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« B.R.I. » (Canal+) : à feu et à sang

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Intervention musclée dans la série de Canal+, B.R.I.

Intervention musclée dans la série de Canal+, B.R.I. David Koskas - Canal+

La saison 2 de cette série poursuit son exploration du grand banditisme par le prisme de la brigade de recherche et d’intervention de Versailles.

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Diffusée en 2022, la première saison de B.R.I., création originale de Canal+, avait fait mouche. Et pour cause. Dans la veine d’Engrenages  et Braquo, deux des meilleures séries policières françaises jamais réalisées, cette fiction suit le quotidien de la brigade de recherche et d’intervention de Versailles.

Les membres de l’équipe, leurs interactions, les rivalités entre les différents groupes, les méthodes parfois contestables, les planques pendant des heures dans des voitures, les décisions prises à la hâte quand rien ne se passe comme prévu, la fatigue extrême, l’âpreté du milieu, et cette proximité, parfois difficile à gérer, entre le monde des flics et celui des voyous. Si cette série revendique son appartenance à la fiction et sa fonction de divertissement, on avait été frappé par le « réalisme » des premiers épisodes. La manière dont Jérémie Guez, rare auteur de série à policière à n’avoir lui-même jamais été policier, avait saisi le milieu.

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« B.R.I. est née de l’envie de renouveler les codes de la série de flics traditionnelle tout en lui rendant hommage. Et cet hommage que je voulais rendre passait par plusieurs choses. Passer du temps en immersion à la B.R.I. de Versailles, ce que j’ai fait pendant un an. Porter la plus grande attention à la restitution du geste parfait. Montrer la dynamique d’une équipe d’élite. Montrer aussi l’évolution inéluctable entre le métier de flic d’hier et celui d’aujourd’hui », nous disait l’auteur, spécialiste de ce milieu et à l’origine de plusieurs romans policiers dont deux déjà ont été portés à l’écran (Sons of Philadelphia et Burn Out).

Gros poisson

On avait été séduit aussi par le temps long consacré à la peinture des liens qui se tissent entre ces héros de l’ombre. Et la façon dont ils se dépatouillent avec la violence des milieux auxquels ils sont confrontés, parfois les mêmes que ceux dont ils proviennent. On avait trouvé la série efficace, ramassée, propre à embarquer le téléspectateur dans une exploration haletante de l’univers des flics contre celui des voyous. Enfin, on avait été emballé par la qualité du jeu, fruit du soin porté au recrutement des acteurs, dont beaucoup ont fait leurs armes dans cette série. Sofian Khammes (Saïd, un ancien des Forces spéciales) en tête, mais aussi Rabah Nait Oufella (Badri), Ophélie Bau (Vanessa) et, dans cette saison 2, la jeune comédienne et cascadeuse Léa Catania (Jill), nouvelle recrue de la brigade, nerveuse, à fleur de peau, comme l’ensemble de ses camarades.

On retrouve, peu ou prou, ces mêmes qualités dans les huit nouveaux épisodes. La nouvelle enquête, menée dans la continuation de la précédente, révèle peu à peu les ramifications d’une machine infernale dont les rouages les plus perfides ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Après la mort de son père et de son frère, des criminels notoires, Nina Perez (remarquable Nina Meurisse) se démène pour reprendre le business familial. La commissaire Ferracci (Emmanuelle Devos) trouve dans ses retrouvailles avec Vingre (Vincent Perez rejoint la série), son homologue des stups, corrompu jusqu’à la moelle, l’occasion d’un puissant face-à-face. Il y a des morts, des rebondissements, des retournements. Quelques lourdeurs, comme dans l’épisode 4 qui semble perdre la maîtrise du récit, avant de mieux le reprendre. En mode guérilla. Du bon polar.

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