• Accueil
  • Société
  • Maladie d’Aujeskzy : quel est ce virus inquiétant qui tue les chiens de chasse ?

La Fédération nationale des chasseurs et l’Ordre des vétérinaires cherchent à recenser cette maladie qui tue des dizaines de chiens chaque année en France.

Élodie Bécu - Aujourd'hui à 08:30 - Temps de lecture :

La maladie d’Aujeskzy est une infection mortelle pour le chien. Photo d'illustration Sipa/Romuald Meigneux La maladie d’Aujeskzy est une infection mortelle pour le chien. Photo d'illustration Sipa/Romuald Meigneux

Traquer le virus qui tue les chiens de chasse. C’est l’objectif d’une vaste campagne de prévention lancée à l’ouverture de cette saison de la chasse par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et l’Ordre national des vétérinaires. La maladie d’Aujeszky est une infection virale mortelle pour le chien, transmise par le sanglier. Le virus attaque le système nerveux central, provoque d’intenses démangeaisons qui amènent le chien à se gratter jusqu’à se mutiler, résume Christophe Hugnet, vétérinaire.

La maladie d’Aujeskzy touche officiellement « entre 40 et 60 chiens par an, mais beaucoup de cas ne sont pas recensés », explique Anne de Galard, vétérinaire à la Fédération nationale des chasseurs. « Une inquiétude grandit au sujet de cette maladie, sans que l’on puisse bénéficier de chiffres précis. Nous avons donc lancé, pour l’ouverture de la saison de la chasse 2026, une campagne de sensibilisation des vétérinaires et un appel à recenser les cas pour mieux comprendre les animaux infectés », précise-t-elle.

« Des cas sont décrits un peu partout en France sur des chiens de chasse, sans qu’on puisse pour l’instant avoir les moyens d’identifier le nombre et l’exacte répartition sur le territoire. C’est pourquoi nous avons mis en place un réseau de surveillance épidémique pour les animaux de compagnie », détaille Christophe Hugnet, membre de l’Ordre des vétérinaires. Les chiens malades sont répertoriés « surtout des zones avec une forte densité en sangliers : l’est, le centre et le sud de la France. Dans la Drôme, le virus circule de manière importante dans le sud du département et dans le Nord Vaucluse. Ce n’était pas forcément le cas il y a 10-15 ans. Est-ce lié à des populations de sangliers plus importantes ? À des mouvements de sangliers ? », s’interroge le vétérinaire.

La quête d’un vaccin

C’est à ces questions - entre autres - que permettra de répondre le suivi au plus près du terrain des cas de chiens malades. « Cette campagne permettra de tracer la présence du virus, de mieux connaître la maladie, de savoir où elle circule réellement », poursuit Anne de Galard. « Une meilleure connaissance de la pathologie permettrait d’avoir un nombre de cas précis, d’identifier clairement les zones où circule le virus pour prendre des mesures de prévention et d’intéresser éventuellement un laboratoire à la fabrication d’un vaccin, qui n’existe aujourd’hui que pour le porc », analyse la vétérinaire. En attendant mieux, une convention a été signée entre la FNC et l’Ordre national des vétérinaires afin de faciliter la vaccination des chiens avec le seul vaccin autorisé à cet usage en France qui est un vaccin Porcin.

Articles les plus lusSociété