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Les membres du conseil municipal de Burlington, en Ontario, ont voté, cette semaine, contre l’étude d’un moratoire d’un an sur l’installation de nouveaux centres de données sur leur territoire, emboitant le pas à leurs confrères de la ville de Hamilton, qui ont rejeté un moratoire semblable il y a deux semaines.
Cette décision survient alors que la Ville examine la demande d’un promoteur visant la construction d’un centre de données de deux étages.
Les conseillers et le maire ont toutefois demandé aux services municipaux de revoir la réglementation relative aux centres de données et ont également sollicité les gouvernements fédéral et provincial afin qu’ils collaborent avec les municipalités en vue d'élaborer une réglementation pour que les installations, qui stockent, traitent et distribuent l’information numérique, le fassent en toute sécurité.
Des représentants de Burlington en Ontario se sont également joints, cette semaine, à ceux d’autres municipalités, dont celle de Hamilton, pour débattre de la meilleure façon de réglementer les centres de données.
La conseillère du district 2, Lisa Kearns, avait présenté la motion de moratoire lors de la séance du conseil du 21 juillet. En entrevue avec CBC News, elle a indiqué qu’il était regrettable que la motion n’ait pas été adoptée.
Elle faisait valoir qu’un moratoire sur la construction de centres de données donnerait à la Ville le temps nécessaire pour mettre en place une réglementation adaptée à ce secteur en pleine expansion.

Lors d’une réunion tenue le 4 juin dans sa ville natale de Hamilton, Lisa Kearns, conseillère du district 2 de Burlington, s’est prononcée en faveur d’un moratoire sur les centres de données. Dans le prolongement de cette prise de position, elle a déposé le 21 juillet une motion devant le conseil municipal de Burlington afin d’y instaurer un moratoire d’un an.
Photo : Radio-Canada / Justin Chandler
Le conseiller du district 3, Rory Nissan, a voté contre la motion de moratoire de Mme Kearns. Dans un communiqué publié mercredi, il affirme qu’un moratoire aurait été coûteux.
Le bon sens a prévalu sur une campagne de peur, soutient M. Nissan, qui est également candidat à la mairie. Nous avons veillé à la protection des résidents grâce à des règles claires pour les centres de données à Burlington.
Il a ajouté qu’à son avis, tout projet de centre de données à Burlington doit : ne pas nuire à la communauté, n’imposer aucun coût aux contribuables, ne pas mettre à rude épreuve les ressources locales et apporter une valeur tangible aux résidents.

Dans les derniers mois, des centaines de manifestants se sont rassemblés devant l’hôtel de ville de Hamilton afin de faire part de leur opinion concernant un éventuel centre de données d’intelligence artificielle à Hamilton. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Justin Chandler
Pour sa part, Mme Kearns croit qu’une croissance responsable implique de se poser les bonnes questions avant de prendre des décisions importantes en matière d’aménagement du territoire.
Dans une déclaration suivant le vote du 21 juillet, elle ajoute que les projets devraient être appuyés par une évaluation environnementale rigoureuse et inclure une compréhension claire des impacts sur l’énergie, les infrastructures, le bruit, l’assiette fiscale et les communautés voisines.
Mme Kearns se présente également à la mairie cette année, défiant la mairesse sortante Marianne Meed Ward, seule autre membre du conseil municipal à avoir appuyé la motion de moratoire.

La mairesse de Burlington, Marianne Meed Ward, est la seule autre membre du conseil municipal à avoir appuyé la motion pour un moratoire. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada
Mme Meed Ward a également présenté la résolution adressée aux gouvernements fédéral et provincial.
Nous savons que la demande pour des centres de données est en pleine croissance en Ontario, et je crois qu’il nous faut une réglementation uniforme à l’échelle du pays, plutôt que des réponses au cas par cas, a indiqué la mairesse sur Instagram le 15 juillet.
Mme Meed Ward préside également le Caucus des maires des grandes villes de l’Ontario, l’une des organisations municipales auxquelles le conseil municipal de Burlington a transmis sa résolution.
Le projet de centre de données de Burlington
Gliese.AI Incorporated est l’entreprise torontoise à l’origine du projet de centre de données situé au 3110, chemin de Service Sud, près de l’autoroute Queen Elizabeth et de la ligne Guelph.
Nous entendons vos préoccupations, a déclaré Mikayla Woodward, porte-parole de l’entreprise, lors de la réunion du 21 juillet après que plusieurs résidents ont fait part de leurs inquiétudes quant aux répercussions potentielles des centres de données.
Nous sommes prêts à faire preuve d’une transparence totale et à collaborer avec les trois ordres de gouvernement – municipal, provincial et fédéral – selon ce que nous jugeons approprié et ce que vous jugez approprié, a-t-elle ajouté devant les conseillers.
Lors de la réunion du conseil, Mme Woodward a indiqué que, si le projet était approuvé, ce centre de données serait le premier de Gliese. Elle a précisé qu’il ne serait pas suffisamment grand pour l’entraînement de modèles d’intelligence artificielle (IA), mais qu’il s’agirait d’une installation polyvalente à la disposition des personnes travaillant dans le domaine de l’IA.

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Le toit d'un centre de données
Photo : Radio-Canada
CBC News a sollicité une entrevue avec l’équipe de Mme Woodward ainsi que des renseignements supplémentaires sur l’entreprise et le propriétaire du terrain, mais il a été impossible pour ceux-ci de planifier une entrevue ou de répondre à la demande avant la publication de cet article.
Les recherches dans les registres fonciers et commerciaux révèlent que le terrain situé sur le chemin de Service Sud appartient à une société à numéro, 1000786469 Ontario Inc., dont le siège social est à Toronto.
Selon une note explicative publiée sur le site Web de la Ville et les documents de planification transmis par Mme Meed Ward, l’installation de 17 mégawatts refroidie par air est autorisée en vertu des règles de zonage locales. Le demandeur a soumis des études, notamment sur le bruit et l’impact environnemental, selon la mairesse. Les services municipaux et Burlington Hydro examineront la demande.
Avec l’information de Justin Chandler, de CBC News


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