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L’actrice, sex-symbol du cinéma français, s’est mariée quatre fois et a eu une ribambelle d’amants célèbres comme Jean-Louis Trintignant, Sacha Distel et Serge Gainsbourg.
«Elle a le pouvoir et l'embarras du choix, elle drague et largue, à quinze ans elle est déjà Dom Juan». La formule est de Marie-Dominique Lelièvre, auteure d'une excellente biographie de B.B., Brigitte Bardot: Plein la vue (Flammarion). Au chapitre « Bardot's boys (un jour mon prince viendra) », la liste des hommes qui sont passés dans la vie et dans le lit de l'actrice donne le vertige. Les acteurs et les chanteurs jouent les premiers rôles, même si Bardot peut aussi séduire un barman ou un joueur de poker, du moment qu'il est bel homme. Ralf Valone, Gilbert Bécaud, Sacha Distel, Serge Gainsbourg, Warren Beatty ou Nino Ferrer, son tableau de chasse est impressionnant. Dans celle collection, sa biographe distingue plusieurs catégories, parmi lesquelles on trouve les « préférés » : Roger Vadim, Jean-Louis Trintignant, Sami Frey, et les « maris » : Roger Vadim (1952), Jacques Charrier (1959), Gunter Sachs (1966), Bernard d'Ormale (1992).
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Dans cette litanie d'amants et maris, Vadim occupe une place à part. La rencontre avec ce jouisseur à la beauté du diable est décisive pour la jeune ingénue du XVIe arrondissement de Paris. Il lui donne des cours de comédie en prévision d'un film de Marc Allégret dont il a écrit le scénario mais c'est elle qui l'embrasse sur les lèvres à la fin de sa dernière leçon. Elle a 16 ans, il en a 20. Elle l'épouse deux ans plus tard à l'église d'Auteuil le 21 décembre 1952. Vadim façonne son épouse en bombe sexuelle dans Et Dieu créa la femme en 1956. « Quand un homme a beaucoup de maîtresses, on dit que c'est un Dom Juan. Quand une femme a beaucoup d'amants, on dit que c'est une putain », déplore Bardot qui exhibe dans le film une nudité sans honte ni péché. « Elle était moderne dans son insolente recherche de liberté, démodée dans son romantisme à la Bovary », se souvient Vadim dans ses Mémoires. Vadim, mari infidèle, partouzard même si l'on en croit les mémoires de Jane Fonda, se plaint du manque d'ouverture d'esprit de Bardot. Mais il est fou de jalousie quand sa femme le plaque pour Jean-Louis Trintignant, son mari de cinéma. Vadim lui fait du chantage au suicide. « Il menaçait, et même se suicidait un peu, pas trop quand même », se rappelle Trintignant.
Bardot a retenu la leçon de son Pygmalion. Elle veut profiter de la vie, croque les hommes et brise les cœurs. Marguerite Duras l'envie : « Quand un homme l'attire, Bardot va droit vers lui. Rien ne l'arrête. Peu importe qu'il soit dans un café, chez lui ou chez des amis. Elle part avec lui sur-le-champ sans un regard pour l'homme qu'elle quitte. » Bardot fait toujours le premier pas. Elle donne rendez-vous à Jacques Charrier dans un hôtel pour boire un verre avant de le faire monter dans la chambre qu'elle a réservée. « Une lionne, une liane, un tourbillon », dit Charrier après ce rendez-vous galant et brûlant. L'acteur des Tricheurs remplace Sacha Distel dans le cœur de Bardot.
« Tout est paradoxe »
L'actrice est comme la nature, elle a horreur du vide. Elle impose le jeune acteur à la mode comme partenaire dans Babette s'en va-t-en guerre. Enceinte de lui, elle l'épouse alors qu'il s'est ouvert les veines pour ne pas être rappelé en Algérie et rester auprès d'elle. « J'étais naïf, dira Charrier, j'avais l'âge où l'on croit une femme qui dit : “Si tu pars, je ne m'en remettrais jamais.”» La grossesse de Bardot est un calvaire, entre un mari fragile et un enfant qu'elle ne désire pas – elle a déjà avorté plusieurs fois. Un an après, Bardot tourne avec Clouzot La Vérité et tombe dans les bras de Sami Frey, ténébreux et sexy. Exit Charrier, père de l'enfant unique de Bardot, Nicolas, né le 11 janvier 1960, mal aimé par celle qui ne voulut jamais être mère. Dans son autobiographie, Initiales B.B., parue en 1996, elle fait scandale en comparant son nourrisson à « une tumeur qui s'était nourrie de moi ».
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Andy Warhol verra en Bardot une femme d'avant-garde, « capable de traiter les hommes en objets sexuels, de les acheter puis de les jeter, Brigitte Bardot a été l'une des premières femmes vraiment modernes. Ça me plaît. » (The Philosophy of Andy Warhol, 1975). Le gourou du pop art se trompe. Bardot n'achète pas les hommes. Elle leur fait tourner la tête. Elle les chasse et se lasse. « De l'amour, Bardot n'aime que le fugitif séjour au jardin d'Eden, écrit Marie-Dominique Lelièvre. De l'amour, elle n'aime que les commencements, sauf que tous les commencements se ressemblent, disait le prince de Ligne. Bruns, bronzés, bien balancés, tels sont les Bardot's boys. Passés les premiers moments, elle a l'esprit ailleurs. “La passion a été sa drogue, elle en a été esclave toute sa vie”, a dit son premier mari. »
Qu'il se nomme Gunter Sachs, playboy et héritier millionnaire qu'elle épouse à Las Vegas en 1966, ou Serge Gainsbourg, avec qui elle fricote en enregistrant Je t'aime moi non plus, Bardot finit toujours par laisser les hommes sur le carreau. Selon Vadim, « tout est paradoxe chez Brigitte. À force de ne chercher que son plaisir, de vouloir à tout prix être heureuse, elle se détruit. » Le véritable amour, Bardot consent à le donner aux bêtes plutôt qu'aux hommes. « C'est peut-être pour ça que j'ai choisi de consacrer ma vie aux animaux », admet celle qui épouse l'industriel Bernard d'Ormale en 1992. Elle l'installe à la Madrague, sa propriété à Saint-Tropez, parmi ses chiens, ses chats et ses pigeons.


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