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Contrairement à Marine Le Pen et Jordan Bardella, qui ont pointé les nouveaux aspects de la menace russe, Éric Ciotti estime qu’il n’y a « rien de neuf sous le soleil ».

VALERY HACHE / AFP
Avec cette sortie, Éric Ciotti ébrèche l’opération patte blanche du RN sur la Russie.
Tout le monde n’a pas fait la mise à jour. Régulièrement accusés de complaisance, Marine Le Pen et Jordan Bardella ont voulu samedi 19 septembre donner des gages de fermeté envers la Russie en publiant un communiqué au ton très ferme à l’adresse du régime de Vladimir Poutine, qui ne peut « espérer dicter la politique » de la France « par l’intimidation ». Une opération brouillée dès le lendemain par les déclarations de leur principal allié Éric Ciotti.
Samedi, la candidate du Rassemblement national et le président du parti dénonçaient avec force les méthodes du Kremlin, « l’intimidation, la menace, la déstabilisation ou la pression psychologique », pour peser sur le débat en France. Ils condamnaient également l’escalade de Moscou et sa décision de prendre le contrôle d’actifs d’entreprises européennes encore implantées en Russie, comme Nestlé et Auchan. Un « acte hostile » qui « porte directement atteinte aux intérêts et aux droits de nos entreprises ».
Ce dimanche, le maire de Nice et président de l’Union des Droites estime, à l’inverse des messages envoyés par ses comparses, qu’« il n’y a rien de neuf sous le soleil » depuis « la fin de la Seconde guerre mondiale ». À ceci près que si la Russie représente bien « une menace », celle-ci est en déclin, avec « des armées en déroute ». « Cela m’interroge sur sa capacité à ouvrir d’autres fronts alors qu’elle est totalement enlisée en Ukraine », a-t-il ajouté, pour minimiser les récentes alertes.
Ciotti parle d’une « opération de communication »
Dans ce contexte, pour Éric Ciotti, la réunion convoquée par Emmanuel Macron, vendredi, au cours de laquelle les responsables militaires ont fait le point sur les différents conflits et risques qui pèsent sur la France, n’était qu’une « opération de communication » d’un chef de l’État qui utilise « des boucs émissaires ou des subterfuges pour masquer le déclin français ». Ce même rendez-vous qui a, semble-t-il, provoqué l’aggiornamento à la tête du Rassemblement national, dans les mots au moins.
D’ailleurs, au moment où le chef de l’UDR relativisait la menace russe et critiquait l’événement organisé par Emmanuel Macron, Louis Aliot, le vice-président du Rassemblement national, saluait au contraire son initiative. « C’est bien que le président de la République fasse cette démarche parce que cela permet aussi d’avoir une vision plus nette de l’état du conflit en Ukraine », a-t-il notamment assuré ce dimanche sur RTL, en reprenant les éléments du communiqué publié la veille par sa candidate.
Au-delà de ces dissensions, propres à ébrécher le vernis que l’extrême droite essaie de s’appliquer, sur ce sujet comme sur d’autres, plusieurs responsables politiques dénoncent le nouveau « double discours » du RN. Plus tôt dans la semaine, Marine Le Pen a effectivement confirmé son intention de lâcher financièrement l’Ukraine, réactivant les critiques sur sa complaisance à l’égard du Kremlin, passée ou actuelle.
Gabriel Attal a par exemple fustigé un « double discours insupportable et irresponsable ». « “Couper le robinet” à l’Ukraine comme vous le souhaitez ne ferait qu’empirer la domination, et donc la menace, de la Russie. Y compris sur l’Europe et sur la France », a écrit le candidat Renaissance à la présidentielle, samedi, sur les réseaux sociaux, en estimant qu’un « communiqué de presse n’effacera rien » de ce qu’est l’extrême droite. Encore moins quand les discours ont du mal à suivre.


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