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L’imposition par Ottawa d’un tarif de 25 % sur certains meubles importés est accueillie favorablement par le fabricant d'armoires Cabico, à Coaticook. Son président, Alain Ouzilleau, estime toutefois que cette mesure visant à freiner la concurrence étrangère à bas prix devra être renforcée.
Le tarif est entré en vigueur vendredi et doit s’appliquer pendant un maximum de 200 jours, alors que le Tribunal canadien du commerce extérieur poursuit son enquête sur les répercussions des importations sur les fabricants canadiens.
Les États-Unis et le Mexique sont notamment exclus de la nouvelle mesure canadienne, une décision souhaitée par l’Alliance afin de respecter l’Accord Canada–États-Unis–Mexique.
Ça va déjà faire une petite différence. Effectivement, on avait demandé beaucoup plus que ça. On espère que le tarif permanent qui viendra au bout de l’investigation va être plus élevé que ça, affirme Alain Ouzilleau, également membre de l’Alliance canadienne des produits du bois.

Alain Ouzilleau est le propriétaire de Cabico et un membre de l’Alliance canadienne des produits du bois. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc
Selon lui, un tarif de 25 % ne suffira pas à lui seul à rétablir l’équilibre entre les fabricants d’ici et certains produits importés à faible prix.
Si on veut vraiment ralentir ou carrément arrêter cette compétition déloyale, il va falloir que ça soit plus que 25 %, soutient-il.
Des centaines de mises à pied dans l’industrie
Le président de Cabico insiste sur le fait que les fabricants canadiens ne cherchent pas à échapper à la concurrence, mais plutôt à obtenir des conditions qu’ils jugent équitables.
À Coaticook seulement, l’entreprise dit avoir investi entre 25 et 30 millions de dollars au cours des quatre dernières années afin d'accroître sa compétitivité.

L'entreprise Cabico fait face à des difficultés financières à la suite d'une concurrence qu'elle considère « déloyale ». (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Eli Chamberland
Malgré ces investissements, Cabico a procédé à 200 mises à pied au cours des deux dernières années dans ses usines de Coaticook et de Saint Catharines, en Ontario, selon son président.
On est devenus très compétitifs, mais se battre contre des importations de ce genre-là, c’est impossible, affirme-t-il.
L’Alliance canadienne des produits du bois est à l’origine de la demande qui a mené à l’enquête du Tribunal canadien du commerce extérieur. Elle souhaite également que des mesures similaires soient appliquées aux importations de planchers de bois franc et de meubles.
Un répit de quatre ans souhaité
L’industrie espère maintenant que l’enquête permettra de maintenir des mesures de sauvegarde à plus long terme. Selon Alain Ouzilleau, celles réclamées par les fabricants pourraient s’appliquer pendant quatre ans.
Ça va nous permettre pendant ces quatre ans-là de voir [...] d’autres façons légales de s’assurer que, justement on garde le commerce international au Canada plus juste, explique-t-il.
Pendant que Cabico réclame davantage de protection contre certaines importations au Canada, l’entreprise doit également composer avec les tarifs américains sur ses propres exportations. En octobre 2025, l'entreprise Cabico disait déjà craindre pour son avenir face aux tarifs américains.
Alain Ouzilleau affirme que Cabico partage actuellement le coût d’un tarif de 25 % avec ses clients américains, l’entreprise en absorbe 12,5 %, tandis que ses clients assument l’autre moitié.
C’est l’incertitude sur le marché américain présentement qui nous fait le plus mal, reconnaît-il.
Le président de Cabico prévoit d’ailleurs retourner à Washington à la mi-septembre afin de poursuivre ses démarches pour obtenir une exemption des tarifs américains.


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