NE LAISSER PAS LE 5G DETRUIRE VOTRE ADN Protéger toute votre famille avec les appareils Quantiques Orgo-Life® Publicité par Adpathway
Ses références à l’Armageddon, brandies comme un argument géopolitique, pourraient influencer des décisions américaines au Moyen-Orient avec la légèreté d’une prophétie auto-réalisatrice.
Issue d’un milieu modeste marqué par la pauvreté, le suicide de son père et des abus durant l’enfance, Paula White a découvert à 18 ans que la foi pouvait être une excellente affaire commerciale. Elle a cofondé l’église Without Walls International Church à Tampa, Floride, qui a attiré jusqu’à 20 000 fidèles avant de sombrer dans la faillite en 2014 – une faillite, certes, mais pas la sienne. Aujourd’hui, elle dirige la City of Destiny Church à Apopka et partage sa vie avec Jonathan Cain, claviériste du groupe Journey, preuve que Dieu aime aussi le rock FM.
Ascension et ramifications : quand Dieu devient un lobbyiste
Paula White doit sa notoriété nationale à ses apparitions télévisées et à ses livres aux titres aussi vagues que prometteurs, comme Something Greater ou Dare to Be. Mais c’est évidemment sa proximité avec Donald Trump qui lui a ouvert les portes du pouvoir réel. Voisine du milliardaire à la Trump Tower, elle est devenue sa conseillère spirituelle personnelle dès les années 2000 – un poste qui, sous d’autres présidents, aurait paru absurde. En 2017, première femme pasteur à prononcer l’invocation lors d’une investiture présidentielle, elle offrait à l’Amérique un moment de télévision aussi solennel que ses émissions du dimanche matin. En 2019, elle intégrait le conseil consultatif sur la foi de la Maison-Blanche, et en février 2025, Trump la propulsait à la tête du nouveau White House Faith Office. Une consécration pour celle qu’on décrit justement comme une « figure quintessentiellement trumpienne » : divorcée deux fois, vivant dans un luxe tapageur et promouvant un évangélisme populiste où la foi devient un produit comme un autre.
Paula White ne néglige pas pour autant la politique étrangère, surtout quand elle rapporte des voix. Son soutien fervent à Israël, qu’elle considère comme une terre sacrée, lui assure la fidélité des évangéliques sionistes. Dans une vidéo où elle exprime son « honneur » de rencontrer Benjamin Netanyahou, elle affirme que le Premier ministre israélien et son épouse sont « choisis par Dieu » – une formule qui dispense évidemment d’examiner leur bilan politique. Israël est « sacré » pour elle, comme le sont les chèques des donateurs.
La conseillère religieuse de Trump lors d’une rencontre avec Netanyahou et sa femme:
« Je suis honorée de rencontrer les gens choisis par Dieu…Israël est sacré pour moi » pic.twitter.com/ypBWmhSHHc
— Desertup (@Desertup) March 14, 2026
Controverses en série : quand la brebis galeuse tond son troupeau
Les critiques pleuvent sur Paula White comme les bénédictions sur ses comptes bancaires. La « théologie de la prospérité » qu’elle promeut lui attire les foudres des chrétiens les plus cohérents, qui lui reprochent de transformer l’Évangile en machine à cash. Ses méthodes sont d’une créativité sans limite : elle propose à ses fidèles des « semences de résurrection » à 1 144 dollars ou des « anges personnels » pour la modique somme de 1 000 dollars – des tarifs qui laissent penser que le salut a un prix, et qu’il est indexé sur le dollar. Des enquêtes ont révélé qu’elle aurait utilisé des fonds d’église pour des chirurgies esthétiques, preuve que Dieu veut aussi que son visage reste présentable à la télévision. En 2007, après son divorce d’avec Randy White, l’église Without Walls s’est effondrée financièrement, tandis que des rumeurs d’une liaison avec Benny Hinn, autre célébrité de l’évangélisme people, alimentaient la chronique.
De nombreux chrétiens conservateurs la qualifient de « fausse enseignante », lui reprochant de déformer les Écritures avec une liberté qui ferait pâlir un prédicateur de foire. Ses exorcismes publics, où elle chasse des « esprits sataniques » en invoquant des forces angéliques dans des séances d’un irrésistible kitsch, sont devenus viraux. Millionnaire assumée, elle vit dans une villa qui ferrait pâlir de jalousie le plus prospère des marchands du Temple, et continue de réclamer à ses fidèles leur premier salaire mensuel pour obtenir des « bénédictions » – une pratique qu’on appelait autrefois de l’extorsion.
🇺🇸🇮🇱LA MONTÉE DE L’IRRATIONNEL
Y a-t-il un autre pays où la conseillère du chef de l’État pratique,comme ici,un exorcisme ?
Depuis la guerre contre🇮🇷,le discours public aux🇺🇸et en🇮🇱 évoque sans cesse l’Armageddon,le combat final entre Bien et Mal,etc.
Tout ça est très inquiétant. https://t.co/8O9TjJB5hd
— François Asselineau 🇫🇷 (@f_asselineau) March 14, 2026
L’inquiétant mélange des genres
Avec le retour de Trump au pouvoir, l’influence de Paula White n’a rien d’une anecdote. Son cocktail détonnant de religion, de politique et d’affaires pourrait amplifier des discours apocalyptiques directement inspirés de ses lectures sélectives de la Bible. Les références à l’Armageddon, brandies comme un argument géopolitique, pourraient influencer des décisions américaines au Moyen-Orient avec la légèreté d’une prophétie auto-réalisatrice. Des observateurs sérieux, du Guardian au New York Times, s’inquiètent de voir la foi instrumentalisée pour justifier n’importe quelle aventure politique, pendant que Paula White continue d’empocher les dividendes de cette confusion soigneusement entretenue.
Paula White incarne ainsi le rêve américain version télévangélique : partie de rien, devenue millionnaire en promettant aux pauvres ce qu’elle seule a réussi à obtenir – l’argent des autres. Ses controverses ne sont pas des accidents de parcours, mais la structure même de son entreprise. Dans un monde où les discours extrêmes prospèrent sur la misère intellectuelle et matérielle, elle nous rappelle que le plus sûr chemin vers la fortune reste encore de vendre du rêve à ceux qui n’ont que leur foi à perdre.
Un précédent : l’Église catholique
Le père George Zabelka fut le soutien spirituel de l’unité de l’US Air Force en charge du déploiement de la bombe atomique au Japon. Sans être militariste, l’aumônier estime, comme de nombreux contemporains, que l’usage de la bombe atomique est acceptable pour mettre fin au conflit mondial. Il a donc donné la bénédiction du Seigneur à ceux qui s’apprêtent à larguer Little Boy and Fat Man les 6 et 9 août 1945. Il s’en est ensuite repenti.


2 month_ago
14

























.jpg)






French (CA)