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Au procès d’OpenAI, Sam Altman contraint d'admettre qu'il lui est «arrivé de ne pas dire la vérité»

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Dernier multimilliardaire à témoigner à la barre, le PDG d’OpenAI a mené mardi un duel tendu avec l’avocat de Musk, Steven Molo.

Sam Altman a subi mardi les attaques répétées du camp Musk sur sa réputation d'insincérité, lors de son procès à Oakland (Californie), où le patron d'OpenAI s'est défendu d'avoir trahi la mission philanthropique du laboratoire d'IA derrière ChatGPT. Elon Musk, l'initiateur de ce grand règlement de comptes de la tech, accuse Sam Altman et ses cofondateurs d'avoir trahi la vocation non-lucrative d'OpenAI. Et d'avoir détourné ses dons de départ - 38 millions de dollars - pour bâtir un champion mondial privé de l'IA générative.

Sam Altman, quatrième et dernier multimilliardaire à avoir témoigné dans cette affaire (après Musk, le PDG de Microsoft Satya Nadella et le président d'OpenAI Greg Brockman), a mené mardi un duel tendu avec l'avocat de Musk, Steven Molo. «Êtes-vous totalement digne de confiance ?», attaque d'entrée l'avocat. «Je crois que oui», se crispe l'entrepreneur, conscient de sa réputation dans la Silicon Valley. Admiré pour son brillant parcours d'investisseur, Sam Altman a été débarqué par surprise de la tête d'OpenAI en novembre 2023, jugé non-transparent par son conseil d'administration. Soutenu par les employés, il avait été réintégré cinq jours plus tard. Mais les témoignages l'accusant d'avoir instauré une «culture toxique du mensonge» chez OpenAI sont restés.

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Début avril, un portrait-enquête du magazine New Yorker a consolidé l'image de manipulateur accolée à l'entrepreneur de 41 ans et posé la question : peut-on lui confier l'avenir de l'IA et de l'humanité ? Son domicile de San Francisco a depuis été visé par un cocktail Molotov.

«Je crois que je suis une personne sincère»

«Dites-vous toujours la vérité ?», le relance l'avocat, décidé à appuyer là où ça fait mal. «Je crois que je suis une personne sincère.» «Ce n'était pas ma question», presse Me Molo. Sam Altman marque une pause, la salle se fige : «Je suis sûr qu'il m'est arrivé, à un moment de ma vie, de ne pas le faire», concède-t-il. Sur sa droite, neuf citoyens américains observent la scène, chargés de déterminer qui croire dans cette querelle de magnats de la tech américaine.

En février 2023, cinq ans après le départ de Musk du conseil d'administration de la start-up, Altman lui écrit : «Je ne pense pas qu'OpenAI aurait vu le jour sans vous.» «J'ai changé de point de vue sur l'importance d'Elon», a-t-il expliqué mardi, justifiant ce SMS par la volonté faire cesser les attaques publiques de son ancien protecteur, mû par la «jalousie» au moment de l'explosion mondiale de ChatGPT.

Avant ce contre-interrogatoire pesant, Sam Altman s'était défendu, guidé par son avocat, contre l'accusation d'avoir «volé une organisation caritative», le leitmotiv de Musk. Près d'un milliard d'utilisateurs réguliers de ChatGPT et une entreprise valorisée à 850 milliards de dollars : «Cela ne correspond pas à ma conception de ce que signifie détourner une organisation philanthropique», a-t-il déclaré. «Je suis très fier du travail accompli (...) et du soutien dont bénéficie» la fondation d'origine, grâce au succès d'OpenAI. La fondation, accusée d'être une riche coquille vide, est devenue un actionnaire minoritaire de la structure commerciale.

La revanche de Musk

À l'été 2017, Elon Musk avait discuté en détail avec les cofondateurs d'un virage commercial d'OpenAI, indispensable pour lever les milliards nécessaires pour payer les ingénieurs et la puissance de calcul. Une victoire de la machine dans le jeu vidéo Dota2 venait de démontrer le potentiel, captant l'attention d'investisseurs. À l’époque, raconte Sam Altman, Elon Musk réclame «90% des parts». «Il a adouci ensuite, mais c'était toujours une majorité» absolue, et il «refusait de s'engager par écrit» à partager le pouvoir à terme. «Nous ne pensions pas que l'intelligence artificielle générale», un niveau hypothétique où l'IA dépasserait les capacités humaines, «devait être sous le contrôle d'une seule personne», a-t-il justifié.

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Depuis l'assignation judiciaire de Musk en 2024, OpenAI dénonce une manœuvre d'un concurrent revanchard. Lequel mène ses propres projets lucratifs d'IA avec xAI au sein de SpaceX, son géant spatial valorisé 1.250 milliards de dollars.

Au procès, entamé le 27 avril, le clan Musk a mis à mal la thèse de l'altruisme d'OpenAI, qui affiche toujours son ambition de développer une IA «bénéfique pour toute l'humanité». Le cofondateur Greg Brockman s'est fait malmener sur son journal personnel dans lequel il admettait vouloir «gagner de l'argent». Sa participation est désormais évaluée à 30 milliards de dollars. Sam Altman détient, lui, des parts indirectes dans OpenAI, via d'autres entités. Il est aussi accusé de conflit d'intérêts par des procureurs républicains, pour ses parts dans plusieurs partenaires d'OpenAI.

À lire aussi «Vous ne pouvez pas voler une organisation caritative» : Elon Musk règle ses comptes avec OpenAI

Elon Musk exige le retour d'OpenAI à son statut de fondation, ce qui l'obligerait à renoncer à ses investisseurs privés, comme Microsoft, Amazon ou Softbank, essentiels dans la course mondiale à l'IA. Le jury est censé débuter ses délibérations après les plaidoiries jeudi.

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