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L’acteur était l’invité du «Buzz TV» pour expliquer son rôle de membre du jury des courts-métrages et de la Cinef au Festival de Cannes. En parallèle il est à l’affiche du film L’enfant Bélier.
Salim Kechiouche est arrivé sur la Croisette où il assure son rôle de membre du jury des courts-métrages. Dans le cadre de cette mission il décernera la palme d’or du court-métrage et trois prix de la Cinef, catégorie destinée aux films d’école. «On me l’a proposé. C’était un honneur donc j’ai accepté. J’ai pu réaliser un court-métrage il y a maintenant six ans, et un long-métrage qui a suivi, donc je sais ce que ça demande, ce que ça implique», raconte-t-il. Pour choisir son coup de cœur, il s’appuiera sur divers critères. «Premièrement sur l’émotion que ça dégage, la sincérité je trouve que c’est important. Ensuite évidemment le côté technique mais ça arrive presque en dernier».
Comment le film vainqueur est-il choisi ? Cela dépend d’«un ensemble de choses», explique l’acteur âgé de 47 ans. «La qualité d’un film c’est assez subjectif donc c’est pour ça que dans le jury c’est souvent houleux, il y a beaucoup de discussions. Le cinéma c’est des émotions et ensuite il y a le côté technique, la réalisation. Et comment on se projette sur un réalisateur dans l’espoir de voir un long-métrage. Ça va être des discussions et des avis différents», prévient-il.
Un rêve de gosse de monter les marches
Salim Kechiouche dans «Le Buzz TV»Ce rôle prestigieux lui offrira également l’opportunité de monter les marches à deux reprises. «Symboliquement c’est un petit rêve de gosse. Monter les marches de Cannes ça reste mythique, on a vu ça à la télévision quand on était petit», se réjouit-il. S’il a déjà vécu le tourbillon cannois plusieurs fois, il raconte sa première fois ici avec nostalgie. «J’étais tout jeune, [...] j’avais 16 ans.. j’ai ressenti un décalage de malade avec la vraie vie. Ça m’avait fait un choc de découvrir le monde de Cannes. Je venais d’un milieu très modeste où c’était métro-boulot-dodo et là je suis arrivé dans un endroit où c’était la fête, on pouvait profiter de tout, c’était un peu un pays des merveilles», se souvient-il.
Le jeune Salim a bien grandi et aborde désormais l’exercice avec beaucoup plus de sérieux. «Je prends ça comme un travail. C’est une manière de parler de ce qu’on fait, rencontrer de nouvelles personnes. Là en l’occurrence d’être jury c’est vraiment un honneur de découvrir le cinéma de demain, les jeunes réalisateurs et réalisatrice qui présentent leurs courts-métrages. Pour eux c’est une chance extraordinaire et pour nous un honneur de pouvoir être là comme des regards de professionnels».
Il a également suivi l’évolution du Festival de Cannes. Si l’évènement était il y a encore peu de temps réservé à un cercle très restreint, il observe aujourd’hui l’avènement des marques et des influenceurs avec une certaine réserve. «C’est vrai qu’avant c’était très confidentiel. Ça s’est ouvert avec les réseaux sociaux, les influenceurs. Peut-être que c’est une suite logique après je suis quand même un puriste par rapport au métier d’acteur, je trouve que c’est un vrai métier contrairement à certains qui pensent que c’est un hobby. Je trouve que c’est vraiment une passion, ça m’a habité depuis tout petit, j’ai travaillé, j’ai fait du théâtre et je continue d’y croire», assure-t-il.
Dans la peau d’un policier dans L’enfant Bélier
Acteur depuis ses 15 ans, il s’est rendu compte que le cinéma serait le fil rouge de sa vie «un peu avant vingt ans». Actuellement, il est à l’affiche du film L’enfant Bélier, qui s’inspire d’une tragédie survenue en Belgique en 2018. Un policier avait alors tiré sur une camionnette de migrants. S’il affirmait vouloir l’arrêter, il a quand même tué un enfant.
«Il y a le point de vue des migrants. On leur donne de l’humanité, des projets, des rêves, un passé. C’est très important parce que du coup c’est très touchant», estime l’acteur qui joue le rôle de ce policier. «C’est un film très dur où un personnage commet l’irréparable. J’ai accepté ce rôle justement parce que c’était un challenge pour pouvoir lui donner de l’empathie. Ça ne veut pas dire qu’on l’aime mais au moins qu’on le comprenne. [...] Il est tiraillé, c’est quelqu’un qui a accepté ce métier pour les bonnes raisons, pour aider son prochain et finalement il se retrouve dans une institution qui parfois le dépasse», explique-t-il.
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Au-delà de son âme d’artiste, Salim Kechiouche est également un ancien sportif de haut niveau. Champion de France de kick-boxing à 18 et 20 ans, il avoue que cette expérience lui est aussi bénéfique dans le cinéma. «Le trac que ça peut donner de monter sur le ring c’est incomparable. Je me disais : comment on peut avoir le trac de monter sur scène au théâtre ou en faisant une scène ? Maintenant je comprends parce que ça m’arrive. Ça m’a donné une assurance qu’il fallait que je cache un peu pour montrer mes émotions et ça m’a donné une rigueur de travail et intellectuelle aussi.»


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