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Le magazine diffusé ce jeudi soir à 21 h 10, se penche sur le marché obscur du vol massif de données qui expose chaque jour les informations de milliers de Français.
En 2025, 6 167 violations de bases de données personnelles dans des entreprises avaient été signalées à la CNIL (Commission Nationale de l’Informatique et des Libertés). Des chiffres qui, loin d’être isolés, ne représenteraient que la partie visible d’un phénomène bien plus vaste. Pendant plus d’un an, les équipes d’Élise Lucet ont mené l’enquête sur ces cyber-arnaques, devenues la nouvelle menace de notre époque.
Ce numéro intitulé «Cash Investigation - Cyber-arnaques : Etat et entreprises nous protègent-ils vraiment ?»,met en lumière ces nouvelles formes de criminalité : le vol de données. Entre cyber-escrocs hautement entraînés, usurpations d’identité et campagnes de mails d’hameçonnage, il devient aujourd’hui difficile d’y échapper. Tout commence par un message d’alerte apparemment anodin : fuite de données présumée chez une banque, un opérateur téléphonique ou un hôpital. Quelques instants plus tard, un appel survient. À l’autre bout du fil, une personne se fait passer pour un conseiller financier. Fort des informations déjà obtenues, le fraudeur endosse alors le rôle du sauveur, venant «vérifier» avec sa victime l’exactitude des données en sa possession. La suite est classique : une fois l’identité usurpée, l’escroc détourne, sans difficulté, l’argent de ses cibles.
Une technique bien rodée dont ont fait les frais, Muriel et Jean-Marc, un couple de quinquagénaires interrogés par les journalistes de la Deux. «Au téléphone, c’était quelqu’un qui disait être un nouveau conseiller financier. Il était très pressant, mais en même temps rassurant, car ils connaissaient tout de nous», racontent-ils. « Notre vie ne vaut pas bien cher… Ils ont volé notre intimité », se désole le couple.
Le nouvel eldorado des pirates
Loin d’être les seules victimes de ces nouveaux braqueurs, des centaines de milliers de Français sont touchées chaque jour, parfois même sans s’en rendre compte. Comme le rappelle l’émission, il s’agit d’une année record en termes de fuites de données avec plus de 700.000 particuliers piratés en 2025. En réalité, pas une semaine ne passe sans qu’une fuite n’intervienne. Mais où sont stockées toutes ces informations ? Afin de répondre à cette question, les journalistes ont infiltré pendant des mois les sites illégaux où elles sont récoltées puis vendues. Des données ont ainsi pu être obtenues gratuitement puis stockées sur un disque dur crypté, non connecté à Internet, auquel seules trois personnes de la rédaction avaient accès.
Ces marchés clandestins proposent à la vente des centaines de bases de renseignements issues de multiples organisations : fédérations sportives, clientèles de magasins, clubs de chasse, particuliers... Parmi celles-ci, figure la Fédération Française de golf, où se trouvent les noms de Bernard Arnault et Francis Cabrel. «Idéale pour les cambriolages, l’extorsion, les arnaques et le vol de crypto-monnaies», écrivent eux-mêmes les pirates. Les deux personnalités ont immédiatement été prévenues.
Des millions d’euros d’amende
D’abord vendues à quelques milliers d’euros, les hackers proposent ensuite l’accès à de nombreuses autres banques d’informations pour des prix plus élevés. Avec ces techniques clandestines, ils arrivent à se faire plusieurs dizaines de milliers d’euros par semaine. Des sommes alléchantes, qui attirent de plus en plus, notamment chez les jeunes générations.
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Pour contrer ces cyberattaques, l’État français et les entreprises se mobilisent à travers diverses actions de protection et d’arrestations. Des interventions qui restent, selon le CNIL, encore trop peu efficaces. «On est là pour protéger les données, en ayant bien conscience qu’il n’y a pas de risque zéro. On sanctionne la négligence, la clé que l’on a laissée sur la porte, la baie vitrée que l’on a laissée ouverte», déclare Marie-Laure Denis, présidente de la Commission. En janvier 2026, l’autorité de régulation a prononcé deux décisions de sanction à l’encontre de Free, infligeant respectivement des amendes de 27 et 15 millions d’euros. Ces pénalités font suite à des mesures jugées insuffisantes pour garantir la sécurité des données personnelles des clients. L’opérateur, dirigé par Xavier Niel, avait été victime d’une fuite massive ayant exposé les contrats de 24 millions d’abonnés.
Enfin, l’entretien d’un ancien hacker américain, fraîchement libéré de prison, révélant ses méthodes de piratage vient clore le magazine. Dans ce numéro aussi passionnant qu’inquiétant, les cyber-attaques sont passées au crible tout comme le rôle de nos institutions.


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