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«Ça me fait une fleur de voir que le nom de L’Express a été conservé» -Arcade Latour

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HISTOIRE. Il y a un peu plus de 50 ans, Arcade Latour a cofondé le journal L’Express de Drummondville qui était offert gratuitement à la population. Un direct compétiteur de l’hebdomadaire payant La Parole qui a su rapidement tirer son épingle du jeu dans le milieu drummondvillois.

C’est en faisant la découverte de restants d’encre d’imprimerie dans les poubelles de l’ancien atelier du défunt journal La Parole, sur la rue Heriot, qu’Arcade Latour a fait ses premiers pas, sans le savoir, vers la création de L’Express.

En 1973, alors qu’il a 23 ans, il décide de fonder, avec Jules Dupuy, le journal L’Express. Le nouveau média devait initialement être mensuel, mais, rapidement, l’engouement s’est fait sentir.

«On voulait un nom dynamique. Je me suis inspiré de L’Express de Paris qui était crédible et connu. Ensuite, en partenariat avec le distributeur Marcel Gauthier, c’est parti en fou ! Il avait le réseau pour que tout fonctionne. Nous sommes passés à deux publications par mois et, le temps de le dire, nous devenions un hebdomadaire. Nous avions réussi où d’autres avaient échoué», raconte le Drummondvillois d’origine.

Arcade Latour affirme que son équipe n’était pas prête pour ce succès. La formule gratuite plaisait énormément aux entreprises et l’effet boule de neige a fait augmenter le nombre de pages de L’Express.

L’équipe de L’Express devant des piles de journaux prêts à livrer. On peut reconnaître, derrière, les photographes J.A. Goulet (au centre), Jean Lauzon et Jean-Guy Fréchette (à droite). (Photo : Fonds Arcade Latour)

«C’était archaïque! Tout était fait à la main. Le processus était long, éreintant et nous avions très peu de répit entre les publications. Il était difficile de respecter les «deadline»… en fait, je ne crois qu’aucun n’a été respecté, se souvient l’homme de 76 ans. Je me rappelle une fois où, avec le photographe Jean Lauzon, qui était au volant de sa voiture, nous avions pris la route vers Québec sur l’autoroute pour aller faire imprimer le journal. Nous étions accompagnés par ma conjointe de l’époque, Andrée Dupuy. Il faisait un temps de chien et près du Madrid, on a effectué une sortie de route et plusieurs tonneaux. Il y avait des documents partout sur la route et dans le fossé. Malgré la déformation de l’habitacle de la voiture, nous n’avions que des blessures mineures. Cette fois-ci, le journal était vraiment en retard pour l’impression.»

Après quelques années à tenir ce train d’enfer, le temps était venu de passer à autre chose. La passion s’essoufflait.

«Je voulais revenir à mes anciens amours, soit le graphisme, la photo et le placement média. Roméo Clément travaillait pour notre compétiteur, La Parole. On se connaissait et je lui ai vendu vers 1976. On a conclu une entente de production et le journal est passé de 40 à 90 pages. Il avait l’équipe pour le faire. Ç’a été une bonne décision d’affaires.»

Une fleur

Lors du passage d’Arcade Latour dans les bureaux de L’Express, maintenant sur la rue des Écoles, le fondateur du journal se sentait rempli de gratitude.

«Ça me fait une fleur de voir que le nom de L’Express a été conservé lors de l’unification des deux publications (le nom La Parole est disparu en 2001). Il est bien établi, il jouit d’une bonne réputation. Ce qui m’impressionne le plus, c’est que le journal est encore imprimé. C’est rare maintenant. Je crois que ça évite de perdre le contact avec le monde», confie celui qui aujourd’hui est artiste peintre.

Une vie d’artiste

C’est en faisant la découverte de restants d’encre d’imprimerie dans les poubelles de l’ancien atelier du défunt journal La Parole, sur la rue Heriot, au moment qu’il n’est qu’un gamin, que celui qui a un attachement inné pour les arts tombe littéralement en amour avec cette matière à la texture épaisse et malléable.

Au fil des ans, après des périodes de production parfois discontinues, Arcade Latour perfectionne à coups de spatule son art dont il est maintenant l’un des rares à en maîtriser tous les secrets ou presque.

«Je n’ai jamais été accepté à l’École des Beaux-Arts! J’ai tout de même perfectionné mon art avec les années en effectuant des tests. L’encre de presse est ma spécialité. C’est mon gagne-pain», a ajouté M. Latour qui a signé sa première exposition alors qu’il n’avait que 15 ans. Il a aussi meublé les murs d’expositions, entre autres, en France, en Corée du Sud et aux États-Unis.

L’ancien fondateur de L’Express a aussi fait la manchette, dans les années 1980, pour avoir conçu la papamobile. Le véhicule a servi à assurer la sécurité et à transporter le pape Jean-Paul II lors de sa visite au Québec, en 1984.

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