Après la canicule historique, les éleveurs dressent un lourd bilan. Des milliers, voire des millions d'animaux d'élevage pourraient avoir succombé aux fortes chaleurs. Entre mortalité, baisse de production et pertes économiques, le monde agricole redoute déjà le prochain épisode de chaleur extrême.
Impossible, à ce stade, de chiffrer précisément les pertes. Mais une chose est sûre : la canicule a durement frappé les élevages français. Volailles, porcs, bovins, ovins... des milliers, voire des millions d'animaux pourraient avoir péri sous l'effet des températures extrêmes. À ces pertes s'ajoutent une baisse de la production et des conséquences économiques qui inquiètent déjà les professionnels.
Dans les fermes, l'heure est au bilan. Certains éleveurs ont dû ramasser eux-mêmes leurs animaux morts, quand d'autres constatent une chute du rendement de leurs exploitations. Les vaches, fortement stressées par la chaleur, produisent moins de lait, tandis que les cultures céréalières, elles aussi éprouvées, devront être moissonnées dans des conditions difficiles.
"Je n'avais jamais imaginé qu'elle servirait d'abri en plein été"
Face au Mont-Saint-Michel, Yannick Frain, berger de prés salés depuis quatre générations, n'avait jamais vécu une telle situation. Pour protéger son troupeau de 700 bêtes, il a été contraint de les rentrer en bergerie... en pleine journée, au cœur de l'été.
Malgré ces précautions, le bilan est lourd : sept brebis, un bélier et quatre agneaux sont morts.
"Je leur donne de la luzerne parce qu'ils sont encore bien somnolents, ça les booste un peu. Ceux qui sont décédés se sont retrouvés en plein champ, les autres dans la bergerie. C'est maintenant l'après-canicule et jamais je n'aurais imaginé que cette bergerie servirait d'abri en plein été", confie l'éleveur.
Les agriculteurs réclament l'état de calamité agricole
Dans les Côtes-d'Armor, Thierry Houel a passé la journée à évaluer les dégâts pour la chambre d'agriculture. Selon lui, aucune exploitation n'a été épargnée. Les pertes sont telles que les professionnels demandent la reconnaissance de l'état de calamité agricole.
"Il faut compenser les pertes économiques. Certains ont perdu un quart, voire la moitié de leur production. Ce n'est pas tenable économiquement", alerte-t-il.
Au-delà des pertes déjà enregistrées, les éleveurs redoutent désormais une nouvelle vague de chaleur. Les animaux, encore fragilisés par cet épisode exceptionnel, pourraient avoir davantage de difficultés à supporter un nouveau pic de températures dans les prochaines semaines.


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