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Appuis à T.-N.-L. pour l’interdiction des réseaux sociaux au moins de 16 ans

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Le projet de loi d'Ottawa visant à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 16 ans a des échos positifs à Terre-Neuve-et-Labrador, où les libéraux, qui forment l'opposition officielle, ont réclamé la même mesure le mois dernier.

Déposé mercredi par le ministre fédéral de l’Identité et de la Culture canadiennes, Marc Miller, ce projet de loi vise à obliger les plateformes de médias sociaux à vérifier l’âge de leurs utilisateurs, à empêcher les jeunes de 15 ans et moins de créer un compte et de contraindre les grandes entreprises à rendre des comptes quant aux risques que leurs services peuvent représenter pour les mineurs.

Le projet prévoit également la création d’un nouvel organisme de réglementation indépendant, la Commission canadienne de la sécurité numérique.

Soutien du côté politique

À Terre-Neuve-et-Labrador, le chef libéral John Hogan souhaite que sa province emboîte le pas au gouvernement fédéral afin de mieux protéger les jeunes contre les effets psychologiques et physiques néfastes associés à l’utilisation des réseaux sociaux.

Nous avions présenté une motion demandant essentiellement au gouvernement provincial d’examiner la possibilité de faire la même chose ici, dans notre province.

Selon lui, cette initiative renforce également la crédibilité de cette démarche et souligne l’urgence d’agir à Terre-Neuve-et-Labrador.

De voir le gouvernement fédéral embarquer dans cette démarche et prendre les bonnes mesures pour faire avancer certaines solutions, c’est très positif, et je pense que beaucoup de parents dans la province en sont également heureux, dit-il.

Pour le premier ministre Tony Wakeham, il s'agit d'une première étape et toutes les provinces semblent en accord avec cette proposition. Tous les députés de la Chambre d'assemblée à Saint-Jean ont d’ailleurs appuyé la motion à l’unanimité, exhortant le gouvernement à prendre des mesures concrètes.

On va suivre ce que fait le gouvernement, comme les autres provinces semblent aussi faire.

Le projet de loi d'Ottawa s'inscrit dans une tendance mondiale. Cette année, l'Australie, la France, la Norvège, la Grèce et l'Autriche ont d’ailleurs adopté ce genre de mesure.

M. Hogan se dit par ailleurs enthousiaste à l’idée des débats qui auront lieu à la Chambre des communes sur ce projet de loi.

Maintenant, c’est au gouvernement de voir s’il va prendre ces mesures et quelles mesures il va prendre.

Un problème plus grand qu’une loi

Selon lui, une seule loi ne suffira pas à régler le problème. C’est plutôt une prise de conscience collective qui est nécessaire face à ces enjeux.

Il estime qu’une approche à plusieurs volets s’impose, notamment par la sensibilisation. Il faut encourager les jeunes à développer un regard critique sur les aspects négatifs des médias sociaux et inciter les parents à prendre part à cette réflexion et à ces discussions.

John Hogan.

Le chef du Parti libéral de Terre-Neuve-et-Labrador, John Hogan, participe à une mêlée de presse devant la Chambre d'assemblée le 5 mars 2026.

Photo : Radio-Canada / Patrick Butler

Les jeunes sont un peu inquiets à l’idée de perdre leurs appareils, leurs tablettes ou leur possibilité de jouer à des jeux vidéo. Mais ils peuvent comprendre et s’adapter à l’idée que nous voulons les protéger contre les dangers potentiellement nocifs d’Internet. C’est notre responsabilité, ajoute M. Hogan.

Trouver des solutions collectivement

Pour Ariane Ollier-Malaterre, professeure et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la régulation du digital dans la vie professionnelle et personnelle, ce type de loi est essentiel, même si l’idée d’interdire l’accès aux réseaux sociaux aux jeunes peut sembler paradoxale.

C'est le centre de leur vie sociale. Ce qui fait qu' un jeune tout seul, si tous ses amis sont sur les réseaux sociaux, peut difficilement s'en priver.

C’est pourquoi cet enjeu doit être abordé d’une manière collective, selon elle.

La seule solution, c'est que l'ensemble d'une classe d'âge où il y a eu des initiatives, l'ensemble d'un village, l'ensemble d'une ville, l'ensemble d'un voisinage, l'ensemble d'une école décide de le faire ensemble, de sorte que la vie sociale, on ne la tue pas, simplement elle se transfère ailleurs mais en commun, affirme Mme Ollier-Malaterre.

Un écran de téléphone sur lequel on voit le logo de l'application Spotify, qui a les allures d'une boule miroir.

De multiples applications et réseaux sociaux sont disponibles en tout temps chez nos jeunes. (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Jessica Wong

Pour Mme Ollier-Malaterre, les principales difficultés concernent surtout les jeunes qui utilisent déjà les réseaux sociaux. À l’inverse, pour un enfant de 10 ans qui n’a jamais utilisé ces plateformes, l’instauration d’un âge minimal fixé à 16 ans sera beaucoup plus facile à accepter, d’autant plus si l’ensemble de sa génération est soumis à la même règle.

Cette restriction, toutefois, est loin d’être une interdiction complète : le projet de loi prévoit que les entreprises de médias sociaux pourront demander une exemption de la restriction d’âge s'ils mettent en place des mesures de sûreté suffisantes pour les enfants.

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