Détenu pendant 623 jours en Iran, Louis Arnaud décrit au micro d'Europe 1 les conditions d'incarcération effroyables de la prison d'Evin, à Téhéran. Libéré en 2024, cet ancien consultant parisien a publié le récit de sa captivité en janvier 2026.
Auteur de la La révolution intérieure aux éditions des Équateurs, Louis Arnaud raconte ses 623 jours de détention dans la prison d'Evin, l'une des plus dures au monde. Alors qu'il était parti faire un tour du monde, ce natif de Montceau-les-Mines est arrêté en 2022 après la mort de Masha Amini.
Retenu pendant deux années "sans aucune justification", il subit des violences physiques et psychologiques. Au micro d'Europe 1, il revient sur ses conditions d'incarcération très difficiles mais aussi sur des rencontres marquantes et l'avènement d'une transformation intérieure.
"La torture psychologique prend de nombreuses formes"
Privations, tortures, cellules bondées... Otage de la République Islamique d'Iran de 2022 à 2024, Louis Arnaud a vécu l'enfer. "Laissé à pourrir" dans sa cellule, il apparait évident pour le Français qu'il fait partie "d'une jeu géopolitique, d'un bras de fer entre l'Europe et l'Iran".
Mais pour Louis Arnaud, assister aux tortures des autres est encore plus dur que d'en être victime : "La torture psychologique prend de nombreuses formes. L'une d'entre elles, c'est de voir la violence, la haine avec laquelle sont traités les Iraniens qui m'entourent et tous ces manifestants du mouvement Femme Vie Liberté".
"Je fais face à une telle violence que ça casse quelque chose en moi", explique-t-il. Sa rencontre avec Cheyenne, un manifestant de 25 ans sera déterminante. Atrocement torturé, "on aurait dit que son âme lui avait été arrachée sous la torture", raconte-t-il avec effroi.
Malgré l'horreur, Louis Arnaud explique avoir vécu une transformation : "le début d'une révolution intérieure", trouvant un sens à son épreuve. L'histoire de ces Iraniens oppressés et torturés devient également son combat.
"À ce moment là, il redevient humain"
Interrogé par "des gardes qui peuvent parfois s'abandonner à la pire des violences", "une certaine humanité" transparait parfois dans leur regard. Elle se traduit par moment par des gestes simples, comme lorsque l'un d'entre eux lui a posé un manteau sur ses épaules alors qu'il était frigorifié dans son pyjama de prisonnier.
Pourtant ce garde commettait des violences tous les jours "mais à ce moment là, il redevient humain". "C'est toute cette gamme de nuances que je veux aussi faire ressortir dans ce livre", poursuit-il.
Dans ce régime des mollahs, "on est tous en train d'essayer de survivre et je sais que ces propos peuvent parfois être difficiles à entendre et tout particulièrement aujourd'hui, car je comprends absolument les Iraniens qui sont dans la colère".


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