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Dans le viseur du président, la plateforme est accusée de disposer d’un avantage concurrentiel sur les autres plateformes et les chaînes de télévision en matière d’investissements dédiés à la création.
Par Valentin Etancelin avec AFP

VALERY HACHE / AFP
Emmanuel Macron, ici à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, au mois de septembre 2026.
EN BREF • Au sommet Lumière, Emmanuel Macron a expliqué vouloir soumettre YouTube aux mêmes obligations que les plateformes de streaming.
• Il appelle à un dialogue multilatéral pour financer les contenus locaux et mieux respecter les auteurs.
• Emmanuel Macron estime que YouTube doit entrer dans le même écosystème réglementaire.
Qui dit réunion inédite suppose proposition inédite. Dans les colonnes du magazine Variety, Emmanuel Macron a décidé d’épingler, ce mardi 8 septembre, YouTube dans son aide à la création française, suivant des annonces promulguées la veille au sommet Lumière pour préserver le cinéma face à la montée de l’IA et des géants du streaming.
« YouTube est très efficace, a déclaré le président. C’est de facto la plateforme par défaut dans de nombreux pays pour beaucoup de gens. Et il est tout à fait clair, qu’aujourd’hui, elle détourne un grand nombre de personnes des plateformes de streaming ou des grandes chaînes de télé où de grosses sommes sont investies dans la création. »
D’après lui, YouTube devance désormais Netflix sur plus de 20 marchés internationaux, rappelle le titre de référence sur l’industrie hollywoodienne. De fait, elle devrait être soumise au même écosystème que ses concurrents, dont Prime Video, HBO Max, Apple TV et Disney +, à qui il est aujourd’hui imposé d’investir dans la production locale, estime le chef de l’État.
220 participants
Ce lundi, ce dernier a réuni quelque 220 participants issus de 65 pays à Saint-Paul-de-Vence, dont les grands patrons des studios hollywoodiens ou du streaming, des exploitants nigérians ou mexicains, mais aussi des éditeurs de jeux vidéo, pour tenter de dégager l’horizon du cinéma mondial, assombri par la chute de la fréquentation.
Si l’IA a constitué le gros du sujet, YouTube - accusée en France de disposer d’un avantage concurrentiel sur les autres plateformes et les chaînes de télé - n’a effectivement pas été en reste. Emmanuel Macron a estimé qu’il fallait ouvrir le dialogue dans le cadre d’une approche multilatérale, conjointement avec d’autres pays.
L’idée ? Faire évoluer l’approche de la plateforme pour qu’elle participe au financement des « contenus locaux », a-t-il martelé (toujours chez Variety), tout en favorisant « davantage de créativité, davantage de créations et davantage de respect envers les auteurs », sans toutefois détailler davantage la proposition.
YouTube, « l’éléphant dans la pièce »
Un point de vue partagé par Rodolphe Belmer, patron de TF1. « L’éléphant dans la pièce, c’est vraiment YouTube », a tonné celui-ci lors d’un panel. Selon lui, la plateforme est compétitive sur le marché publicitaire parce qu’elle n’est pas soumise aux obligations de financement de la création française. « Il faut créer les mêmes règles pour tout le monde », a-t-il déclaré.
Aucun représentant de YouTube n’était présent lors de ce « Davos du cinéma », ce lundi. Pareil pour les grandes sociétés d’IA, pourtant au cœur des débats. Dans ce contexte, Gaëtan Brunel, président du CNC, a reconnu que « toutes les difficultés » ne pouvaient être réglées en une journée, mais a défendu la nécessité d’impulser un élan collectif, comme sur le climat.
« Nous avons besoin d’un nouveau multilatéralisme pour le cinéma et l’image animée. Cela veut dire qu’il faut s’attaquer à ces questions avec la même méthode qui a été appliquée au changement climatique », a-t-il soufflé, à l’issue d’une déclaration Lumière adoptée par 120 des participants. Elle compile vœux et engagements, mais sans effet contraignant.


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