Elle a la silhouette d’un monstre marin et l’âme d’un théâtre de Shakespeare. Du haut de ses 11 mètres, La Tour Vagabonde trône sur le bitume de l’ancienne caserne de la Poya à Fribourg, comme un Octopus égaré. Son hublot de cyclope observe le passant, ses portes colorées semblent défier la rigueur militaire du passé. Unique en son genre, ce monument nomade est le cœur battant de la culture alternative fribourgeoise. L’an dernier, le chanteur Sami Galbi y vernissait son album, avant son triomphe à Paléo. Pourtant, aujourd’hui, le navire tangue.
A l’intérieur, derrière le comptoir où s’enroule une jungle florale artificielle, Corinne Harris est accrochée à la tireuse de maté comme un capitaine à sa barre. Membre du conseil de fondation de la Tour Vagabonde, elle s’attache aujourd’hui à chasser les fantômes d’une comptabilité devenue folle. Engagée depuis plusieurs années dans le tissu associatif et culturel local, elle se souvient être arrivée au sein du conseil de fondation en août 2024, «quand les discussions étaient déjà tendues, voire impossibles». Depuis, elle cherche à redresser le cap après le départ entre les mois de février et de mai 2025 d’une équipe épuisée, dans une ambiance conflictuelle et en laissant derrière elle une situation administrative et financière confuse.


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