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Belfort, Marseille, La Ciotat… Où en sont les enquêtes après les violences en marge des manifestions des lycéens

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France 04/10/2026 15:12 Actualisé le 04/10/2026 17:35

Plusieurs enquêtes sont ouvertes à travers la France après les violences qui ont émaillé les manifestations lycéennes cette semaine. On fait le point.

Des affrontements entre des lycéens, des casseurs et des forces de l’ordre à Paris, vendredi 2 octobre 2026.

DJOUDI HAMANI / Hans Lucas via AFP

Des affrontements entre des lycéens, des casseurs et des forces de l’ordre à Paris, vendredi 2 octobre 2026.

Depuis lundi, plus de 5 000 interpellations ont été menées en marge du mouvement de blocage lycéen pour demander de meilleures conditions d’étude. 1 700 ont eu lieu sur la seule journée de vendredi, alors que les manifestations sont marquées par des tensions de plus en plus importantes.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes après des violences sur des professeurs, des passants, des forces de l’ordre ou des mineurs. À la veille d’une nouvelle semaine de mobilisation, Le HuffPost fait le point sur les procédures judiciaires en cours.

• Un enseignant aspergé d’essence à La Ciotat

À La Ciotat, l’enquête sur l’agression d’un enseignant aspergé d’essence et frappé en marge d’une manifestation lycéenne devant l’établissement Méditerranée, vendredi, a avancé ce dimanche 4 octobre. Un adolescent de 16 ans a été interpellé et placé en garde à vue ce dimanche matin, rapportent l’AFP et Le Parisien.

D’après les deux médias, le lycéen est originaire de La Ciotat mais a été interpellé à Marseille. « On était trois enseignants à discuter avec les élèves, à essayer d’apaiser le climat (...). Il y a eu un moment où les élèves ont essayé d’embraser un arbre. J’ai commencé à essayer d’éteindre avec de la terre. C’est à ce moment-là que j’ai reçu une douche au gasoil », a raconté l’enseignant de 59 ans à RTL.

« Cet acte-là était celui d’un élève qui était un peu plus fragile que les autres et qui n’a pas bien compris ce qu’il a fait », a-t-il aussi relativisé. L’enquête est ouverte pour « violences avec ITT inférieure ou égale à 8 jours ».

• Une femme brûlée avec un lance-flamme artisanal à Marseille

À Marseille, l’adolescent de 15 ans soupçonné d’avoir actionné un spray enflammé sur le visage d’une passante en marge des manifestations lycéennes a été déféré ce dimanche en vue de sa mise en examen pour « acte de barbarie ». Il a été placé en détention provisoire.

Dans un communiqué, le parquet avait prévisé que l’adolescent était élève au lycée Colbert, « en seconde service d’aide à la personne », et qu’il était inconnu des services de police et de justice. Interpellé vendredi soir et placé en garde à vue, il « reconnaissait immédiatement les faits et, en saisissant la portée, exprimait de profonds regrets », a aussi indiqué le parquet.

Une vidéo de l’agression, qui s’est déroulée jeudi matin sur une place de Marseille, a largement circulé sur les réseaux sociaux. On y voit une femme de 40 ans, auxiliaire de vie, s’interposer au moment où un groupe tente de fracasser un abribus dans le contexte des manifestations lycéennes. Visage masqué, un mineur s’avance vers la femme et projette un spray enflammé à l’aide d’un briquet.

« Je leur ai dit : 'Mais qu’est-ce que vous faites, vous n’allez rien casser du tout, allez manifester'. Je ne m’attendais pas à une telle violence, a témoigné la victime, soignée pour des brûlures au visage, sur BFMTV samedi soir. Il n’a pas visé les habits, il n’a pas visé les jambes. Il m’a visé au visage. Pourquoi ? »

• Un policier passé à tabac à Belfort

Le parquet de Belfort a annoncé, ce dimanche, la garde à vue de deux personnes soupçonnées d’avoir participé au passage à tabac d’un policier vendredi lors d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Belfort en marge du mouvement lycéen.

Deux personnes ont été interpellées puis placées en garde à vue, a indiqué le procureur Paul-Édouard Lallois à l’AFP, confirmant une information de BFMTV, sans autre précision sur leur âge ou leur possible rôle dans les faits. Lors d’une conférence de presse, le procureur a annoncé que les adolescents sont poursuivis pour violences aggravées.

Le policier, chef du renseignement départemental, avait été frappé à terre. Des vidéos montrant l’agression, survenue vendredi aux abords du lycée Courbet de Belfort, ont également circulé sur les réseaux sociaux. Elles montrent le policier en civil, projeté au sol par une personne vêtue de noir, qui lui assène plusieurs coups de poing au visage. Puis, au moins deux autres personnes lui donnent des coups de pied.

L’agent agressé venait d’interpeller un jeune homme aux abords d’un ruisseau. Des vidéos montrant le moment de cette interpellation circulent en ligne et sont, elles, accompagnées de commentaires l’accusant d’avoir mis la tête du jeune homme sous l’eau en tentant de le maîtriser. Le procureur a réaffirmé samedi que le policier n’avait pas mis la tête du jeune sous l’eau. « C’est l’individu qui va délibérément dans l’eau (...). Tous les deux tombent dans le ruisseau », a-t-il affirmé. Le lycéen a déposé plainte pour tentative de meurtre, a indiqué à l’AFP l’avocat de cet adolescent.

Une première interpellation d’un mineur de 17 ans dans cette affaire n’a par ailleurs pas débouché sur des poursuites, aucun élément ne venant indiquer, à l’issue de sa garde à vue, qu’il aurait porté des coups.

• L’IGPN a ouvert cinq enquêtes

D’autres procédures sont en cours à travers l’Hexagone. À Paris par exemple, une enquête a été ouverte pour « violences en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique » après l’agression filmée d’une policière en marge d’un blocus par plusieurs jeunes. Aucune interpellation n’a été communiquée à ce stade.

L’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », est aussi saisie de cinq enquêtes concernant des violences sur des lycéens. Un adolescent de 16 ans a notamment perdu l’usage de son œil droit après avoir été blessé à Tours lors du blocage d’un lycée.

La procureure de la ville Catherine Sorita-Minard a indiqué mercredi que les lésions étaient « compatibles avec l’impact d’une balle de défense de type LBD ». Toujours hospitalisé, le mineur a été entendu par l’IGPN dans la journée de vendredi et l’enquête se poursuit.

Une enquête a aussi été ouverte après l’autosaisine du Défenseur des droits sur la blessure d’un mineur lundi à Saint-Ouen-l’Aumône, dans le Val-d’Oise. L’avocate de l’adolescent de 14 ans a indiqué qu’il souffrait d’« une double fracture de la mâchoire, toutes les dents cassées en haut et un bon nombre de dents cassées en bas » après avoir été « pris à partie par des policiers, qui le frappent » et qu’un fonctionnaire de police « lui tire dans la tête à un mètre de distance » avec un LBD.

« Les investigations se poursuivent », a fait savoir jeudi le procureur de Pontoise Guirec Le Bras. L’enquête est ouverte pour des faits de violences par personne dépositaire de l’autorité publique avec usage d’une arme.

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