olivier Bertrand était à la recherche de financement depuis plus de six ans pour développer une jeune pousse. Il dit avoir rencontré plus de 80 investisseurs pour leur parler de son projet. Le projet, c’était d'ajouter de l'intelligence artificielle aux affiches publicitaires sur le bord de la route. Pour que le contenu des publicités soit pertinent pour les gens qui passent devant les affiches, explique-t-il.

Daniel Bard fait face à 19 chefs d'accusation de fraude, de tentative de fraude, de vol et de blanchiment d’argent.
Photo : Radio-Canada / Rachel Gauvin
Sa première rencontre avec Daniel Bard lui donne espoir. J’avais besoin de 500 000 dollars pour concrétiser mon projet. Daniel Bard m’a dit qu’il trouvait mon projet très intéressant et qu’il pouvait me trouver 1,5 million dans une banque italienne. En échange je devais mettre 20 000 dollars en fiducie, a raconté l’homme d'affaires.
En tant qu'ancien banquier, Olivier Bertrand explique avoir pris ses précautions après avoir eu des doutes quand il a remarqué des erreurs dans la lettre d’intention. J’ai amené un ami qui travaillait à la firme financière, Grant Thornton, lors de ma deuxième rencontre avec Daniel Bard.
Finalement, même si Olivier Bertrand trouvait l’offre très alléchante, il n’a pas accepté le contrat de Daniel Bard.
On n’a finalement pas signé de chèque, il y avait trop de lumières rouges et mes partenaires n’étaient pas d’accord, explique-t-il.
À la sortie du palais de justice, cet homme d'affaires avoue trouver le processus judiciaire très long, mais nécessaire.
La longueur de la procédure juridique, je la trouve ridicule. Je souhaite une punition exemplaire pour faire en sorte que ça n’arrive plus.
L’avocat de Daniel Bard ramené à l’ordre par la juge
À deux reprises vendredi, la juge Anne Richard a fait une mise en garde à Nelson Peters, l’avocat qui défend Daniel Bard.
L’avocat a commencé à parler en français à Donald Gauvin. La Couronne s'y est opposée et la juge a dû rappeler à Nelson Peters que c'était un procès en anglais à la demande de son client. Est-ce que votre client veut changer la langue de son procès?, lui a-t-elle demandé.

L'avocat de la défense, Nelson Peters.
Photo : Radio-Canada / Katelin Belliveau
Nelson Peters a ensuite repris son contre-interrogatoire en anglais. Est-ce possible que vous n'avez pas bien compris la lettre d’entente parce que c'était en anglais? Ce à quoi Donald Gauvin a répondu : non, j’ai très bien compris.
À un autre moment pendant le contre-interrogatoire de Donald Gauvin, l’avocat a mentionné que celui-ci était en train de tenter de se soustraire à ses obligations devant la Cour.
La juge Anne Richard a répondu à Nelson Peters que c’était à la Cour de déterminer si un témoin est crédible ou non.
Le procès de Daniel Bard doit reprendre la semaine prochaine.


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