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L’entreprise ArcelorMittal Dofasco a discrètement prolongé de 22 ans l’échéancier pour l’abandon du charbon au profit de la production d’acier « décarboné » à Hamilton, indique un document du gouvernement fédéral. La cible est désormais en 2050, plutôt que 2028.
Le plus grand émetteur de gaz à effet de serre en Ontario recevra aussi 50 millions $ de plus d’Ottawa pour le projet, selon un amendement publié en ligne en mars dernier par le fédéral, après l’imposition de droits de douane américains sur l’acier. En vertu du changement, la contribution d’Ottawa atteindra 450 millions $.
Le gouvernement a donné un genre d’échappatoire à l’entreprise lui permettant de poursuivre ses émissions [de gaz à effet de serre], dit Evan Ubene, de l’organisme Environment Hamilton.
Dans une déclaration, ArcelorMittal Dofasco affirme que l’échéancier a été prolongé, mais que ses ambitions et ses intentions n’ont pas changé. Les 50 millions $ supplémentaires sont nécessaires pour un changement de configuration technique dans les plans du module de fer de réduction directe.
M. Ubene affirme qu’il a pris connaissance des changements en ligne en cherchant à obtenir une mise à jour du projet, ce qui contraste avec l’annonce de la transition en 2022, qui a eu lieu devant les caméras et en présence du premier ministre Justin Trudeau.

L'usine d'ArcelorMittal Dofasco a été touchée par les tarifs douaniers. (Photo d'archives)
Photo : (Mark Blinch/Reuters)
À ce moment, des représentants de l’entreprise, M. Trudeau et son homologue ontarien, Doug Ford, ont tous dit que l’entreprise déclasserait ses hauts fourneaux et ses deux usines de coke pour les remplacer par la production de fer à réduction directe et des fours à arc électrique d’ici 2028, de manière à réduire les émissions.
La province et la compagnie ont alors promis d’investir 1,8 milliard $ dans le projet.
Au lieu de dépendre du charbon, l’aciérie serait alimentée par le gaz naturel et éventuellement par l’hydrogène, réduisant ainsi les émissions de gaz à effet de serre de 60 % et les polluants atmosphériques, ont dit les représentants de l’entreprise en 2022.
Le ministère ontarien du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce fait savoir qu’ArcelorMittal Dofasco n’a rien dépensé des 500 millions $ réservés par la province pour les fours à arc électrique.
Nous continuons de travailler de près avec ArcelorMittal Dofasco et les autres compagnies dans le secteur de l’acier afin de nous assurer qu’ils sont en mesure de profiter du marché local et de trouver des marchés à l’étranger pour l’acier produit en Ontario, dit la porte-parole du ministère, Christy Arnold.
La production de fer déplacée au Québec
L’organisme fédéral Innovation, Sciences et Développement économique Canada a dit à CBC Hamilton qu’il s’attendait encore à ce que l’entreprise fasse la transition des hauts fourneaux aux fours à arc électrique et qu’elle réduise les émissions de gaz à effet de serre de 3 millions de tonnes, comme prévu.
Le seul changement, selon le porte-parole Riyadh Nazerally, est que la production de fer de réduction directe n’aura pas lieu à l’usine de Hamilton, mais plutôt à l’usine d’ArcelorMittal Dofasco de Contrecoeur, au Québec.
Les répercussions de cette décision sur les emplois à Hamilton sont inconnues. Les premiers documents de subvention du gouvernement fédéral indiquaient que le projet de transformation mènerait à la création de 4600 emplois à temps plein au Canada. L’amendement mentionne maintenant que le projet soutiendra des milliers d’emplois pendant les phases d’ingénierie et de construction.
Le gouvernement fédéral affirme que l’échéancier a été prolongé afin de refléter la période contractuelle entière, mais que le projet se terminera néanmoins en 2028. Dans sa déclaration, ArcelorMittal Dofasco n'a rien dit au sujet du fer de réduction directe.
Personne ne sait ce qui est vraiment prévu
L’amendement a ajouté du langage édulcoré et vague, déplore M. Ubene. Personne ne sait ce qui est vraiment prévu, dit-il. Quand ils continuent de retarder [le projet], les résidents de Hamilton continuent de respirer cet air.
Le plan initial indiquait que le projet se servirait de pratiques de fabrication de l'acier plus modernes, mais l’année dernière, le projet a été modifié et indique maintenant que l’usine remplacera ses fours et ses usines de coke, sans spécifier par quoi.

Jochen Bezner, un membre du comité communautaire de l'entreprise.
Photo : Radio-Canada / Samantha Beattie
Il n’est pas clair si l’entreprise continuera de produire du fer à l’aide de ses usines de coke à Hamilton ou si tout sera obtenu du Québec. C’est très inquiétant qu’on ait enlevé la mention [du fer de fer de réduction directe et des fours à arc électriques]. Cela rend l’entente du projet moins claire, dit M. Ubene.
Lors d’une rencontre communautaire en octobre, l’entreprise a dit que son projet avait traversé plusieurs phases d'ingénierie et qu’elle faisait des progrès avec précaution en raison des tarifs sur l’acier. Elle n’a annoncé aucune mise à jour importante, même si l’amendement était entré en vigueur huit mois plus tôt.
Jochen Bezner, un membre de longue date du comité communautaire de Dofasco, affirme qu’on ne l’a jamais informé du changement majeur au projet, même s’il participe à des rencontres trimestrielles avec l’entreprise.
[Dofasco] et le gouvernement fédéral nous doivent une réponse et des clarifications par rapport à ce que tout cela signifie, dit-il. La prochaine rencontre communautaire a lieu le 20 janvier.
Avec les informations de Samantha Beattie de CBC


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