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L’année s’est ouverte sur les chapeaux de roues, gracieuseté du locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump. Elle s’annonce porteuse de nouvelles occasions — mais aussi de nouveaux périls — pour chacun des partis politiques à Ottawa. Tour d’horizon.
En réserve pour prêter main-forte au Parti québécois (PQ) lors des élections québécoises cet automne, le Bloc québécois doit en plus être prêt pour un possible match revanche contre les libéraux de Mark Carney, ce qui pourrait lui donner des maux de tête dans la prochaine année.
Son chef, Yves-François Blanchet, ne s’en cache pas : il se prépare pour une nouvelle bataille électorale en 2026. « Survivre au printemps sera un grand défi pour les libéraux », a-t-il récemment affirmé lors d’une entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne.
Si tous les élus d’opposition avaient voté comme ceux du Bloc québécois sur le dernier budget fédéral, les électeurs de tout le Canada auraient déjà été appelés aux urnes, en plein temps des Fêtes. Le gouvernement libéral minoritaire reste encore à la merci des partis d’opposition qui ont le pouvoir, collectivement, de provoquer sa chute.
Les stratèges bloquistes se préparent à ce qu’un tel scénario survienne dès le printemps prochain, ou encore un peu plus tard, à l’été ou à l’automne. En pleine année électorale au Québec. Cela créerait toute une pression sur l’organisation du Bloc québécois et sur ses militants, qui sont souvent les mêmes personnes qui prêtent main-forte au PQ, son parti frère.
« Les deux partis sollicitent les mêmes gens pour garnir leurs caisses électorales », ajoute Eric Montigny, professeur au Département de science politique de l’Université Laval. Yves-François Blanchet promet d’ailleurs de se mettre au service de son allié, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon, si ce dernier a besoin de lui d’ici au scrutin québécois du 5 octobre prochain.
Retour à la première période
Lors de la dernière campagne électorale, le Bloc québécois a créé d’importantes tensions avec le Parti québécois en proposant de collaborer avec le premier ministre du Canada pour les négociations commerciales difficiles avec les États-Unis.
« La posture de Paul St-Pierre Plamondon est beaucoup plus antisystème que celle d’Yves-François Blanchet, analyse Eric Montigny. Comment vont-ils pouvoir coordonner leur stratégie, sur le plan du positionnement ? Est-ce que le Bloc peut cesser toute collaboration avec le gouvernement pour préparer le terrain à l’élection québécoise ? […] C’est ce que nous allons surveiller en 2026. »
Ce rendez-vous politique est d’autant plus important pour le mouvement souverainiste que le Parti québécois est en bonne posture pour remporter une majorité de sièges à l’Assemblée nationale, selon les sondages. Un nouveau référendum sur l’indépendance du Québec est promis dans un premier mandat du PQ.
Lors d’une entrevue éditoriale au Devoir, en janvier 2025, le chef du Bloc québécois avait comparé l’élection d’une forte députation souverainiste à Ottawa à la première période d’une partie de hockey ; les deux autres étant l’élection du Parti québécois, puis un référendum gagnant.
Le parti souverainiste à Ottawa a plutôt perdu le tiers de ses 33 sièges à l’issue de la campagne électorale difficile du printemps dernier. Les pertes ont été enregistrées principalement dans les banlieues de Montréal, davantage convaincues par la promesse du nouveau chef libéral de se mesurer au gouvernement Trump aux États-Unis.
Revanche sur Mark Carney
Le chef du Bloc compte regagner le cœur des électeurs perdus en dénonçant l’entente controversée conclue entre Ottawa et l’Alberta pour la construction d’un pipeline vers le Pacifique. La démission de l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault lui donne envie de sabrer le champagne.
Les bloquistes insistent sur le peu de progrès réalisés pour amadouer le président américain, qui tient toujours autant à ses droits de douane imposés au Canada. Le dénouement imprévisible de la crise commerciale pourrait avoir des conséquences sur l’appui à la souveraineté du Québec.
Yves-François Blanchet affichait l’an dernier sa préférence à ne proposer la souveraineté qu’une fois que la paix commerciale serait retrouvée avec les Américains. Il affirme aujourd’hui que plus personne ne croit à « la fable du 51e État », selon laquelle le président Trump menaçait le Canada d’annexion.


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