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La CTMA a planifié une première cale sèche pour le traversier Madeleine II en janvier 2027, bien qu’aucun scénario ne soit confirmé pour garantir la présence d’un navire de relève. À moins de huit mois de l’arrêt de service du bateau, la coopérative assure qu’une solution sera trouvée pour maintenir la desserte entre Souris et Cap-aux-Meules.
Bien que le fédéral ait autorisé le report d’une cale sèche avant le 1er avril 2028, la CTMA préfère jouer de prudence.
La coopérative a déjà réservé une première cale sèche en janvier 2027 au Chantier maritime Océan, aux Méchins, pour l’inspection des systèmes de propulsion et de l’appareil à gouverner, entre autres.
On est mieux de ne pas attendre à la dernière minute, lance le directeur général de la CTMA, Emmanuel Aucoin. Plus on attend, plus on se met à risque. Faire une première visite en 2027, quelle que soit la durée, ça va faire du bien.
Cette planification de la cale sèche en 2027 se confirme, même si aucun navire de relève n'a été trouvé pour pallier l'absence du Madeleine II.

Emmanuel Aucoin demeure optimiste qu'une solution sera trouvée.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La CTMA souhaite ardemment trouver un navire sur le marché pour s’assurer d’avoir un bateau de relève pour les arrêts techniques, les cales sèches ou les urgences du Madeleine II, affirme M. Aucoin. C’est très difficile sur le marché actuellement et on n’a pas encore trouvé le bateau qu’il nous faut.
Malgré tout, la CTMA assure qu’elle va trouver une solution pour pallier l’absence du Madeleine II au début de 2027.
Il n 'y a pas d’option où on ne trouvera pas un moyen de donner un service à la population. On essaie de trouver l’alternative qui va être la plus correcte, dans les circonstances, en janvier 2027.
Avec le temps qui presse, la CTMA dit travailler à deux scénarios parallèles : trouver, à court terme, un navire pour assurer temporairement la desserte maritime durant les cales sèches obligatoires des prochains mois et acquérir un navire de relève pour assurer la stabilité des opérations de la CTMA à plus long terme.
L’équipe de la CTMA a visité plusieurs navires dans différents pays au cours des dernières années, sans toutefois pouvoir conclure une transaction.
Un navire de relève affecté au cargo
La CTMA a précisé ses besoins en matière de bateau de relève et recherche un navire qui peut à la fois agir comme traversier de passagers et comme navire-cargo. Un bateau de relève pour nous, pour avoir un plan d’affaires acceptable et logique, il faut que ça soit un bateau hybride, indique Emmanuel Aucoin.
Le plan de la coopérative est donc d’affecter le futur navire de relève à la desserte cargo qui relie l’archipel à Montréal, à la place Voyageur 2. La CTMA est actuellement en pourparlers avec la Société des traversiers du Québec (STQ) à ce sujet.
Ce qu’on a besoin de la STQ et du gouvernement du Québec, c’est de faire un changement de navire dans le contrat, explique M. Aucoin. Le premier navire ne serait plus le Voyageur 2, mais bien un navire-cargo avec possibilité de passagers, donc la mission demeure exactement la même, mais le nouveau navire de relève prendrait la place du Voyageur 2.
M. Aucoin souligne que les coûts des navires sur le marché ont triplé, voire quadruplé dans les dernières années.
Un bateau à 50, 60 millions de dollars, on ne peut pas simplement le laisser à quai 40 ou 50 semaines par année. Il faut qu’il soit en opération.
La CTMA indique qu’elle souhaite obtenir l’appui du gouvernement du Québec afin d’intégrer le nouveau navire hybride au contrat d’exploitation de la desserte maritime.
Selon la coopérative, la différence des coûts d’exploitation de ce navire versus le navire actuel serait absorbée à même le contrat, ce qui ne représente pas un impact financier significatif.
Par ailleurs, la CTMA précise également s’être entendue avec Ottawa pour bonifier l’aide financière fédérale déjà promise pour assurer les frais de fonctionnement du navire de relève.
Ottawa devait verser 10,5 millions de dollars au total, mais accepte de verser jusqu'à 24,5 millions de dollars.
Plutôt que de verser 3,5 millions de dollars annuellement durant trois ans, le fédéral a accepté de verser 3,5 millions de dollars durant sept ans, se réjouit le directeur de la coopérative.
Le Voyageur 2 deviendrait un navire de remplacement
Advenant l’achat d’un futur navire de relève, la CTMA entend tout de même conserver le navire Voyageur 2, qui pourrait agir comme navire de remplacement pour sa propre flotte, mais également pour d’autres armateurs.
La CTMA veut continuer à se développer et je pense qu’il pourrait y avoir du travail pour un troisième bateau. On veut se positionner comme une entreprise capable de venir en relève dans l’est du Canada.
On a la chance de connaître plusieurs ports par nos opérations passées. On est déjà allés à Sydney en Nouvelle-Écosse, on va à Souris, on est déjà allés dans la Baie-des-Chaleurs à plusieurs endroits, on va à Matane, à Sept-Îles, au Saguenay, ajoute-t-il. On connaît beaucoup de quais.

Le Voyageur 2 pourrait demeurer dans la flotte de la CTMA.
Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose
La CTMA a déjà commencé des démarches en ce sens au mois d’avril en effectuant des tests opérationnels avec le Voyageur 2 dans les ports de Digby, en Nouvelle-Écosse, et de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Le but était d’analyser si le navire-cargo pourrait intervenir en cas de besoin de la part de l’armateur Bay Ferries, qui assure une desserte entre les deux provinces.
Cette collaboration entre les deux entreprises découle d’une rencontre organisée par Transports Canada il y a plus d’un an, entre les différents opérateurs des dessertes maritimes de l’est du pays. L’objectif était d’évaluer les plans de contingence et de tenter de mettre des ressources en commun.
On pense qu’on est très agiles, qu’on est une entreprise qui est capable de venir en aide et qui possède des équipements intéressants, soutient M. Aucoin.
Emmanuel Aucoin fait valoir que ce scénario à trois navires serait similaire à la logistique qui existait lorsque le navire de croisière Vacancier faisait toujours partie de la flotte de la CTMA.
On reviendrait comme on était de 2002 à 2021 avec le Vacancier, mais avec un bateau plus performant et plus adapté, car le Vacancier était un bateau avec peu d’espace cargo, résume M. Aucoin.


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