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L’association StopVOG a lancé une vaste enquête et dénonce des violences récurrentes et des « atteintes graves au consentement ».
Par Clément Giuliano avec AFP

SDI Productions / Getty Images
Cette étude révèle toute l’ampleur des violences obstétricales et gynécologiques en France (photo d’illustration)
Des violences gynécologiques et des atteintes au consentement « de grande ampleur en France ». L’association StopVOG révèle, ce jeudi 18 juin, les résultats inquiétant d’une étude réalisée auprès de plus de 10 000 personnes.
Plus de quatre femmes interrogées sur dix (45,1 %) déclarent avoir subi des violences durant les consultations avec leur gynécologue ou obstétricien. Des violences gynécologiques sont déclarées par 28,7 % d’entre elles, et des violences obstétricales (dans un contexte de grossesse, d’accouchement, ou d’avortement) par 24,5 % des répondantes, certaines pouvant être victimes des deux.
La majorité des personnes interrogées témoignent « d’atteintes graves au consentement » pouvant s’apparenter selon StopVOG à des violences sexuelles : examens réalisés par surprise, par sentiment d’obligation, ou malgré un refus exprimé, par exemple. « Les atteintes au consentement dans le soin, ainsi que les violences obstétricales et gynécologiques […] relèvent de violences sexistes en santé », dénonce l’association dans la synthèse de cette enquête.
Examens douloureux
Pose de spéculum, toucher vaginal, frottis, pose de stérilet… Dans le détail, une répondante sur deux assure avoir subi au moins un examen douloureux, mais qui a été poursuivi malgré sa volonté de l’arrêter. La majorité indique aussi que les douleurs ou les effets secondaires ont été niés concernant les menstruations (39,1 %) ou la contraception (43,4 %). 10 % ont aussi déclaré des gestes « déplacés sur les parties intimes » et 4,5 % des « va-et-vient dans le vagin ».
Environ 80,1 % des interrogées rapportent « au moins une atteinte à leur consentement lors d’un examen », et 84,6 % « estiment difficile de refuser un examen proposé par un soignant », notamment « à cause de l’asymétrie inhérente à la relation de soin » ou d’un défaut d’information.
Des mineures déplorent, pour leur part, « des examens imposés sans information adaptée à leur âge ou sans leur consentement effectif », souligne l’étude, faisant état de frottis réalisés sur des adolescentes vierges, donc contraires aux recommandations.
L’enquête menée par StopVOG s’appuie sur les réponses de 10 152 personnes, « réparties sur tout le territoire », recueillies du 30 juillet au 31 décembre 2025. Elle ne « prétend pas être représentative de l’ensemble des consultations gynécologiques réalisées en France », mais a été menée avec l’appui de chercheuses, issues notamment de l’Ined (Institut national d’études démographiques) et du CNRS (Centre national de la recherche scientifique).
StopVOG alerte sur les conséquences : « impact délétère sur le suivi médical », mais aussi troubles psychiques (souvenirs pénibles et involontaires, perte de confiance, anxiété, troubles du sommeil, sexualité dégradée…).


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