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Alors que le Québec et la Nouvelle-Écosse tentent eux aussi de s’adapter à leurs nouveaux systèmes informatiques en santé, la province de Terre-Neuve-et-Labrador poursuit le déploiement de CorCare, son nouveau système médical numérique.
Depuis un peu plus de deux semaines, le nouveau système est en fonction dans la province.
Les Services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador ont tenu un point de presse mercredi matin afin de faire le point sur la situation, alors que plusieurs patients et professionnels de la santé ont rapporté des retards et des difficultés d’utilisation.
Une situation qui, selon les autorités sanitaires, était anticipée et temporaire avant un retour progressif à des opérations normales.
Rappelons que CorCare a été déployé simultanément dans l’ensemble de la province, sans toutefois obliger tous les médecins à l’utiliser. Le système vise à offrir aux professionnels de la santé et aux patients un dossier médical numérique unique et partagé, dans le but d’améliorer la continuité et la sécurité des soins.
Les autorités avaient promis qu’aucun rendez-vous ne serait annulé en raison du lancement et que les services essentiels se poursuivaient normalement dans toute la province.
Un déploiement efficace et sécuritaire?

Le directeur général intérimaire des Services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, Ron Johnson
Photo : Radio-Canada / Mark Cumby
Le mois dernier, des médecins de partout dans la province avaient exprimé leurs inquiétudes face à ce nouveau système, estimant qu’il pourrait nuire aux patients et même pousser certains professionnels à quitter la province.
Plus de 250 médecins avaient signé une pétition demandant un déploiement progressif.
Le directeur général intérimaire des Services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, Ron Johnson, s’est voulu rassurant lors du point de presse, affirmant que ce choix de déploiement en une seule phase était la bonne. Il reconnaît toutefois que des retards peuvent survenir en raison de la période d’adaptation.
Le chef du NPD de Terre-Neuve-et-Labrador, Jim Dinn, estime toutefois que le système aurait dû être implanté par phases afin de faciliter l’adaptation du personnel et des patients.

Lori Lee Oates a attendu près d'une journée à l'urgence à Terre-Neuve-et-Labrador. Un temps d'attente important en raison de l'implantation de CorCare, selon elle.
Photo : CBC/Mark Quinn
Certains patients rapportent toutefois des expériences difficiles. C’est le cas de Lori Lee Oates. Elle dit avoir fréquenté régulièrement les urgences au cours des 10 dernières années en raison de l’état de santé de ses parents. Depuis l’arrivée de CorCare, elle affirme toutefois avoir constaté des délais importants.
Elle raconte notamment un épisode où sa mère aurait possiblement subi un accident vasculaire cérébral. Après une longue attente à l’urgence, elle aurait quitté l’hôpital pour tenter d’obtenir des soins ailleurs.
Un constat partagé par certains travailleurs de la santé rencontrés à l’hôpital, toujours selon son témoignage.
Mon docteur de la gorge que j’ai rencontré la semaine dernière m’a parlé d’une bombe lancée dans le système de santé. Il m’a dit que ça lui a pris 6 heures pour voir trois patients.
Elle se dit inquiète que certains patients puissent subir des retards dans leur prise en charge en raison de l’implantation de CorCare.
Un retour à la normale attendu
De son côté, Ron Johnson maintient que la situation est transitoire et que le système permettra, à terme, d’améliorer les soins et de réduire les délais.
On croit qu’en quatre semaines, des améliorations seront significatives. Dès la semaine prochaine, on devrait être là où on était.
Il précise que le volume de patients aux urgences demeure stable, même si les délais pour voir un médecin ont été plus longs lors de la première semaine suivant le déploiement. Aucun chiffre précis n’a toutefois été fourni.
Il ajoute que ces variations étaient prévisibles, certaines régions s’adaptant plus rapidement que d’autres.
Ça va changer, ça va changer, a-t-il insisté, en soulignant que la période actuelle d’adaptation est temporaire et nécessaire.
Les autorités rappellent que de nombreux outils de soutien ont été mis en place comme des lignes d’aide, de la formation, des experts sur le terrain et du soutien technique pour accompagner les travailleurs de la santé durant la transition.
Des bénéfices à long terme, selon les médecins

La Dre Joy Greenland était présente lors du point de presse au sujet de l'implantation de CorCare le 13 mai 2026 à Saint-Jean de Terre-Neuve.
Photo : Radio-Canada / Marie-Eve DuSablon
La Dre Joy Greenland souligne que le système permet désormais un accès en temps réel aux dossiers des patients, même à distance, ce qui facilite l’ajustement des traitements.
Le système CorCare est déjà utilisé dans d’autres provinces canadiennes, dont l’Alberta et l’Ontario, ainsi qu’aux États-Unis.
Le Dr Andrew Hunt, médecin de famille et urgentologue à Twillingate, affirme avoir déjà pu consulter des dossiers de patients provenant d’autres provinces, améliorant ainsi la continuité des soins.
Selon la vice-présidente des services médicaux et chef du personnel médical des Services de santé de Terre-Neuve-et-Labrador, Gina Bugden, le système permet d’éviter les pertes d’information liées aux anciens processus papier.
Elle souligne qu’auparavant, un document pouvait être égaré sans que personne ne le sache, alors qu’avec le système électronique, les informations sont désormais centralisées et accessibles.
Les autorités de santé affirment que les difficultés actuelles sont temporaires et liées à la phase d’apprentissage du système. Elles insistent sur les gains à long terme en matière de sécurité, de coordination et d’efficacité des soins.
Ron Johnson dément également toute perte de tests ou de données depuis le déploiement.


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