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Même si la prévision d'El Niño peut s'effectuer six à huit mois à l'avance (avec plus ou moins de fiabilité), les raisons de son déclenchement restent encore mystérieuses, tout comme les raisons qui le rendent plus ou moins intense.
Les climatologues savent depuis longtemps qu'un changement d'orientation des vents est à l'origine du réchauffement (El Niño) ou du refroidissement des eaux (La Niña). Rappelons que le cycle Enso comporte deux phases successives, parfois entrecoupées de périodes neutres : La Niña se caractérise par une eau plus froide que la moyenne dans une zone précise de l'océan Pacifique sud, tandis qu'El Niño se caractérise par une eau plus chaude que la moyenne.
Un nouveau cycle de salinité découvert
Mais en dehors du changement d'orientation des vents, les chercheurs ont identifié une autre cause. Il n'est pas certain que celle-ci puisse contribuer à déclencher El Niño, mais elle pourrait déterminer sa puissance : « un cycle de salinité printanier boréal dans le Pacifique ouest, susceptible d'amplifier El Niño ».
Il existe en effet des phases plus ou moins fortes : en janvier 2026, nous sommes par exemple dans une phase La Niña plutôt faible.
El Niño est ici visible avec l'anomalie chaude (en rouge) des températures du Pacifique équatorial. Cette chaleur de l'eau de l'océan impacte la météo de nombreuses régions du monde. © Nasa
« Les modèles climatiques qui intègrent ce lien entre salinité et El Niño tendent à simuler un phénomène Enso plus intense, indique l’étude publiée dans Geophysical Research Letters. Ce cycle se caractérise par des anomalies d'eau douce à l'équateur et d'eau plus salée autour de cette zone », ce qui engendre un gradient. Plus l'eau est salée, plus elle est dense : cela influence donc les différentes couches qui composent l'océan. Le gradient entre les différentes zones plus ou moins salées provoque des courants de surface « qui déplacent la limite de la zone chaude vers l'est et génèrent des ondes à l'équateur ».
Les simulations effectuées sur ordinateur par les chercheurs montrent que « ce mécanisme de salinité peut accroître l'amplitude d'El Niño d'environ 20 % et quasiment doubler la probabilité d'un El Niño extrême ». Tout comme les vents, le degré de salinité de l'eau aurait en fait un impact majeur sur le cycle Enso.
La teneur en sel de l'eau influence les courants, et par extension l'atmosphère. © boulham, Adobe Stock
Un lien direct entre le sel de l’océan et les catastrophes météo
Ce changement de salinité influence le développement d'El Niño lors du printemps boréal, de mars à mai, c'est-à-dire environ six mois avant la mise en place du phénomène. El Niño débute en effet souvent au cours de l'automne ou de l'hiver.
Si les chercheurs arrivent à cerner les différentes phases naturelles de salinité de l'eau dans cette zone précise de l'océan Pacifique, ils pourront alors mieux prévoir les conséquences d'un futur phénomène El Niño plus ou moins intense.
La mousson en Asie, la sécheresse en Amérique du Sud, en Australie et en Afrique, les ouragans dans l'Atlantique Nord ou encore les tornades aux États-Unis sont directement influencés par l'intensité du phénomène El Niño.


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