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Vous préparez votre budget pour la nouvelle année ? Attendez-vous à payer l’épicerie et l’électricité plus cher. Des allègements fiscaux pourraient par contre vous aider à faire des économies. Le Devoir fait le point sur les changements qui auront un effet concret sur votre portefeuille en 2026.
Alimentation
Pas de répit à l’épicerie. Le prix des aliments devrait augmenter de 4 % à 6 % au pays, et même plus au Québec, selon une récente étude dirigée par l’Université Dalhousie. Une famille moyenne de quatre personnes doit s’attendre à débourser près de 1000 $ de plus pour se nourrir durant l’année 2026.
La viande — bœuf, veau, poulet — devrait connaître la plus forte hausse (jusqu’à 7 %). Le prix des produits secs, comme les pâtes, les noix ou les épices, devrait aussi grimper jusqu’à 6 %. Les prix des produits laitiers, des fruits et des produits de boulangerie devraient augmenter plus modestement.
Logement
Loyers. Québec ayant décidé de réformer en profondeur sa méthode de calcul de l’indexation des loyers, le Tribunal administratif du logement (TAL) ne fera pas de recommandation de hausse pour 2026. Il diffusera plutôt, fin janvier, une moyenne de l’indice des prix à la consommation (IPC) général sur trois ans. Il s’agit désormais du principal critère du calcul, auquel peuvent s’ajouter des ajustements liés aux taxes, aux assurances et aux travaux.
À quoi s’attendre donc ? À une augmentation probablement moindre qu’en 2025, où le TAL avait recommandé une hausse de 5,9 %, un record en 40 ans. D’après la Société d’habitation du Québec, elle aurait été de 4,5 % avec le nouveau calcul.
Immobilier. Sans surprise, les prix immobiliers devraient continuer d’augmenter en 2026. Royal LePage prévoit une hausse moyenne du prix des propriétés de 7 % dans la province. Dans la ville de Québec, le prix des logements (tous types confondus) pourrait grimper jusqu’à 12 %. À Montréal, la hausse moyenne prévue plafonne à 5 %.
Taxes municipales. Plusieurs municipalités ont déjà annoncé des hausses de leurs taxes foncières pour 2026. Si certains propriétaires seront relativement épargnés, pour d’autres, la facture risque d’être salée. À Québec, par exemple, la taxe foncière augmentera en moyenne de seulement 1,9 %, tandis qu’à Lévis, elle grimpera de 3,5 %.
À Montréal, il faudra attendre le premier budget de la mairesse Soraya Martinez Ferrada, le 12 janvier, pour connaître l’ampleur de la hausse. Les arrondissements ont déjà annoncé leurs couleurs. Les taxes locales grimperont particulièrement dans Verdun (+24,5 %), Rosemont–La Petite-Patrie (+20,5 %) et Villeray–Saint-Michel–Parc-Extension (+13,9), et seront plus modérées dans Anjou (+2,7 %), Saint-Léonard (+2,8 %) et Montréal-Nord (+3,4 %).
À Longueuil, la taxe foncière augmentera en moyenne de 3,4 %, tandis qu’à Laval, elle sera majorée de 4,3 % pour les propriétaires d’une maison unifamiliale et de 5,6 % pour les propriétaires d’un appartement en copropriété. À Sherbrooke et à Gatineau, les hausses seront respectivement de 2,8 % et de 3 %.
Énergie
Électricité. La Régie de l’énergie examinera cet hiver les demandes de hausses tarifaires d’Hydro-Québec pour 2026, 2027 et 2028. La société d’État propose des augmentations annuelles de 3 % pour les clients résidentiels et de 4,8 % pour les clients commerciaux et industriels. Pour un consommateur résidentiel, la hausse mensuelle serait en moyenne de 2,40 $ pour un logement de 5 pièces et demie, et de 6,70 $ pour une maison de taille moyenne.
Gaz naturel. La hausse globale des tarifs d’Énergir autorisée par la Régie de l’énergie s’élève à environ 1 % pour la période comprise entre le 1er octobre 2025 et le 30 septembre 2026. Pour une maison unifamiliale construite récemment, cela devrait représenter une augmentation de quelque 9 $.
Transport
Permis de conduire. C’est la fin du congé de paiement de la contribution d’assurance du permis de conduire. Après avoir payé seulement 25 $ leur permis ces quatre dernières années, les automobilistes devront payer le double (environ 50 $) et les motocyclistes, le triple (environ 73 $) pour l’année 2026. Ces montants demeurent toutefois bien inférieurs au tarif habituel : un permis de classe 5 sans points d’inaptitude coûte normalement 121 $.
Grâce aux surplus du fonds d’indemnisation des accidents de la route, la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a pu offrir entre 2022 et 2025 un congé de paiement de la contribution d’assurance du permis. Pour 2026, les conducteurs bénéficient quand même d’une remise de 75 %.
Immatriculation. Après d’importantes hausses l’an dernier, la taxe d’immatriculation augmentera très modérément en 2026. Dans la grande région de Montréal, les automobilistes paieront 3,45 $ de plus, soit un total de 183,45 $ (incluant la contribution de 30 $ au transport en commun). À Québec, l’augmentation sera de 1,10 $, soit une facture de 91,10 $.
Transport en commun. Les usagers du transport en commun de la grande région de Montréal devront aussi payer plus cher en 2026. L’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) prévoit augmenter le coût des titres de transport de 3 % en juillet. À Québec, le Réseau de transport de la Capitale (RTC) haussera aussi ses tarifs en juillet. L’abonnement mensuel coûtera, par exemple, 10 $ de plus, soit 115 $.
À Gatineau et à Sherbrooke, les changements tarifaires entreront en vigueur dès le 1er janvier. À Gatineau, l’aller simple sera vendu à 4,75 $, soit 25 cents de plus, tandis que le titre mensuel s’élèvera à 116,50 $ (+3,50 $). Du côté de Sherbrooke, il faudra débourser 92 $ pour le titre mensuel, soit 2 $ de plus.
Taux d’intérêt
Après avoir procédé à trois baisses totalisant 75 points de base en 2025, le taux directeur est maintenant de 2,25 %. Les opinions divergent sur la direction que prendra la banque centrale en 2026, le contexte économique demeurant empreint d’incertitudes.
La Banque Nationale prévoit une hausse de taux seulement au dernier trimestre, tandis que Desjardins s’attend plutôt au statu quo. La Banque du Canada elle-même ignore ce qui nous attend et reconnaît avoir de la difficulté à prévoir le moment et la direction du prochain changement de taux.
Modifications au régime fiscal
Le régime fiscal québécois sera indexé à 2,05 % à compter du 1er janvier 2026. Le montant personnel de base — seuil en dessous duquel un contribuable ne paie pas d’impôts — passera de 18 571 $ à 18 952 $.
Le montant annuel de base reçu par un prestataire de l’aide sociale sera haussé de 9408 $ à 9600 $. Le taux de cotisation au Régime des rentes du Québec (RRQ) baissera de 1,85 %, et celui du Régime québécois d’assurance parentale, de 13 %. À partir de juillet, les prestations annuelles du crédit d’impôt pour la solidarité augmenteront de 1256 $ à 1281 $ pour une personne seule.
Au total, les mesures présentées dans la mise à jour économique du gouvernement québécois en novembre dernier, dont celles-ci, entraîneront des gains moyens de 182 $ par particulier pour l’année financière 2026-2027.


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