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C’est quoi le Shamonda, ce virus détecté pour la première fois chez un humain ?

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Santé 22/10/2026 15:12 Actualisé le 22/10/2026 17:39

Pour la première fois, un être humain a été contaminé par ce virus jusque-là cantonné aux bovins. « Aucun risque sanitaire n’est à craindre », affirme le gouvernement.

Par Sarah Coulet avec AFP

D’après les premiers éléments de l’enquête clinique, il semblerait que la transmission du virus se soit faite par la piqûre d’un moucheron (image d’illustration).

PHILIPPE LOPEZ / AFP

D’après les premiers éléments de l’enquête clinique, il semblerait que la transmission du virus se soit faite par la piqûre d’un moucheron (image d’illustration).

C’est une première mondiale. Ce jeudi 22 octobre, les autorités sanitaires ont annoncé la mort d’un homme porteur du Shamonda, un virus de la famille des orthobunyavirus transmis aux animaux par des moucherons. Le décès remonte au début du mois d’octobre, aux Hospices de Lyon, et serait « très probablement lié » à son infection.

Si le virus est connu depuis les années 1960, sa présence était jusqu’à présent cantonnée à quelques cas chez des vaches en Afrique de l’Ouest, en Afrique de l’Est, en Afrique australe et au Japon.

Le Shamonda a été signalé pour la première fois en Europe, notamment en France, à l’été 2026, dans des élevages bovins, une espèce considérée comme présentant le risque d’infection le plus élevé, explique le ministère de l’Agriculture. Dans l’Hexagone, le virus circule dans 52 départements chez les bovins et, dans une moindre mesure, chez les ovins dans deux départements et les équins dans un département.

En août, l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) signalait la découverte « d’un nouvel orthobunyavirus responsable de syndrome fébrile, abattement, perte de production et diarrhées chez les vaches ». Selon l’institut, cette émergence rapide semble « liée aux conditions climatiques favorables aux insectes vecteurs ».

Y a-t-il un risque sanitaire ?

Cette infection constitue « la première détection documentée et rapportée du virus chez l’être humain », insiste le ministère de l’Agriculture, qui rappelle « qu’aucun risque sanitaire pour la population générale n’est identifié à ce jour ».

« S’agissant du premier cas humain identifié, de nombreuses zones d’ombre subsistent », a relevé le professeur de neurologie Tom Solomon, directeur de « The Pandemic Institute » à Liverpool (Royaume-Uni) et de l’Unité de recherche britannique consacrée aux infections émergentes et zoonotiques (SMC).

Nous ignorons par exemple « si des personnes en bonne santé peuvent être infectées sans pour autant développer de symptômes, quels symptômes le virus est susceptible de provoquer en temps normal, ou encore avec quelle fréquence il peut entraîner une forme grave de la maladie », a-t-il énuméré.

S’il n’y a « pas lieu de céder à la panique », selon cet expert, cette contamination souligne « l’importance de la surveillance des infections émergentes », notamment « celles susceptibles d’affecter le cerveau ». Les autorités sanitaires françaises ont d’ores et déjà prévenu les instances sanitaires internationales, et les investigations « cliniques, biologiques et épidémiologiques » se poursuivent.

Quels symptômes ?

D’après les premiers éléments de l’enquête clinique ouverte après la contamination de la personne décédée, il semblerait que la transmission du virus se soit faite par la piqûre d’un moucheron du genre Culicoides dans l’est de la France, détaillent les autorités.

S’agissant du premier cas détecté chez l’être humain, peu d’informations sont disponibles à ce jour sur les symptômes causés par le virus Shamonda. Selon les informations transmises par le ministère de l’Agriculture, l’homme décédé présentait « une immunodépression sévère » lors de sa prise en charge au CHU de Lyon.

Le ministère mentionne également des « complications cérébrales avant son décès », qui seraient « très probablement liées à l’infection par le virus Shamonda », sans préciser si l’homme était déjà immunodéprimé avant de se faire piquer.

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