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Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les personnes tuées, a précisé l’autorité de l’aviation civile saoudienne. Cette attaque est la plus meurtrière qu’ait connue le royaume depuis plus de dix ans.
L’aéroport de la capitale saoudienne, Riyad, le 19 septembre 2026. L’Arabie saoudite n’avait pas connu une attaque aussi meurtrière depuis plus de dix ans. Au moins 12 personnes ont été tuées et 309 autres blessées dans une attaque contre l’aéroport de Riyad, samedi 10 octobre, imputée aux combattants pro-iraniens houthistes, ont annoncé les autorités saoudiennes.
Quatre Saoudiens et huit étrangers, dont un Américain, figurent parmi les personnes tuées, a précisé l’autorité de l’aviation civile saoudienne dans un communiqué. « Ce qui s’est passé en Arabie saoudite n’est pas acceptable », a réagi le président américain, Donald Trump, samedi soir, annonçant qu’il allait s’entretenir avec le prince héritier Mohammed Ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.
Cette attaque est la plus meurtrière qu’ait connue le royaume depuis août 2015, quand un attentat suicide du groupe djihadiste Etat islamique (EI) avait fait 15 morts dans une mosquée d’Abha, dans le sud du pays.
« L’attaque qui a visé samedi l’aéroport international (…) a fait 12 morts, dont quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Egyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais », a fait savoir l’autorité de l’aviation civile dans un communiqué publié sur X. « L’attaque a également fait 309 blessés », dont certains souffrent de « blessures graves », a-t-elle ajouté, faisant aussi état de « dégâts matériels ».
Des médecins appelés en urgence
La coalition militaire menée par l’Arabie saoudite en soutien au gouvernement internationalement reconnu du Yémen a accusé les combattants houthistes d’avoir mené l’attaque contre l’aéroport, dénonçant « un crime de guerre » auquel elle répondra « avec fermeté ».
La coalition avait également annoncé, dans la soirée, la chute d’un projectile, près de l’aéroport de Dammam, dans l’est du royaume. Cet aéroport est − avec celui de Jeddah, dans l’ouest du pays − une alternative à l’aéroport de Riyad, fermé depuis samedi. Un autre projectile a été intercepté au sud-est de Riyad.
Dans la capitale, les médecins ont été appelés d’urgence à se rendre dans les hôpitaux pour soigner les blessés. Plusieurs ambassades occidentales ont recommandé à leur personnel d’éviter l’aéroport pendant une semaine, selon une source diplomatique interrogée par l’Agence France-Presse (AFP). L’attaque « constitue une grave escalade », a affirmé samedi l’émissaire des Nations unies pour le Yémen, Hans Grundberg, en accusant les houthistes.
Les combattants pro-iraniens du Yémen avaient déjà revendiqué, mercredi et jeudi, des frappes contre l’aéroport. Trois Saoudiens, dont un pilote, avaient péri jeudi dans ces attaques. La veille, un Egyptien, un Algérien et un Soudanais avaient été tués.
« Situation d’urgence grave »
L’ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad, ces derniers jours, sont sans précédent depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les houthistes aux forces gouvernementales yéménites, qui avaient reçu le soutien militaire d’une coalition militaire conduite par l’Arabie saoudite à partir de 2015.
Ces frappes surviennent peu avant la tenue, en octobre, dans le royaume, de la grande conférence annuelle sur l’investissement, qui attire des dirigeants étrangers et des figures majeures du monde des affaires.
De nombreuses ambulances se sont ruées vers l’aéroport. « On nous a indiqué que nous faisions face à une “situation d’urgence grave”. Des blessés sont transférés vers différents hôpitaux de la capitale », a témoigné auprès de l’AFP une source médicale à Riyad. Deux médecins ont déclaré à l’AFP que plusieurs pèlerins figuraient parmi les blessés. L’Arabie saoudite, deuxième exportateur de brut mondial, reconnaît relativement rarement que des frappes ont touché des cibles civiles.
Incertitude au sujet d’une intervention américaine
Selon des médias américains, le royaume a demandé plusieurs fois récemment aux Etats-Unis de l’aider à contrer les houthistes qui ont lancé une offensive éclair en septembre au Yémen, où ils ont pris le littoral sur la mer Rouge et renforcé leur emprise sur le détroit stratégique de Bab El-Mandeb, déclenchant une contre-offensive des forces yéménites.
Interrogé plus tôt samedi par des journalistes à la Maison Blanche, pour savoir si Washington allait participer aux frappes contre les combattants pro-iraniens, le président américain, Donald Trump, a répondu : « C’est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d’apprendre cette récente attaque [à Riyad], nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement. »
Des sources militaires du camp gouvernemental au Yémen ont fait savoir samedi à l’AFP que les forces yéménites avaient progressé face aux houthistes dans la zone du détroit de Bab El-Mandeb, mais sans parvenir à sécuriser cette voie maritime qui a gagné en importance après que Téhéran a imposé des restrictions à la navigation dans celui d’Ormuz, de l’autre côté de la péninsule arabique.
Parallèlement aux frappes en Arabie saoudite, les combats se poursuivent au Yémen, avec plus de 400 morts depuis le lancement, lundi, de l’opération « Aube du Yémen » par les forces gouvernementales, avec l’appui des avions de combat de Riyad.
Le Monde avec AFP


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