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Le ministère de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie (MEIE) n’a retenu aucun soumissionnaire pour piloter l’étude de faisabilité du projet de boucle ferroviaire reliant les deux chemins de fer ArcelorMittal et QNS&L.
Le ministère s’occupera donc de ce dossier lui-même avec la collaboration de la Société du Plan Nord. Pour rappel, le gouvernement québécois a prévu 15 millions de dollars pour la réalisation de cette étude dans son budget 2025-2026.
L'objectif est d'évaluer la possibilité de connecter les deux chemins de fer privés existants, celui d'ArcelorMittal et celui de Rio Tinto IOC. Actuellement, ces deux lignes relient Port-Cartier et Sept-Îles à la fosse du Labrador de manière indépendante.
Selon les acteurs du milieu, relier les deux chemins de fer au nord et au sud pour créer une boucle pourrait permettre d’optimiser le transport des minerais et notamment faciliter les exportations vers l’étranger.

Le gouvernement du Québec évalue le projet de relier les chemins de fer d'ArcelorMittal et de QNS&L qui mènent vers la fosse du Labrador. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Ce projet a notamment été mis en avant par le premier ministre François Legault en juillet dernier. Il souhaitait augmenter la capacité du Port de Sept-Îles et optimiser le réseau ferroviaire de la Côte-Nord.
Des projets miniers à venir
Selon le directeur général de développement économique Sept-Îles, Paul Lavoie, optimiser le transport de minerai entre la fosse du Labrador où il est extrait et les infrastructures pour l’exporter, comme le port de Sept-Îles, permettrait de faciliter l’arrivée de nouveau projet d’exploitation minière.
Il y a beaucoup de grands projets qui sont sur la carte [...] on parle de volume qui augmenterait énormément sur le chemin de fer.

Paul Lavoie rappelle que la collaboration avec les propriétaires de rails actuels sera indispensable. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Renaud Chicoine-McKenzie
Le projet de boucle ferroviaire est vu positivement par la Société ferroviaire et portuaire de Pointe-Noire (SFPPN), qui opère trois quais du port de Sept-Îles dans le secteur de Pointe-Noire, dont le quai multi-usager, qui peut accueillir les plus gros navires au monde.
La société ne cache pas son intérêt à opérer les futurs tronçons de chemin de fer qui pourraient résulter de ce projet, tant au nord qu'au sud.
Selon le président-directeur général de la SFPPN, Gabriel Striganuk, l’étude de faisabilité qui est en cours est cruciale pour envoyer un message à l'industrie minière, en montrant aux investisseurs que le Québec possède la capacité logistique pour accueillir de nouveaux grands projets.
C'est important pour les investisseurs de s'assurer qu'il y a une capacité de transporter le minerai vers le terminal, et que le terminal a la capacité d'exporter vers les marchés internationaux.

Selon Gabriel Striganuk, l'étude de faisabilité est cruciale pour démontrer la capacité logistique de la région. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
La SFPPN s'est d’ailleurs dite prête à collaborer et à aider à la coordination de l'étude.
Un projet viable ?
Si l'idée d'une boucle semble intuitive pour faciliter la circulation du minerai, l'étude devra confirmer sa viabilité technique et économique.
Paul Lavoie rappelle que la collaboration des propriétaires actuels des rails, ArcelorMittal et Rio Tinto IOC, sera essentielle, tout comme la consultation des communautés autochtones concernées.
Il mentionne également que le terrain accidenté de la Côte-Nord et les considérations environnementales représentent des défis supplémentaires.
Toutefois, Paul Lavoie perçoit d'un bon œil l'implication de la Société du Plan Nord, qui est déjà intégrée dans le milieu nordique, et connaît la réalité du Nord, et ces acteurs, souligne-t-il, ajoutant que cette connaissance du terrain est un atout majeur.


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