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Des bracelets permettent de quantifier précisément la consommation de chacun. Une économie bienvenue avant le pic de consommation d’eau potable attendu le 15 août en Charente-Maritime.
Sept minutes pour se laver, deux fois par jour. Pas une de plus. Sur la touristique île d'Oléron, touchée comme l'essentiel du pays par la sécheresse, un système de bracelets connectés limite le temps de douche dans un camping pour économiser l'eau. «L'eau ne coule pas en continu. Toutes les 30 secondes, il faut rappuyer sur le bouton. En dessous de cinq minutes, le symbole de planète clignote en vert. Ensuite il passe à l'orange puis au-delà de six minutes, au rouge, avant de se couper à sept minutes», énumère Cyril Dubreau, gérant des Flots-Atlantique, à Saint-Pierre-d'Oléron (Charente-Maritime).
Après une importante fuite d'eau en 2024, il a «cherché des solutions innovantes» pour rénover son bloc sanitaire l'été dernier. Avant d'investir 10.000 euros dans ces bracelets permettant de quantifier précisément la consommation de chacun, «nous n'avions pas de données en dehors des chiffres des factures», dit-il. «C'est un gain pour nous, mais c'est aussi important de sensibiliser les campeurs aux économies d'eau», par «respect de la nature», souligne-t-il.
5% de râleurs
L'initiative est «bien accueillie, hormis par 5 % de râleurs», estime-t-il. Pascal Mahu, 57 ans et habitué des lieux «depuis trente-cinq ans», trouve «ça très bien». «Sept minutes, c'est largement suffisant, même en faisant un shampoing». «Moi, je n'ai jamais été dans le rouge», sourit Jeanelle, 12 ans. «C'est bien de limiter parce qu'on fait moins la queue pour aller se doucher.» Cyril Dubreau acquiesce. «Certains restaient quinze minutes dans la douche, parfois trente. Les gens se plaignaient de l'attente», relève-t-il, avant de sortir son graphique hebdomadaire.
Du 5 au 12 août, le temps moyen d'une douche dans son camping est précisément de 4 minutes et 11 secondes. Une économie bienvenue avant le pic de consommation d'eau potable attendu le 15 août en Charente-Maritime, où la population est parfois multipliée par dix en été, notamment sur les îles de Ré et d'Oléron.
«Nous sommes très vigilants par rapport au week-end qui arrive. Notre système de production d'eau potable fonctionne mais il est au taquet. Nous avons peu de marge (...) Il faut donc économiser l'eau de manière pragmatique et les campings sont de gros consommateurs», explique à l'AFP Jérôme Pithon, directeur adjoint d'Eau 17, l'autorité organisatrice des services d'eau en Charente-Maritime qui mène des actions de sensibilisation dans ces établissements.
«Nous sommes mobilisés sur ce sujet», souligne Nicolas Dayot, président de la FNHPA (Fédération nationale de l'hôtellerie de plein air), évoquant par exemple le lancement, en avril 2025, d'un plan de sobriété hydrique de la filière «pour massifier les bonnes pratiques». «L'objectif est d'économiser, à l'horizon 2030, 7 millions de mètres cubes par saison, tout en préservant une qualité d'accueil touristique optimale», assure-t-il. La sensibilisation du client est une «priorité», ainsi que l'installation de nombreux «petits outils»: mousseurs sur les robinets, pommeaux de douches économes, douches avec minuteurs, systèmes de détection des fuites, etc.
Réutiliser les eaux usées
«La saison prochaine, nous allons installer un écran donnant en temps réel la consommation d'électricité et d'eau dans chaque mobil-home. Il n'y aura pas de limitation mais un bonhomme qui changera de couleur», illustre le gérant du camping oléronais, qui a également instauré cette année des compteurs connectés pour repérer les fuites au plus vite.
«Des travaux plus conséquents peuvent aussi être menés, entre autres sur la réutilisation des eaux usées», poursuit le président de la FNHPA. «Des campings des Pyrénées-Orientales ont par exemple été pilotes en mettant l'eau de lavage des filtres des piscines, habituellement jetée, dans des cuves de récupération pour la donner aux pompiers en vue d'éteindre des incendies», explique-t-il.
Reste à pouvoir généraliser ces différentes initiatives. «Il faut embarquer tout le monde au niveau national, y compris ceux qui n'ont pas la fibre écologique (...) Nous avons recruté des chargés de mission cofinancés par les Agences de l'eau pour décharger les gérants de leurs tâches administratives imputables à la mise en place de ces mesures», indique le responsable.


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