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Les avocats de Lindsay Clancy, une Américaine qui reconnaît avoir tué ses trois enfants, assurent qu’elle souffrait d’une psychose post-partum.
Par Maëlle Roudaut avec AFP

GREG DERR / AFP
Lindsay Clancy photographiée lors de son procès pour meurtre au tribunal supérieur du comté de Plymouth, à Plymouth (Massachusetts), le 4 septembre 2026.
C’est une affaire qui a beaucoup fait parler aux États-Unis. Ce vendredi 4 septembre, l’annulation du procès de Lindsay Clancy, une mère accusée du meurtre de ses trois enfants, a été prononcée. En effet, les jurés ne sont pas parvenus à s’entendre sur un verdict.
« Je n’ai pas d’autre choix que de prononcer l’annulation du procès », a déclaré William Sullivan, le juge du tribunal de Plymouth, près de Boston (nord-est), après avoir lu une déclaration écrite des jurés reconnaissant « le cœur lourd » leur incapacité à s’entendre sur un verdict unanime dans une affaire qui a suscité un vif débat sur la santé mentale des mères américaines.
Le juge a ensuite précisé qu’il suspendait pour une heure l’entrée en vigueur de cette décision, pour donner à la défense le temps de faire appel.
Pour rendre un verdict, l’unanimité des douze jurés est requise. Mais le jury était apparemment divisé entre 11 jurés favorables à l’acquittement sur le fondement de l’irresponsabilité pénale de Lindsay Clancy et 1 opposé à ce verdict, selon l’état des délibérations qui a filtré des échanges entre le juge, la défense et l’accusation.
Le constat d’un « jury bloqué » survient quand le juge doit prendre acte qu’après plusieurs jours de délibérations, les jurés ne parviennent pas à s’entendre. Dans ce cas, le procès est annulé et peut éventuellement être réorganisé ultérieurement, avec un nouveau jury.
Lindsay Clancy, 36 ans, encourt la prison à vie pour le meurtre de ses enfants âgés de cinq ans, trois ans et huit mois.
La défense évoque une « psychose post-partum »
L’accusée, qui se déplace en fauteuil roulant depuis qu’elle a tenté de se suicider après ce triple infanticide, reconnaît les faits mais plaide non coupable, sa défense avançant qu’elle souffrait de « psychose post-partum ». Selon elle, une voix lui aurait ordonné de tuer ses enfants.
Un argument rejeté en bloc par l’accusation, selon laquelle elle avait planifié les meurtres et était capable de comprendre la portée de son geste.
Cette affaire ultra-médiatisée a suscité un vif débat aux États-Unis sur la santé mentale des mères. À la barre, psychiatres, proches ainsi que l’ex-mari de l’accusée et père des enfants ont décrit la détresse dans laquelle était plongée la mère de famille.
Des dizaines de femmes se sont rassemblées pendant des semaines devant le tribunal pour apporter leur soutien à Lindsay Clancy. Elles espèrent que cette affaire sensibilisera à la psychose post-partum, un trouble qui touche une à deux femmes sur 1 000 accouchements, selon les associations. Mais certains se sont indignés de la violence de ces infanticides et du soutien reçu par l’accusée.


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