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Hambourg accuse un ancien officier ukrainien de sabotage des gazoducs Nord Stream
Publié le 17.10.2026 à 09h57 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 4mn
Lors du procès du sabotage des gazoducs Nord Stream, ouvert le 14 octobre à Hambourg, le parquet fédéral accuse un ancien officier ukrainien d’avoir dirigé l’opération pour le compte d’entités étatiques de son pays. L’accusation estime que les conduites n’étaient pas des cibles militaires légitimes.
L’ancien officier ukrainien Sergueï Kouznetsov, accusé d’avoir dirigé le groupe chargé de placer des explosifs sur les gazoducs Nord Stream 1 et 2Contexte historique du Nord Stream
Les gazoducs Nord Stream 1 et 2, construits dans les années 2000, relient la Russie à l’Allemagne via la mer Baltique. Ils ont représenté un pilier de l’approvisionnement énergétique européen, réduisant la dépendance aux transitaires terrestres. Depuis la crise ukrainienne, la Russie a intensifié ses pressions sur l’Europe, rendant ces conduites stratégiques au cœur des tensions géopolitiques.
Le sabotage des gazoducs Nord Stream en septembre 2022 aurait été organisé avec l’aval des autorités ukrainiennes. C’est la thèse défendue par le parquet fédéral allemand à l’ouverture, le 14 octobre à Hambourg, du procès de Sergueï Kouznetsov, 50 ans. Cet ancien officier ukrainien est accusé d’avoir dirigé le groupe chargé de placer des explosifs sur les conduites reliant la Russie à l’Allemagne.
Des infrastructures civiles délibérément visées, selon l’accusation
Le procureur Stefan Schmidt a lu ce passage de l’acte d’accusation consacré au statut de ces infrastructures : « Les gazoducs ne constituaient pas une cible militaire légitime et ne pouvaient pas être utilisés comme moyens de combat. »
Le ministère public lui reproche notamment un crime de guerre pour une attaque contre des infrastructures civiles. La défense conteste ces accusations et demande l’abandon des poursuites.
Enjeux juridiques et politiques
Le procès soulève la question de la distinction entre cibles militaires et civiles dans le droit international humanitaire. Si les conduites sont jugées civiles, l’attaque pourrait être qualifiée de crime de guerre, entraînant des sanctions internationales. Les États européens surveillent de près l’évolution, car un verdict pourrait influencer les futures négociations sur l’énergie et la sécurité.
Selon l’accusation, Kouznetsov aurait quitté l’Ukraine le 4 septembre 2022 muni d’un faux passeport, avant de monter à bord du voilier Andromeda, dans un port allemand. Le groupe aurait transporté des équipements de plongée et des explosifs puissants, dont de l’hexogène (RDX) et de l’octogène (HMX), couramment utilisés à des fins militaires.
Une opération attribuée à des structures ukrainiennes
L’acte d’accusation affirme que le plan a été conçu « avec l’aval et sur ordre des autorités ukrainiennes ». Six charges, contenant chacune au moins 14 kg d’explosifs, auraient été placées sur trois conduites près de l’île danoise de Bornholm, à une profondeur de 70 à 80 mètres.
Le 26 septembre 2022, les détonations ont éventré les deux conduites de Nord Stream 1 et l’une de Nord Stream 2. Depuis, ces trois canalisations sont hors service. Les gazoducs acheminaient du gaz russe vers l’Allemagne et jouaient un rôle majeur dans l’approvisionnement énergétique européen.
La rupture des conduites a déjà contraint l’Europe à diversifier ses sources de gaz. Les discussions sur les marchés d’énergie, les contrats d’urgence et les projets de pipelines alternatifs se poursuivent. Les autorités allemandes et européennes évaluent les impacts économiques et les mesures de compensation pour les industries dépendantes du gaz russe.
Le document du parquet fédéral précise : « Il existe des indices suffisants laissant penser que les actes de sabotage ont été commis pour le compte d’organismes de l’État ukrainien et pilotés par ces derniers. »
La défense soutient, de son côté, que les gazoducs constituaient des cibles militaires légitimes. Elle remet également en cause les preuves présentées par le parquet et les conditions d’extradition de Kouznetsov depuis l’Italie. Quant à l’accusé, il a choisi de garder le silence. Son avocat explique cette attitude par le fait qu’il n’a pas été autorisé par les autorités ukrainiennes à révéler certaines informations militaires.
Le tribunal de Hambourg doit rendre son verdict dans les prochains mois. Les questions en suspens incluent la validité des preuves, la coopération internationale pour l’extradition et la possibilité d’une indemnisation de Gazprom. Les décisions prises pourraient redéfinir les règles de la guerre économique et influencer les stratégies énergétiques de l’Europe à long terme.
Deux avocats représentant Gazprom ont assisté à l’audience afin de faire valoir d’éventuelles demandes d’indemnisation. Le procès doit déterminer les responsabilités individuelles dans cette opération, dont le parquet attribue la préparation directement à Kiev.
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