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COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Aux premier et deuxième jours du procès d’Aurélie S., ses proches dont ses parents et ses trois filles encore vivantes ont livré le portrait d’une femme secrète et dépassée par tout ce qui était difficile dans la vie.
Qu’est-ce que la norme dans le fond ? Arrivé à la barre un bref sourire aux lèvres destiné à sa fille, René S., invité à raconter la vie de cette dernière, commence par décréter : «Bon, on ne va pas s’éterniser sur la petite enfance, si ? Elle a eu une petite enfance normale, hein. Comme toutes les petites filles.» L’accent est chantant, le ton léger. Le septuagénaire, retraité d’une usine de conserves, n’a pas l’air de sentir la gêne dans l’assistance. C’est que celle-ci a passé la matinée précédente à se faire décrire en détail la vie de l’accusée. Et personne dans cette salle de la cour des Assises d’Avignon, où Aurélie S., 44 ans, comparaît depuis jeudi pour le meurtre de deux de ses nourrissons et violences contre ses trois filles vivantes, n’oserait la qualifier de normale. Mais dans cette famille unie, pudique, catholique, les choses sont telles qu’on se les raconte. À l’école ? «Ça marchait normalement» pour sa benjamine. Sa désertion de l’armée ? «Je n’ai pas compris ce départ.» Sa rupture d’avec le père de sa première fille ? Militaire, Xavier H. avait rapporté de la drogue de Guyane, Aurélie n’avait pas supporté. Elle s’était installée seule avec son aînée Maya et «tout se passait merveilleusement bien». Puis il y a eu cette rencontre avec cet homme, Ali. Un déménagement. Et un autre enfant. Ali est parti, laissant leur nourrisson derrière, une petite-fille aussi, Léa, qu’Aurélie a eue «vraiment comme il faut, pas de problème». Puis, «j’abrège, hein», précise le retraité, «elle a rencontré son chéri presque depuis l’enfance», Alexandre K.. Un troisième compagnon…


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