Pour contrer l’envolée des prix à la pompe liée à la guerre au Moyen-Orient, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé ce mercredi aux membres du gouvernement des propositions pour protéger les consommateurs, tout en rejetant la baisse de TVA réclamée par le Rassemblement national.

La rédaction avec AFP - Aujourd'hui à 18:30 | mis à jour aujourd'hui à 18:36 - Temps de lecture :

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Le sujet est sensible pour l’exécutif à quelques jours du premier tour des élections municipales : l’envolée des prix à la pompe en lien avec la guerre au Moyen-Orient pèse sur le pouvoir d’achat et alimente les critiques de l’opposition. Alors, ce mercredi, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé aux membres du gouvernement des propositions pour protéger les consommateurs.

Ces propositions pourraient passer par un « plafonnement des marges » ou des mécanismes permettant de « lisser les hausses et les baisses » des prix des carburants, a détaillé le chef du gouvernement en conseil des ministres. En revanche, Sébastien Lecornu s’est dit opposé à la baisse de la TVA réclamée par le Rassemblement national (RN), mesure « aussi démagogue qu’inutile », a-t-il estimé, en rappelant son échec « édifiant » lorsqu’elle avait été mise en œuvre en Pologne en 2022 après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Dans un courrier daté de mardi et adressé au Premier ministre, La France insoumise (LFI) a, elle, plaidé pour un blocage des prix. Le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) Olivier Faure a proposé un chèque énergie « pour les plus vulnérables », et la patronne des Écologistes Marine Tondelier des « aides ciblées » pour les ménages populaires et ruraux.

5 % des stations-service contrôlées sanctionnées

Portés par le conflit qui paralyse le détroit d’Ormuz, voie de transport cruciale pour les hydrocarbures, les cours du pétrole ont repris leur hausse ce mercredi. Pour éviter les abus, le gouvernement a lancé un « plan exceptionnel de 500 contrôles » des stations-service. Ce mercredi, le ministre du Commerce Serge Papin a fait état d’« anomalies » sur l’affichage des prix dans quelque 5 % des 513 établissements contrôlés. Ils « ont reçu une amende », qui en cas de récidive, peut aller « jusqu’à 300 000 euros », a-t-il précisé. Et les contrôles vont se poursuivre.

En parallèle, le ministre de l’Économie Roland Lescure réunira jeudi matin les distributeurs de carburants, afin qu’ils fassent « des propositions » pour atténuer les effets sur les prix de la guerre au Moyen-Orient. Ils peuvent lancer « des campagnes à prix coûtant » ou « des campagnes de plafonnement », comme cela s’est déjà vu par le passé, a suggéré le ministre, appelant aussi les consommateurs à faire « jouer la concurrence ».

Par ailleurs, si le prix de l’essence pourrait bien encore faire « du yoyo » en fonction des soubresauts géopolitiques, le ministre du Commerce Serge Papin anticipe une baisse dans les prochains jours « de l’ordre probablement de 20 centimes d’euros au moins sur le gazole ». Cette baisse « a été annoncée par un des distributeurs, les autres le confirment aussi derrière », a-t-il affirmé, faisant référence aux propos de Michel-Edouard Leclerc, qui a promis ce mercredi matin sur franceinfo une baisse de l’ordre de 30 centimes par litre d’ici deux jours.

La France possède environ 100 à 120 millions de barils de réserve stratégique comme ici, à Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône. Photo d’archives Sipa/Damourette

Stocks stratégiques : 400 millions de barils de pétrole débloqués

Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé « à l’unanimité » ce mercredi de libérer sur les marchés 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques. Il s’agit du déblocage « le plus important » de l’histoire de l’institution, a souligné l’AIE. L’objectif est de compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit d’Ormuz, et ainsi de contrer la flambée des prix. Sur ces 400 millions de barils, la France devrait en sortir 14,5 millions.

Ces 400 millions de barils libérés par l’AIE représentent «  environ 20 jours des volumes exportés via le détroit d’Ormuz », a dit Emmanuel Macron à l’ouverture d’une visioconférence avec ses homologues du G7. Le président français a suggéré à ses partenaires d’appeler les autres pays à « s’abstenir de toute restriction aux exportations de pétrole et de gaz, qui pourraient déstabiliser les marchés ». Il a aussi exhorté Donald Trump et les autres dirigeants des pays membres du G7 à se « coordonner » afin de « rétablir clairement la liberté de navigation », « dès que possible », alors que le détroit d’Ormuz dans le Golfe est de facto impraticable pour l’acheminement d’hydrocarbures.

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