Sur scène, tout est prêt. La nappe blanche, les verres de rouge, ne manque plus que les convives. Mais si les chaises restent vides ce soir-là, on n’aura aucune peine à les voir: la sœur dépassée par les préparatifs, la tante et son tiramisu baveux, les enfants chahutant sous la table, le mari de la cousine qui se délecte en étalant ses vacances paradisiaques… Et ce feuilleté d’apéro en forme de soleil qu’on s’obstine à vous servir à toutes les sauces – surtout au pesto.
Cette tablée, joyeuse et chaotique, c’est Jeremy Crausaz qui la préside. Au café-théâtre Le Bilboquet, à Fribourg, l’humoriste lançait fin septembre son nouveau spectacle, Fête de famille. Et tout est dans le titre. A lui seul, celui qu’on connaît aussi pour ses passages aux Dicodeurs et ses chroniques sur Couleur 3 convoque avec facétie les joies des retrouvailles et les débats corsés, les cadeaux louches et les silences gênés. Du pain bénit pour un troisième seul en scène, nous lance-t-il quelques jours plus tard devant un thé froid. «Une fête de famille, c’est comme une mini-société, avec ses différentes générations, ses classes sociales. Et ça se déroule comme un spectacle: il y a l’arrivée, l’apéro, le climax quand on sort le schnaps, la fin quand on s’engueule et que tout le monde part…»


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