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« Ça me dégoûte vraiment ! » : faire goûter leur plat au restaurant, pour eux, c’est non

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Life 06/06/2026 11:00

En couple ou entre amis, certaines personnes ouvrent leur assiette aux autres. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde.

 faire goûter leur plat au resto, pour eux, c’est non (photo d’illustration en Suède en janvier 2019)

Maskot / Getty Images/Maskot

« Je n’ai pas envie de partager ! » : faire goûter leur plat au resto, pour eux, c’est non (photo d’illustration en Suède en janvier 2019)

Il y a les personnes chez qui c’est « naturel et réciproque ». Pour Nathalie*, 41 ans, goûter le plat de son compagnon au restaurant est une évidence. « J’étais avec mon ex samedi, et on s’est fait goûter nos glaces respectives », illustre la quadragénaire originaire de la région Grand-Est. « Je supporte pas qu’on partage pas ! », s’exclame Florent, 36 ans.

S’ils sont majoritaires, les pique-assiettes assumés peuvent néanmoins crisper leurs partenaires de restaurant qui, à l’inverse, n’apprécient pas, mais alors pas du tout, qu’on leur pique une bouchée. « Je n’aime pas trop qu’on goûte dans mon assiette, un peu comme Joey dans “Friends” », raconte Élise, 31 ans, en référence à un fameux épisode de la sitcom dans lequel le personnage a cette célèbre réplique : « Joey doesn’t share food ! » (« Joey pas faire cadeau de son manger ! » dans la version doublée.)

« Je trouve qu’il y a quelque chose d’assez intime dans ma relation à ma nourriture », poursuit Élise. « Je commande ou je me cuisine quelque chose, je me fais un plaisir en dégustant ma part, je n’ai pas envie de partager », ajoute la Mosellane.

« C’est mon espace vital »

La trentenaire souligne que le partage de la nourriture avec sa sœur a été un sujet délicat pendant l’enfance. « J’ai l’impression que, chez moi, on se battait pour la nourriture avec mes frères et mon père », se remémore également Philippine, Francilienne de 30 ans. « Ce qui arrivait dans mon assiette était à moi et, du coup, je suis devenue hyper attentive à ça. »

Pierre-Henri évoque lui aussi « une part d’égoïste un peu enfantin », mais pas seulement. « J’ai un profond dégoût pour les bruits de bouche ou le fait de voir les autres manger. Du coup, j’aime pas trop que les couverts des autres touchent mon assiette… ça me dégoûte vraiment, surtout quand on parle de dessert ! », explique le Parisien de 37 ans.

« J’ai une organisation dans mon assiette. Je mange certaines choses ensemble ou dans un certain ordre », justifie pour sa part Léa, Auvergnate de 33 ans, qui reste malgré tout partante pour partager « quand ça vient [d’elle]. » Même énergie du côté de Camillia, 36 ans, qui n’apprécie guère qu’on pique dans son assiette. « C’est comme si c’était ma propriété ou mon espace vital ! Si on ne me prévient pas, c’est quelque chose qui m’énerve, même venant de mon fils. Puis j’ai peur qu’on mange ce que je mets de côté. »

« Je trouve ça sale »

Avec le temps, Pierre-Henri n’est plus si intraitable qu’il le décrit, comme en témoigne son mari Antonio : « D’abord il s’énerve, et après il culpabilise de s’être énervé et il me laisse toujours goûter à son plat ou son dessert. »

« Il m’est arrivé de me disputer avec mon conjoint parce que j’ai le réflexe de taper la main quand elle s’approche du bord de mon assiette », raconte pour sa part Élise, qui s’est également assouplie sur le sujet. « Je suis un peu plus partageuse depuis quelques années… Il y a quelques personnes que je porte dans mon cœur à qui je peux donner quelques frites ! »

Lorsqu’il s’agit de tester le plat de l’autre, les avis sont partagés. « Je trouve ça sale », confesse Camillia. Hilare, Élise assume une forme de contradiction : « Ça arrive qu’on insiste pour que je goûte dans une autre assiette. Ça, par contre, ça me dérange pas ! C’est purement quelque chose d’égoïste… »

*Le prénom a été modifié.

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