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Nous sommes en 1905, Louis Delage, est salarié chez Peugeot où il travaille comme chef du bureau des essais et des études après avoir étudié la mécanique à Levallois-Perret.
L’automobile est encore un fantasme et seuls une poignée de personnes ont le privilège de se déplacer dans ces “calèches sans chevaux”. Pourtant Louis en est convaincu, l’automobile est le business du siècle et va changer le monde à jamais.
Depuis quelques années, il dispose d’ailleurs de son propre bureau d’études. Mais comment se lancer dans l’automobile sans un sou ?
Delage se met à son compte
Louis Delage exerce sa passion chez Peugeot mais veut aller plus loin. Il veut développer ses propres idées, imposer ses choix de conception et concevoir ses propres automobiles.
Il est certain qu’en utilisant des moteurs déjà éprouvés de chez De Dion-Bouton, il pourra fabriquer les meilleures automobiles légères mais performantes.
Problème, il n’a que 31 ans, pas de fortune et il faut convaincre. Il parvient à emprunter 35 000 francs et lance sa propre entreprise.
Le 10 janvier 1905, la société Delage et Cie, avec bureaux et ateliers à Levallois‑Perret, naît sur les bords de la Seine. Delage débute avec une voiturette à moteur De Dion monocylindre. Maintenant il faut faire connaître la marque. Et Louis a une idée derrière la tête.
La compétition comme moteur
La compétition automobile en est encore à ses balbutiements mais Louis est persuadé qu’elle offrira la meilleure publicité possible à ses voitures, à condition de gagner…
Le premier succès marquant intervient dès 1908 avec la Coupe des voiturettes, remportée par une Delage. La marque s’illustre dans les deux plus grandes épreuves du monde, le Mans et les 500 Miles d’Indianapolis.
Delage revendique ensuite un titre mondial des Grands Prix en 1927, à une époque où la discipline n’a pas encore le nom de Formule 1.
La belle époque
Côté production, Delage vit sa période la plus brillante, avec des quatre et six cylindres et surtout des modèles de plus en plus raffinés.
Delage vise le haut de gamme automobile et ne va pas tarder à marquer les esprits. Le salon de Paris 1929 marque un tournant avec la D8, un huit-cylindres de 4 litres destiné à recevoir les carrosseries des plus grands artisans européens.
Posséder une Delage devient un signe de classe et de réussite. Mais la crise économique va venir frapper de plein fouet la marque française.
Crise économique
Au milieu des années 30, les clients se font rares, et Delage ne parvient plus à faire face aux lourds investissements nécessaires à la production automobile.
Delage est reprise par un autre constructeur français, Delahaye, en 1935. La production se poursuit encore sous le nom Delage pendant quelques années, mais la dernière voiture est produite en 1953.
La chute
Pour Louis Delage, la fin de son entreprise est un drame personnel. Il perd progressivement le contrôle du constructeur qu’il a créé, alors même qu’il approche de la soixantaine et qu’il éprouve le poids de ses dettes.
Mécontent de la perte de son pouvoir, il se retire de la direction et finit par accepter un rôle mineur au sein de Delahaye, simplement pour survivre économiquement.
Criblé de dettes, il divorce dans les années 1940, laissant à son ex‑épouse son château et son domaine du Pecq, dans les Yvelines. L’homme qui avait réalisé l’exploit de concurrencer les plus prestigieuses marques de luxe dans le monde finit sa vie dans une modeste maison de retraite du Pecq.
Sans le sou, il se déplace à vélo, ne pouvant plus se permettre de posséder une voiture. Louis Delage s’éteint le 14 décembre 1947, à 73 ans, dans la maison de retraite du Pecq, où il est inhumé dans le caveau familial.
Renaissance
Alors qu’on pensait la marque éteinte à jamais, en 2019, Laurent Tapie, fils de Bernard Tapie, lui-même entrepreneur, décide de faire revenir à la vie la marque Delage.
Il présente son projet aux “Amis de Delage” qui détient l’usage du nom. Il reprend Delage Automobiles et en devient le président.
Laurent Tapie s’entoure des meilleurs ingénieurs, fait bâtir une usine à Magny-Cours et recrute Jacques Villeneuve au poste d’essayeur. Côté actionnaires, il fait entrer Antoine Arnault, François & François-Henri Pinault, Xavier Niel et plusieurs autres milliardaires au capital.
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La supercar ultime
Le projet est simple et ambitieux, à la Tapie : fabriquer la meilleure hypercar du monde. La Delage D12 est une vraie F1 de la route avec un moteur V12 hybride développant autour de 1000 ch.
L’an dernier la Delage obtient son homologation et le premier exemplaire est livré à un client américain en début d’année 2026.
La D12 sera produite à trente exemplaires mais un second modèle est déjà en cours de finalisation. Objectif : dépasser les 500 km/h.
Avec Laurent Tapie Delage retrouve l’ambition portée par son fondateur. Les grands noms ne meurent jamais.


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