Le punch de celles et ceux qui n’en peuvent plus de la grande bouffe capitaliste. La férocité de celles et ceux qui appellent aux armes de l’ironie. Au Théâtre Saint-Gervais à Genève jusqu’à dimanche, Marie van Berchem et Vanessa Ferreira Vicente reconstituent le supermarché de nos routines, cette machine à téléguider nos appétits et à gaver nos cerveaux. A l’enseigne de leur collectif Cœur, les jeunes femmes signent Coloscopie d’un supermarché, spectacle qui a de l’esprit et des tripes, mais qui s’épuise, parce que pas assez écrit sans doute.
Il serait toutefois injuste de bouder son plaisir. Coloscopie d’un supermarché est un miroir grossissant pertinent de nos libidos de mercenaire du caddie. En plasticiennes qu’elles sont aussi, Vanessa Ferreira Vicente et Marie van Berchem savent vous appâter. Sur scène, dans une pénombre bleutée traversée par le gazouillis d’un printemps trompeur, des palettes dressées dessinent un jeu de société géant. Une musique symphonique se faufile entre ces rayonnages. Dessus, des bataillons de rouleaux de papier toilette. Vous êtes au cœur du système. La lumière jaillit et vous tombez sur Mélissa venue faire son marché au «Super» – nom de la chaîne.


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