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Décrite par les défenseurs du patrimoine comme un « bijou d’architecture moderne », l’église Saint-Gérard-Majella, à Saint-Jean-sur-Richelieu, sera finalement démolie. Désireuse de mettre un terme à des procédures judiciaires qui risquaient de s’étirer et de lui coûter cher, la Ville a décidé de conclure une entente avec le promoteur immobilier qui pourra ériger un immeuble de 40 logements sur le site.
« Assez, c’est assez. Ce dossier-là a beaucoup trop tergiversé. Le temps est maintenant à la décision », a soutenu le maire Éric Latour, avant d’appeler au vote la résolution qui a scellé le sort du bâtiment mardi dernier, lors de l’assemblée du conseil municipal.
À la majorité, les élus ont donné leur aval à la démolition de l’église, ce qui permettra le retrait du pourvoi en contrôle judiciaire déposé par le promoteur devant la Cour supérieure.
Le propriétaire du site pourra donc aller de l’avant avec la construction d’un immeuble de 40 logements. Il devra en revanche verser à la Ville un montant de 200 000 $ pour le fonds municipal destiné à financer le logement social et abordable, ainsi qu’une redevance de 5000 $ par logement.
La résolution a toutefois divisé les élus. « Ce qu’on nous demande ce soir, c’est d’entériner cette façon de faire et accepter la démolition. Ça envoie un signal préoccupant. Ça revient à dire qu’un promoteur peut laisser un bâtiment se détériorer, malgré ses engagements, en attendant que la situation devienne irréversible », a fait valoir le conseiller Luko Boisvert avant de voter contre la proposition.
Depuis au moins 2015
Le maire Latour estime que la Ville se devait de mettre un terme au litige qui l’opposait depuis des années au propriétaire du site, Réjean Roy, et qui s’annonçait coûteux pour la Ville.
D’autant que l’état du bâtiment ne cessait de se dégrader. « On est confronté à un bâtiment qui, au moment où le diocèse l’a vendu en 2015, — je vais utiliser des mots crus — il était scrap. Dix ans plus tard, il est encore plus scrap. Et savez-vous quoi ? Dans cinq ans, il va l’être encore plus », a-t-il expliqué. « C’est plate. Ça n’aurait pas dû se passer de même, mais à un certain moment, il faut être pragmatique. »
L’église était inoccupée depuis deux ans quand, en 2015, la paroisse Saint-Jean-L’Évangéliste l’avait vendu à un promoteur, faute de moyens financiers pour effectuer les importants travaux de rénovation qui étaient nécessaires.
Devant l’opposition de citoyens à la démolition de l’église, le promoteur avait évoqué l’idée d’intégrer l’église à son projet immobilier. Par la suite, il avait présenté des plans prévoyant l’aménagement des logements ainsi qu’un boulodrome dans l’église préservée.
En 2024, le promoteur avait finalement déposé une demande de démolition compte tenu de l’état de délabrement de l’église et des coûts élevés liés à la réhabilitation du bâtiment.
En septembre dernier, le conseil municipal s’était toutefois prononcé contre la destruction de l’église, ce qui avait incité le promoteur à s’adresser à la Cour supérieure dans l’espoir de faire annuler la décision des élus.
Construite en 1962 selon les plans de l’architecte Guy Desbarats, l’église Saint-Gérard-Majella avait reçu la cote la plus élevée du Conseil du patrimoine religieux du Québec en raison de son architecture exceptionnelle. En plus de sa voûte asymétrique aux lignes courbes qui lui donnait son originalité, l’église comportait des vitraux conçus par Jean-Paul Mousseau et des œuvres du céramiste Gabriel Loire.


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