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Signée David Hourrègue, cette minisérie fantastique Prime Video et France 2 interroge l’adolescence, le deuil et la filiation.
Dernière-née de l’imaginaire prolifique de David Hourrègue, cette relecture contemporaine du folklore celte par le prisme du fantastique et de la pop culture, due au jeune scénariste Bastien Dartois, s’assume comme encore trop peu de séries françaises osent le faire. Située entre l’Ille-et-Vilaine et le Finistère, inspirée des mythes d’Anaon (les âmes des défunts) et du Bugul Noz (le berger de la nuit), Anaon est une coproduction Prime Video et France 2.
La série a pour point de départ la disparition d’une adolescente, sur fond d’apparitions mystérieuses, en lien, probablement, avec une créature, ou une personne qui se cacherait sous le costume de cette créature… Les six épisodes s’attachent à suivre l’enquête. Mais pas seulement.
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Filiation, deuil, adolescence
Comme souvent chez David Hourrègue, ils creusent, autour de la relation entre Maximilien Sendac (Guillaume Labbé), le flic, et sa fille Wendie (Capucine Malarre), les thèmes de l’adolescence, de la filiation, de la résilience, de l’amour et du deuil. « Je m’étais juré, après Skam, d’éviter les histoires un peu adolescentes. Mais j’ai trouvé tout ce que j’aime dans cette histoire : le croisement parfait entre les références qui m’ont construit en tant que cinéphile et réalisateur, et toute une zone intime qui faisait directement écho à des choses que j’avais pu traverser », se souvient le réalisateur.
« Le sous-texte de cette intrigue, c’est surtout la relation entre ce père et sa fille, qui doivent réapprendre à dialoguer après la mort de celle qui était leur pilier. C’est la question de la reconstruction », note aussi le producteur. Tous avaient aussi pour ambition de proposer au public un produit novateur et différent. Si la création française montre encore quelque frilosité à recourir au fantastique, genre réputé trop cher, trop casse-gueule, trop populaire, voire trop américain, le choix du fantastique permet de repousser les limites par la fantasmagorie.
Des emprunts assumés
Elle ajoute au caractère mystérieux de l’œuvre, lorgne sur la fantasy, force les verrous de la psyché et autorise des décors, des lumières et des paysages encore inédits. « Le fantastique s’épanouit aussi bien dans les productions à gros budget que dans les œuvres réalisées avec trois francs six sous. On peut tout baser sur les effets spéciaux, le spectaculaire et les stars internationales. On peut aussi réaliser des merveilles avec un seul acteur, une seule idée, par exemple celle du basculement dans la folie, et une certaine manière de l’expliciter ou, justement, de ne pas l’expliciter pour mieux laisser au spectateur le loisir de la matérialiser », rappelle le spécialiste Nicolas Stanzick.
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Anaon, comme avant elle, Esprit d’hiver, Abysses, Parallèles ou la récente Rivages, du même David Hourrègue, cherche et trouve son identité. Des emprunts assumés au blockbuster de Netflix, Stranger Things, des hommages au grand cinéma fantastique des années 1980-1990, façon Steven Spielberg ou Guillermo del Toro, un étrange château d’eau, des gamins qui souffrent, leurs parents aussi, l’attente insupportable. Rien de très novateur finalement, ni dans la forme ni dans le fond, et une interprétation parfois inégale, mais une mise en scène réussie, servie par un sens du cadrage et de la lumière maîtrisé. La bande-son, en outre, est parfaite.
Présentée à Séries Mania 2025, elle y a été favorablement accueillie.


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