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Politique 08/09/2026 10:40 Actualisé le 08/09/2026 12:02
Lors d’un rassemblement à Paris, le candidat à la primaire du PS et de PP a été chahuté. Une militante lui a notamment reproché d’appartenir à « la fausse gauche ».

SAMUEL BOIVIN / NurPhoto via AFP
Raphaël Glucksmann le 7 septembre à Paris.
Un accueil glacial, qui dit beaucoup du malaise que suscite la candidature Glucksmann auprès d’une partie des sympathisants de gauche. Ce lundi 7 septembre dans la soirée, lors du rassemblement pour la mise en place d’une loi intégrale contre les violences sexuelles faites aux femmes et aux enfants place Vendôme à Paris, le député européen, candidat à la primaire du PS, a été pris à partie par plusieurs manifestantes.
D’abord par une femme, qui lui a reproché d’être venu pour les caméras, l’accusant d’une forme de récupération. Puis par une autre, membre du syndicat FSU, qui a critiqué son positionnement politique. « Dans votre équipe de campagne il y a plein de macronistes. Vous vous présentez comme le candidat de la rupture... Mais ce n’est pas possible ! », lui a-t-elle lancé. Une critique récurrente pour Raphaël Glucksmann, qui s’est entouré ces derniers mois d’ex-figures proches d’Emmanuel Macron, comme Aurélien Rousseau, Sacha Houlié ou Marguerite Cazeneuve.
Sous l’œil de plusieurs caméras, dont celle du reporter indépendant Paul Larrouturou, la syndicaliste a poursuivi son réquisitoire contre le patron de Place publique : « Vous ne faites pas de bien à la gauche. On n’a pas besoin de vous ici. La fausse gauche ça ne m’intéresse pas. Je vous reproche d’être là, de prendre de la place ». À l’entendre, Raphaël Glucksmann « essaye de voler les voix de la gauche ». « Mais ce n’est pas ça la vraie gauche », a-t-elle insisté. Quand il essaye tant bien que mal de rappeler qu’il défend « l’écologie et la justice sociale », elle s’agace : « Rien du tout ! Rien du tout ! ».
Diffusée en direct sur certaines chaînes d’info en continu, la séquence a beaucoup tourné sur les réseaux sociaux. Elle est d’autant plus cruelle pour Raphaël Glucksmann que les nombreuses autres personnalités de gauche présentes au rassemblement (Olivier Faure, Marine Tondelier, Fabien Roussel, Jérôme Guedj...) n’ont pas été chahutées comme lui.
« Je ne plais pas à tout le monde à gauche »
Ce mardi matin, au micro de RTL, le favori de la primaire est revenu sur ces images calamiteuses. Commençant par minimiser l’impact de la séquence, il a expliqué : « Il y a deux femmes qui m’ont interpellé en me disant que je n’étais pas la vraie gauche, mais la plupart des gens présents m’ont remercié d’avoir porté le combat sur la question du viol au Parlement européen ». Avant de reconnaître : « Bien sûr que je ne plais pas à tout le monde à gauche ».
Mais plutôt que d’admettre que son positionnement politique puisse susciter des interrogations au sein du « peuple de gauche », Raphaël Glucksmann a préféré s’en prendre à son meilleur ennemi, La France insoumise, dont il n’a pourtant jamais été question dans l’échange. « Si vous êtes insoumis vous ne voulez pas voir la famille sociale-démocrate émerger. Vous pensez avoir l’hégémonie sur la gauche. Mais cette hégémonie a pris fin ».
Ce n’est pas la première fois que l’eurodéputé est malmené en manifestation. On se souvient qu’en 2024, en pleine campagne des européennes, il avait été exfiltré du traditionnel cortège du 1er-Mai à Saint-Étienne. Des slogans comme « À bas le parti socialo » ou « P comme pourri et S comme salaud » avaient notamment été scandés. Le principal concerné n’avait imputé l’action à aucun parti politique, se contentant de mentionner la présence de « drapeaux de Révolution permanente et de La France insoumise ».
« Un nouveau Macron » ?
Désormais candidat à la primaire, l’objectif pour lui consiste à convaincre les électeurs de gauche qu’il n’est pas un « nouveau Macron », surnom dont l’affublent les cadres LFI. « Il n’a jamais souhaité être un candidat de gauche. Sa stratégie, c’est d’incarner le renouveau macroniste », estime la vice-présidente de l’Assemblée nationale Clémence Guetté. « On ne sent pas chez lui la fibre populaire, ni dans ce qu’il dégage ni dans ce qu’il incarne », critiquait aussi la députée Clémentine Autain au micro de Jean-Jacques Bourdin en juillet.
Raphaël Glucksmann répond, lui, qu’il refuse de jouer « au concours de plus à gauche que moi tu meurs ». Auprès du Point, il balaye néanmoins tout parallèle avec Emmanuel Macron : « Je propose quelque chose de très différent, sur le fond comme sur la forme ». Premier tour de la primaire dans un mois, le 9 octobre.


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