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Si les progressistes-conservateurs de Terre-Neuve-et-Labrador ont fait de « belles promesses » sur le démantèlement des barrières commerciales interprovinciales lors des dernières élections, neuf mois plus tard, la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI) estime qu'ils tardent à joindre le geste à la parole.
Ce qu’ils ont promis pendant la période électorale et par la suite, ce sont de beaux mots, mais les résultats ne sont pas là. Ils se trainent un peu la patte, soutient Frédéric Gionet, le directeur des affaires législatives de la FCEI pour les provinces de l’Atlantique.
Dans leur livre bleu, les progressistes-conservateurs, portés au pouvoir en octobre dernier, ont promis d’accélérer la croissance économique en facilitant les échanges commerciaux, d’éliminer la réglementation inutile et de reconnaître les certifications et la formation des travailleurs d’autres provinces.
Les produits et les services devraient pouvoir circuler librement à travers le Canada, peut-on lire dans leur plateforme électorale. Les règles qui varient d'une province à l'autre entraînent des retards, coûtent de l'argent aux entreprises et rendent les produits plus chers.
Peu de progrès, malgré les engagements électoraux
Si l’ex-gouvernement libéral a promis de se pencher sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, signant notamment un protocole d’entente avec le Nouveau-Brunswick sur le libre-échange et la mobilité de la main-d’œuvre, aucun changement législatif n’a été effectué jusqu’à maintenant.

Le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador de l'époque, Andrew Furey et la première ministre du Nouveau-Brunswick, Susan Holt, signent un protocole d'entente sur le libre-échange et la main-d’œuvre le 24 avril 2025 à Saint-Jean de Terre-Neuve. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Au total, Terre-Neuve-et-Labrador compte toujours 19 exceptions à l’Accord de libre-échange canadien, dont l’objectif est d'éliminer les obstacles à la libre circulation des personnes, des biens et des services entre les provinces et territoires.

Frédéric Gionet est directeur des affaires législatives pour la Canada atlantique à la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante. (Photo d'archives)
Photo : CBC / Tony Davis
Dans un rapport (nouvelle fenêtre) publié la semaine dernière, la FCEI avait souligné qu’à compter de 2026, toutes les provinces, à l'exception de Terre-Neuve-et-Labrador, autorisent leurs résidents à transporter, sans aucune restriction, une quantité illimitée d'alcool au-delà des frontières provinciales pour leur consommation personnelle.
Si on ne peut pas régler des problèmes [liés au transport] de l'alcool d’une province à l’autre, comment est-ce qu’on va régler les gros problèmes?
Terre-Neuve-et-Labrador a toutefois signé une entente mardi entre neuf provinces qui permettra aux producteurs d'alcool de vendre leurs produits directement à tous les consommateurs.
Un bilan peu reluisant
Le rapport de la FCEI évalue les progrès réalisés au cours de la dernière année pour éliminer les barrières commerciales interprovinciales, à la lumière de la menace tarifaire proférée par les États-Unis.
Dans son rapport, la FCEI reconnaît le récent changement de gouvernement à Terre-Neuve-et-Labrador, qui est donc écartée du palmarès classant les provinces et territoires en fonction des progrès réalisés au cours de la dernière année.

Craig Pardy, ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador, lors d'un point de presse le 29 avril 2026. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Patrick Butler
Mais l’organisation lui donne malgré tout la note de D pour l’élimination d’exceptions à l’Accord de libre-échange canadien et un F pour les mesures prises concernant le commerce d’alcool et la mobilité de la main-d’œuvre.
Le ministre des Finances de Terre-Neuve-et-Labrador, Craig Pardy, n’a pas été disponible pour une entrevue mardi.
Terre-Neuve-et-Labrador est favorable à la libre-échange au sein du Canada, mais les différences de réglementation ne constituent pas toujours des obstacles inutiles. Dans certains cas, elles reflètent des différences légitimes en matière de géographie, de sécurité, d'infrastructures, de gestion des ressources et de conditions économiques locales, écrit le premier ministre, Tony Wakeham, dans une déclaration écrite.
Nouveaux tarifs américains
Lundi, à la veille d'une rencontre sur trois jours des premiers ministres provinciaux et territoriaux à Charlottetown, à l'Île-du-Prince-Édouard, le président américain Donald Trump a annoncé des tarifs de 50 % sur une longue liste de produits canadiens. Nouvelle qui animera les discussions au Conseil de la fédération et qui rappelle l’importance d'éliminer les obstacles limitant le commerce entre les provinces, selon la FCEI.
Il faut une collaboration plus élevée qu’on n’a jamais eue, et dans ce cas-ci, il y a du protectionnisme un peu, il y a de la réticence, il y a de la lenteur administrative face à l’urgence, affirme Frédéric Gionet. Terre-Neuve-et-Labrador a du chemin à faire et doit se rattraper.


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