Trois ans après les effroyables massacres terroristes du 7 octobre 2023 perpétrés par le Hamas, et la guerre d’anéantissement qui a suivi à Gaza, force est de constater que nous assistons à la fin d’un monde. Tout ce qui faisait la fierté revendiquée de notre conscience collective occidentale a volé en éclats sous nos yeux: un génocide, crime des crimes, s’est déroulé en direct dans un atroce spectacle dont le médecin survivant de l’Holocauste Gabor Maté a pu dire: «C’est comme regarder Auschwitz sur TikTok.»
Il convient de garder à l’esprit l’immense traumatisme provoqué en Israël et bien au-delà par l’ampleur et la barbarie des tueries du 7-Octobre. Ces attaques ont fait proportionnellement plus de victimes que les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et ont brutalement réactivé chez des millions de gens le souvenir de siècles de persécutions antisémites ayant culminé avec le génocide nazi. Impossible donc d’ignorer ce sentiment ancré dans une douleur ancestrale d’une lutte pour la survie devant une menace perçue comme existentielle. Si cette profonde angoisse est dès lors infiniment légitime, l’instrumentalisation éhontée qui en est faite par Benyamin Netanyahou et son gouvernement de suprémacistes messianiques ne l’est pas.


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