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Après 40 ans de service, la télévision communautaire de l’Estran (TVCE), connue sous le nom de Télé-Sourire, cesse ses activités.
Depuis la pandémie, les nombreux obstacles rendent la vie difficile à l’organisme sans but lucratif, comme le passage d’un câblodistributeur à un autre, la diminution de l’audience et le manque de financement.
Le porte-parole du conseil d'administration, Marc-Antoine Dufresne, précise qu'il y a tout juste une dizaine de bénévoles qui tiennent l’organisme à bout de bras depuis de nombreuses années.
Ils sont épuisée assure-t-il. Je pense qu'une fatigue générale également, qui a atteint le Conseil d'administration à travers toutes les épreuves, qui a été vécu ces dernières années, notamment la perte de direction générale, la perte d'un câblodistributeur, le transfert vers un autre.
Télé-sourire cumule un déficit de 65 000 dollars qui sera remboursé par la vente de ses actifs.
Comme la majorité des organisations à but non lucratif, on voit une perte du sens civique.

Les télévisions communautaires de l'Estran, Télé Soleil et Télé Sourire, diffusent leurs émissions sur les ondes de Telus.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
Pour la mairesse de Petite-Vallée, Marika Tait, c’est un coup dur pour sa région.
Elle perd un organisme essentiel sur un territoire qui se trouve déjà dans un désert médiatique. On comprend qu'on était dans un contexte difficile. Mais c'était le point de ralliement, si on veut.
C'était là où on se retrouvait, puis on pouvait avoir le sentiment d'être entendu, d'être écouté, puis de pouvoir discuter de choses qui nous touchent, nous, dans notre secteur, dans notre région, dans notre petite communauté.

La mairesse de Petite-Vallée, Monika Tait, a été présidente de Télé-Sourire une dizaine d'années.
Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat
La Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec estime que la moitié de sa quarantaine de membres a du mal à joindre les deux bouts.
La directrice générale de la Fédération, Amélie Hinse, rappelle que le CRTC oblige les câblodistributeurs à verser 1,5 % de leur revenu aux télévisions communautaires.
Mais elle déplore que ce soit insuffisant, puisqu'ils perdent aussi des revenus publicitaires au profit des géants du web. Si on comprend que les streamers en ligne sont venus chercher une partie des revenus des câblodistributeurs qui les empêchent de bien remplir leur mission sur le territoire, nécessairement, il faut qu'ils participent.
Il ne reste que quatre télés communautaires de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine qui sont membres de la Fédération.

La directrice générale de la Fédération des télévisions communautaires autonomes du Québec, Amélie Hinse, croit qu'il faudrait 2 millions de dollars pour assurer la stabilité financière de ses membres. (image d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-François Dumas
Radio-Canada a tenté d'avoir un commentaire de Telus, sans succès.


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