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Six grandes entreprises du secteur sont soupçonnées de s’être entendues pour relever leurs prix, au-delà de ce que justifiait la flambée des coûts et des matières premières.
Par Maxime Dhuin avec AFP

PHILIP FONG / AFP
Un « cartel des crèmes glacées » ? Les tarifs des glaces au cœur d’une enquête au Japon. (photo d’illustration dans une supérette de Tokyo le 17 juin)
Le terme peut prêter à sourire, mais les soupçons sont très sérieux. La Commission japonaise de la concurrence (JFTC) est sur la piste d’un possible « cartel des crèmes glacées », comme l’ont rapporté plusieurs médias locaux et internationaux – dont l’AFP et The Guardian. À l’approche de l’été, période faste pour les fabricants de glace, les autorités de la régulation nippones ont perquisitionné six grandes entreprises du secteur mardi 16 juin.
Meiji, Morinaga Milk Industry, Lotte, Ezaki Glico, Morinaga & Co. et Akagi Nyugyo sont « soupçonnées de s’être entendues » pour relever leurs prix, a déclaré ce mercredi à l’AFP une source proche du dossier. Cette dernière a indiqué que des perquisitions ont eu lieu dans les sièges sociaux de ces différentes entreprises.
Contacté par The Guardian, un responsable de la JFTC n’a pas souhaité communiquer sur les perquisitions, mais comme le rappelle le média britannique, les six entreprises concernées ont reconnu faire l’objet d’une enquête et assurent qu’elles collaborent pleinement. Cinq des entreprises concernées ont publié des communiqués indiquant que leurs bureaux avaient été perquisitionnés, rapporte pour sa part l’AFP.
Des évolutions de prix parallèles d’une marque à l’autre ?
Concrètement, des responsables des marques visées se seraient envoyé des courriels ou rencontrés pendant des années afin de coordonner le calendrier et l’ampleur des hausses de prix, a précisé cette source sous couvert d’anonymat. Le stratagème concernait des glaces et d’autres types de desserts glacés, selon l’agence Kyodo et le média public NHK.
Depuis environ 2022, les fabricants de glace ont augmenté chaque année leurs prix au détail à peu près à la même période, ont rapporté les médias locaux. La JFTC enquête également pour déterminer si ces entreprises ont profité de l’inflation pour relever les prix au-delà de ce qui était justifié par la flambée du coût des matières premières, selon l’agence de presse Kyodo News.
NHK a traité la polémique dans son journal télévisé du soir, rapporte The Guardian, selon qui un graphique a été diffusé pour montrer comment le prix de deux produits phares du secteur, dont des bouchées au chocolat de la marque Morinaga Milk, ont grimpé de façon parallèle à quatre reprises entre juin 2022 et septembre 2025.
Un marché très rentable dans un Japon qui se réchauffe
« Nous prenons cette affaire très au sérieux et coopérerons pleinement avec l’enquête de la Commission », a indiqué Morinaga Milk dans un communiqué sur son site, repris dans les médias britanniques, confirmant « une inspection sur site ». Natsuyo Suzuki, porte-parole d’Akagi Nyugo, a également confirmé à l’AFP que l’entreprise collaborerait avec les enquêteurs à la suite d’une « inspection sur place ».
Des sources proches du dossier ont indiqué au Guardian qu’il s’agissait de la première enquête de la JFTC sur les prix dans le secteur des crèmes glacées. Si l’autorité de la concurrence conclut à l’existence d’un cartel, elle devrait infliger une amende aux fautifs et les enjoindre d’améliorer leurs pratiques commerciales. L’affaire fait déjà grand bruit, à un moment où le marché des glaces se porte très bien au Japon.
Au cours de l’exercice budgétaire annuel clos en mars, les ventes de glaces dans l’archipel ont atteint un niveau record de plus de 660 milliards de yens (3,55 milliards d’euros), selon l’Association japonaise des fabricants de glaces, alors que le pays a connu en 2025 l’été le plus chaud depuis le début des relevés en 1989.
Comme le rappellent la BBC et The Guardian, cette évolution des températures est telle que les autorités ont inventé un nouveau terme, « kokusho-bi », qu’on peut traduire par « cruellement chaud » et qui désigne désormais les journées où le mercure dépasse les 40 °C.


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